Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.040
Hugo Pacalet , Alexandra Duvignau , Emmanuel Fort , Julia D’Aviau De Ternay , Amélie Massardier Pilonchery , Stéphanie Mazza , Ludivine Nohales , Carole Pelissier , Frederic Roche , Benjamin Rolland , Martine Wallon , Sophie Pelloux , Régis Lopez , Laure Peter-Derex
{"title":"Épisodes confusionnels en garde chez les internes : prévalence, conséquences et facteurs associés (enquête BASIL-2)","authors":"Hugo Pacalet , Alexandra Duvignau , Emmanuel Fort , Julia D’Aviau De Ternay , Amélie Massardier Pilonchery , Stéphanie Mazza , Ludivine Nohales , Carole Pelissier , Frederic Roche , Benjamin Rolland , Martine Wallon , Sophie Pelloux , Régis Lopez , Laure Peter-Derex","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.040","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.040","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les gardes de nuit exposent les internes à des prises de décisions médicales lors de réveils nocturnes. L’inertie du sommeil est physiologiquement majorée en cas de privation de sommeil, de réveil en sommeil lent profond, au creux circadien, et chez les sujets jeunes, soit typiquement les conditions des éveils en garde. Cette étude visait à estimer la prévalence des épisodes confusionnels (EC) en garde, à décrire leurs conséquences et à identifier les facteurs associés.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Dans le cadre du Baromètre santé des internes de la subdivision de Lyon-2 (BASIL-2), un questionnaire en ligne a été adressé aux internes en médecine/pharmacie/odontologie entre février et mars 2025. Les questions concernaient les antécédents d’éveils incomplets avec comportement confus en garde/astreinte et leur description, les comportements de sommeil, et la présence de troubles associés (insomnie, somnolence, chronotype, inertie, parasomnies). Un calage sur marges (sexe, spécialité) a corrigé la représentativité de l’échantillon. Les analyses descriptives pondérées ont été réalisées, ainsi qu’une analyse uni- et multivariée des facteurs associés aux EC.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 2092 internes sollicités, 592 ont répondu (61,3 % de femme, âge moyen 27 ans) : 20 % rapportaient avoir présenté au moins un (dont 69,7 % plusieurs) EC, majoritairement en milieu de nuit (76,3 %). La durée dépassait 2<!--> <!-->min chez 34,1 %, et 33,2 % n’en prenaient conscience que le lendemain. Les manifestations incluaient désorientation, altération de la compréhension/mémorisation, réponses incohérentes, erreurs de jugement. Dans 8,5 % des cas, ces épisodes avaient impacté la prise en charge (retard, erreur diagnostique ou de prescription). Par ailleurs, 12,7 % présentaient des parasomnies du sommeil lent profond (77,1 % éveils confusionnels, 44,2 % terreurs nocturnes, 21,5 % somnambulisme). En analyse multivariée, les EC en garde étaient associés à la dette de sommeil (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->1,3 par heure de dette de sommeil, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03) et au chronotype du matin (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->2,2, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,04). Le nombre de gardes était plus élevé durant la période de survenue de l’EC que durant la période actuelle (26,5[23,9–29,1] versus 16,8[14,6–19,0]/semestre).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les EC lors des gardes nocturnes sont fréquents chez les internes. Leurs conséquences potentielles sur la prise en charge des patients et leur lien avec la dette de sommeil soulignent la nécessité d’actions de prévention adaptées.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Page 39"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147418717","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.008
Justine Frija , Thi Ngoc Bich Diep , Ala Covali , Emilie Béquignon , Jean-Arthur Micoulaud-Franchi , Wojciech Trzepizur , Simon Gaudier , Claire Launois , Trinidad Diaz , Aaraceli Abad , Anja Seiger , Juliette Millet , Leon Migus , Thomas Penzel , Marie-Pia D’Ortho
{"title":"Dépistage du SAHOS par smartphone fixé au thorax : résulats préliminaires d’une validation métrologique multicentrique hospitalière européenne","authors":"Justine Frija , Thi Ngoc Bich Diep , Ala Covali , Emilie Béquignon , Jean-Arthur Micoulaud-Franchi , Wojciech Trzepizur , Simon Gaudier , Claire Launois , Trinidad Diaz , Aaraceli Abad , Anja Seiger , Juliette Millet , Leon Migus , Thomas Penzel , Marie-Pia D’Ortho","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.008","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.008","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Évaluer la performance diagnostique d’un dispositif numérique basé sur smartphone, utilisant un algorithme d’intelligence artificielle (IA) pour estimer l’indice d’apnées-hypopnées (IAH) et classer la sévérité du SAHOS, en comparaison à la polysomnographie (PSG) de référence, dans le cadre d’une étude multicentrique européenne.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Étude prospective comparative menée dans 9 centres hospitalo-universitaires en France, Allemagne et Espagne, incluant des adultes pour lesquels une PSG était indiquée en pratique courante, quelle qu’en soit la raison. Le smartphone, fixé au thorax par une bande adhésive, enregistrait simultanément via une application dédiée les signaux de la centrale inertielle et du microphone. L’algorithme d’IA traitait ces données pour estimer l’IAH. La lecture des PSG était centralisée, en aveugle des sorties du dispositif, selon les recommandations AASM 2023.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 491 inclusions, 295 enregistrements exploitables ont été analysés à ce jour. L’âge moyen était de 47<!--> <!-->±<!--> <!-->15 ans, l’IMC de 28<!--> <!-->±<!--> <!-->6<!--> <!-->kg/m<sup>2</sup> et 53 % étaient des hommes (<span><span>Fig. 1</span></span>). L’IAH médian de référence était 13,8 événements/h (IQR : 6,0–26,6) : 58 normaux, 100 légers, 77 modérés et 60 sévères. La corrélation entre l’IAH estimé par l’IA du smartphone et celui mesuré par PSG était élevée (r<!--> <!-->=<!--> <!-->0,89). Pour un IAH<!--> <!-->≥<!--> <!-->15 événements/heure, la sensibilité était de 87 % (IC95 % : 82–93), la spécificité de 77 % (71–84), la valeur prédictive positive (VPP) de 77 % (71–83) et la valeur prédictive négative (VPN) de 88 % (82–93). Pour un IAH<!--> <!-->≥<!--> <!-->30, la sensibilité était de 84 % (73–91), la spécificité de 92 % (89–95), la VPP de 74 % (63–84) et la VPN de 96 % (93–98).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Un smartphone utilisant l’intelligence artificielle appliquée aux signaux inertiels et acoustiques thoraciques permet de détecter ou d’éliminer un SAHOS modéré à sévère avec de bonnes performances diagnostiques. L’analyse complète des données sur l’ensemble des sujets de l’étude est en cours et affinera ces résultats, tandis qu’une étude complémentaire en ambulatoire, menée de façon concomitante, fournit déjà des résultats intermédiaires qui valident l’approche en conditions de vie réelle. Enfin, une évaluation médico-économique déterminera dans quelle mesure ce dispositif innovant peut améliorer l’accès au diagnostic et fluidifier le parcours patient.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Page 23"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147418995","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.023
Yves Dauvilliers , Rafael Del Rio Villegas , Isabelle Arnulf , Emmanuel Mignot , Ramin Khatami , G.J. Lammers , Sheila Sivam , M. Tanigushi , Jakub Antczak , Erik Buntinx , S.-C. Hong , S. Zhan , Tina Olsson , Elena Koundourakis , Giuseppe Plazzi
{"title":"Études de phase III 3001 et 3002 : efficacité et sécurité de l’oveporexton pour le traitement de la narcolepsie de type 1","authors":"Yves Dauvilliers , Rafael Del Rio Villegas , Isabelle Arnulf , Emmanuel Mignot , Ramin Khatami , G.J. Lammers , Sheila Sivam , M. Tanigushi , Jakub Antczak , Erik Buntinx , S.-C. Hong , S. Zhan , Tina Olsson , Elena Koundourakis , Giuseppe Plazzi","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.023","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.023","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La NT1 est une maladie neurologique rare en lien avec la perte des neurones synthétisant l’orexine/hypocrétine. Elle est caractérisée par une somnolence diurne excessive, des cataplexies, des perturbations du sommeil nocturne et des symptômes cognitifs. Oveporexton, un agoniste oral hautement sélectif du récepteur 2 de l’orexine restaure la signalisation de l’orexine. Deux études de phase 3 FirstLight et RadiantLight évaluent l’efficacité, la tolérance et l’impact de oveporexton chez les patients avec NT1.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Les deux études, randomisées, en double aveugle, versus placebo ont recruté des adultes de 16–70 ans diagnostiqués avec NT1 selon les critères ICSD3/ICSD3-TR, étayés par polysomnographie, ou tests de latence d’endormissement diurne ou concentration d’orexine dans le LCR<!--> <!-->≤<!--> <!-->110<!--> <!-->pg/mL, avec un score ESS ≥<!--> <!-->11 et ≥<!--> <!-->4 épisodes de cataplexies hebdomadaires en l’absence de traitement. Ils ont reçu oveporexton (1<!--> <!-->mg (seulement dans la 3001) ou 2<!--> <!-->mg, deux fois par jour, oral) ou un placebo, pendant 12 semaines. Les principaux critères d’évaluation étaient l’évolution de la latence du sommeil lors du test de maintien de l’éveil (TME), la réduction de la somnolence (Echelle de somnolence d’Epworth, ESS), la fréquence hebdomadaire des cataplexies (Taux hebdomadaire moyens de cataplexie, WCR) et la survenue d’événements indésirables liés au traitement (EILTs).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dans les deux essais multicentriques et multinationaux, oveporexton démontre des améliorations statistiquement et cliniquement significatives des symptômes de la narcolepsie de type 1 (<span><span>Fig. 1</span></span>). Dans les deux essais, les EILTs étaient principalement de la pollakiurie et des insomnies, aucun EILT grave n’a été observé. 258 (94,5 %) des participants ont terminé les études, parmi lesquels 250 (97 %) ont poursuivi dans l’étude d’extension.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Dans ces deux études de phase III, oveporexton, administré sur 12 semaines a démontré une efficacité significative sur la vigilance, la somnolence et la fréquence des cataplexies chez les personnes atteintes de NT1, avec une tolérance globale satisfaisante, ouvrant la voie à une nouvelle ère de prise en charge.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Pages 30-31"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147419680","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Réseaux neuronaux de l’atonie musculaire : nouvelles données dans la compréhension fonctionnelle du trouble du comportement en sommeil paradoxal","authors":"Blandine Duval, Sebastien Arthaud, Justin Malcey, Amarine Chancel, Pierre-Hervé Luppi, Patrice Fort","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.033","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.033","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La transition physiologique entre sommeil lent et paradoxal (SP) s’accompagne de phénomènes pathognomoniques comme des mouvements oculaires rapides, une activité corticale similaire à l’éveil et une atonie des muscles squelettiques. Cette dernière peut être défectueuse favorisant alors des mouvements involontaires anormaux pendant le SP. Ce trouble du Comportement en sommeil paradoxal (TCSP ou RBD) reflèterait l’accumulation cérébrale d’agrégats toxiques (corps de Lewy) pendant la phase prodromale de synucléinopathies comme la maladie de Parkinson. Les neurones prioritairement ciblés seraient ceux du noyau pontique sublatérodorsal (SLD) qui pendant le SP activent d’autres neurones bulbaires (vmM), inhibant à leur tour les motoneurones alpha spinaux. L’inactivation génétique chez le rat de l’une ou l’autre de ces populations neuronales récapitule le tableau symptomatique du TCSP. Cependant, le dysfonctionnement de ces connections ponto-bulbaires en réponse à une atteinte synucléinopathique reste mal compris. Aussi, nous avons entrepris de décrypter finement chez la souris la voie SLD-vmM pour identifier les neurones ciblés par la synucleinopathie sous-jacente d’un TCSP.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Chez des souris sauvages préparées pour la polysomnographie, nous infusons un AAV rétrogrades portant la cre-recombinase dans la vmM, puis un cre-dépendants véhiculant la toxine diphtérique dans le SLD.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dès 3–4<!--> <!-->jours post-opératoires, les animaux montrent une perte d’atonie du SP (EMG et vidéo) avec TCSP et modifications persistantes du cycle veille-sommeil. L’analyse histologique confirme selon les cas une perte plus ou moins totale des neurones rétrogradement marqués dans le SLD, expliquant probablement la variabilité inter-individuelle observée dans la puissance du TCSP induit (énergie et intensité des mouvements).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Ces résultats préliminaires valident notre design expérimental visant à manipuler sélectivement les réseaux neuronaux de l’atonie musculaire en SP. Les lésions de taille et de localisation variables, semblent démontrer qu’une zone pontique commune est touchée et suffisante pour induire le TCSP. En revanche, l’intensité du trouble semble directement dépendante de l’expansion cérébrale de la lésion et du pourcentage de mort neuronale dans cette zone. Ces deux variables permettraient d’expliquer la grande variabilité d’expression du TCSP rapportée chez les patients et souligne la complexité à cibler spécifiquement les neurones contrôlant l’atonie musculaire du SP.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Pages 35-36"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147419687","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.025
Tugdual Adam , Lucie Barateau , Yves Dauvilliers
{"title":"Dysrégulation homéostatique de l’activité en ondes lentes dans l’hypersomnie idiopathique","authors":"Tugdual Adam , Lucie Barateau , Yves Dauvilliers","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.025","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.025","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La régulation homéostatique décrit l’accumulation de la pression de sommeil la journée, et sa dissipation la nuit. La pression de sommeil est reflétée par l’activité en ondes lentes (AOL) au cours du sommeil. Une dysrégulation de ce processus a été suggérée dans l’hypersomnie idiopathique (HI), bien que les études manquent à ce jour en ce sens. L’objectif de cette étude est d’évaluer la régulation des ondes lentes chez des sujets HI avec et sans allongement et des témoins sains, au cours d’un enregistrement continu.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Deux cent huit sujets HI (avec et sans allongement) et 25 témoins sains ont bénéficié d’une PSG continue de 32<!--> <!-->heures avec sommeil ad libitum (Bedrest, BR), réalisée en l’absence de synchronisateurs circadiens, avec enregistrement de l’EEG et extraction de l’AOL. Nous avons d’abord analysé la dissipation de l’AOL au cours de la première nuit de BR, puis étudié les rebonds d’AOL en fonction de la durée de veille préalable. Dans une approche mathématique, nous avons appliqué un modèle séminal, optimisé individuellement, comparé les paramètres du modèle entre les groupes et simulé la pression de sommeil théorique lors d’une nuit prolongée de 12<!--> <!-->h, et au cours de la veille suivant une nuit de 8<!--> <!-->h.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les sujets HI présentaient un plateau d’AOL en fin de première nuit du BR (<span><span>Fig. 1</span></span>). Les sujets avec allongement du sommeil (HI-LST) présentaient des rebonds d’AOL plus importants après leurs périodes de veille. Dans l’approche mathématique, la pression de sommeil cessait de se dissiper après 9<!--> <!-->h de sommeil chez tous les patients HI et s’accumulait plus rapidement au cours des 4 premières heures chez les HI-LST. Ces effets étaient médiés par une accumulation accrue de la pression de sommeil en sommeil paradoxal et en veille.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Ces approches suggèrent une dysrégulation de l’homéostasie du sommeil dans l’HI, avec un défaut de dissipation chez tous les patients et une accumulation accélérée en veille spécifique au phénotype avec allongement du sommeil. Cette étude est la première montrant que l’HI s’explique en partie par une altération homéostatique et soutient la distinction entre les formes de l’HI avec et sans allongement.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Page 32"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147418519","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.028
Marc-Adrien Reveyaz, Alejandro Arco-Hierves, Antoine Boutin-Paradis, Van Ngo, Sébastien Bailly, Jean-Louis Pépin, Anne Briançon-Marjollet
{"title":"Rôle de PCSK9 dans les altérations vasculaires induites par l’hypoxie intermittente","authors":"Marc-Adrien Reveyaz, Alejandro Arco-Hierves, Antoine Boutin-Paradis, Van Ngo, Sébastien Bailly, Jean-Louis Pépin, Anne Briançon-Marjollet","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.028","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.028","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAS), dû à des épisodes nocturnes d’hypoxie intermittente (HI), est associé à des complications cardiovasculaires majeures. L’HI augmente la perméabilité endothéliale et le remodelage vasculaire. La proprotéine convertase subtilisine kexine type 9 (PCSK9) a des effets inflammatoires sur les artères. Cette étude vise à caractériser l’expression de PCSK9 chez les patients SAS et dans les modèles d’HI, et à élucider son rôle dans le dysfonctionnement endothélial et monocytaire induit par l’HI.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Le taux de PCSK9 a été évalué par ELISA dans des échantillons de sérum provenant de 58 patients SAS non obèses sans comorbidités et de 34 sujets témoins, avant et après 6 mois de traitement par PPC. Des cellules endothéliales aortiques humaines (HAEC) et des monocytes THP-1 ont été exposés à une HI in vitro. La perméabilité endothéliale a été évaluée par passage de dextran-FITC, et la migration des monocytes a été étudiée après exposition à l’HI ou au sérum de patients SAS, avec ou sans SBC-115 076, un inhibiteur de PCSK9.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>PCSK9 était surexprimé chez les patients SAS par rapport aux sujets témoins, corrélé avec la sévérité du SAS (mesurée par l’AHI et la saturation moyenne en O2), et cette différence a disparu après 6 mois de traitement par PPC (<span><span>Fig. 1</span></span>). En analyse multivariée, la présence d’un SAS et le cholestérol LDL étaient indépendamment associés à une augmentation du taux de PCSK9 à l’inclusion. L’exposition à l’HI a augmenté la perméabilité endothéliale, et l’exposition à l’HI et aux sérums des patients atteints SAS ont augmenté la migration des THP-1. L’HI a augmenté l’expression des gènes ICAM et CD163, marqueurs inflammatoires, dans les cellules THP-1. Tous ces effets ont été inversés par l’inhibition des THP-1 par le SBC-115076.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le SAS est un facteur déterminant de l’augmentation du PCSK9 chez l’homme. L’inhibition de PCSK9 inverse la perméabilité endothéliale et la migration des monocytes induites par l’HI, ce qui suggère que PCSK9 pourrait jouer un rôle clé dans le dysfonctionnement endothélial et l’activation leucocytaire induits par l’HI. D’autres études in vivo devraient confirmer ce nouveau rôle de PCSK9.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Page 33"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147418521","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.045
Mohamed Slim Majoul , Lenda Ben Hmida , Meriam Messelmani , Chiraz Aichaouia , Zied Moatemri , Jamel Zaouali
{"title":"Le « social jetlag » chez le personnel soignant : étude transversale","authors":"Mohamed Slim Majoul , Lenda Ben Hmida , Meriam Messelmani , Chiraz Aichaouia , Zied Moatemri , Jamel Zaouali","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.045","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.045","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Décrire l’occurrence du « social jetlag » (SJL) chez le personnel soignant et explorer son impact sur la qualité de vie au travail.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Étude transversale a été menée en août 2025 auprès du personnel paramédical. Nous avons inclus : le personnel soignant ayant donné son consentement pour la participation à l’étude et ayant au moins 6 mois d’expérience. Le questionnaire de chronotype de Munich (MCTQ) a été utilisé pour calculer le SJL et le temps hebdomadaire de sommeil perdu.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Nous avons inclus 106 participants avec un sex-ratio de 1,2 et un âge médian de 31 ans (IQR<!--> <!-->=<!--> <!-->15). Le SJL médian était de 30<!--> <!-->minutes (IQR<!--> <!-->=<!--> <!-->105) avec des valeurs extrêmes allant de –90 à +660<!--> <!-->minutes. La médiane hebdomadaire du temps de sommeil perdu dans notre cohorte était de 45<!--> <!-->minutes avec un maximum de 720<!--> <!-->minutes. La consommation abusive d’alcool était corrélée à un temps hebdomadaire de sommeil perdu plus long (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,04). La consommation plus élevée de sucre journalière et le grignotage étaient corrélés à un SJL plus sévère (respectivement r<!--> <!-->=<!--> <!-->0,3 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,003 et r<!--> <!-->=<!--> <!-->0,31, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,005).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Notre étude a montré la relation entre SJL et troubles du comportement alimentaire mais aussi de la consommation abusive d’alcool. Ceci s’explique par la perturbation des centres cérébraux hédoniques et du contrôle des impulsions lors de la désynchronisation sociale. Notre étude a montré les déterminants du « social jetlag » dans une population de personnel soignant. Un dépistage de ce phénomène et une adaptation des horaires du travail au chronotype sont essentiels pour garantir une meilleure qualité de vie au travail.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Page 41"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147418532","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.036
Sébastien Arthaud , Jean-Christophe Comte , Jiong Liu , Nuria Penuelas , Ariadna Laguna , Miquel Vila , Patrice Fort
{"title":"Altérations du sommeil au cours de la vie chez des souris modélisant l’accumulation humaine de neuromélanine dans les neurones catécholaminergiques","authors":"Sébastien Arthaud , Jean-Christophe Comte , Jiong Liu , Nuria Penuelas , Ariadna Laguna , Miquel Vila , Patrice Fort","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.036","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.036","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La maladie de Parkinson est associée à la dégénérescence préférentielle des neurones qui accumulent au cours de la vie le pigment cytoplasmique Neuromélanine (NM), notamment les neurones catécholaminergiques du locus coeruleus (LC) et de la substance noire (SN). Comme la NM n’est pas produite naturellement chez les rongeurs, une lignée murine a été créée grâce à l’expression constitutive de la tyrosinase humaine (enzyme de synthèse de NM) sous le contrôle du promoteur de la tyrosine hydroxylase (TgNM). Ce modèle murin reproduit l’accumulation humaine de NM dans les neurones catécholaminergiques avec une neurodégénérescence précoce du LC, précédant le dysfonctionnement de la SN et quelques altérations fonctionnelles, constituant un nouveau modèle préclinique de déficits neurodégénératifs liés à l’âge (Laguna et al., Nat Com, 2024). Nous avons étudié si ces souris développent des perturbations du sommeil comme le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) souvent associé à une diminution du signal NM dans la région du LC chez les patients.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Des souris TgNM et sauvages (WT) ont été enregistrées par polysomnographie dès l’âge de 8 mois jusqu’à leur mort naturelle (20 et 23 mois, respectivement). Les états de vigilance ont été analysés et quantifiés grâce aux signaux EEG/EMG et vidéos.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dès 8 mois, les TgNM présentent des altérations de la microarchitecture du sommeil (rythmes ultradiens et circadiens) comme une forte réduction du nombre quotidien de micro-éveils et de courts épisodes de SL, ainsi qu’une hypersomnie durant la phase active. Une analyse par modèle mixte linéaire combinée à une méthode de régression non paramétrique des données longitudinales (LOESS) montre que ces altérations persistent avec l’âge, sans récupération ni aggravation. L’impact sur la qualité du sommeil est en cours d’analyse. L’analyse longitudinale EMG révèle que les TgNM n’ont jamais présenté de perte d’atonie en SP ni de comportement de type TCSP.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les souris TgNM présentent des perturbations précoces et persistantes de la microarchitecture du sommeil liées à l’accumulation de NM dans les neurones catécholaminergiques, suggérant un rôle primordial du LC, plutôt que de SN, dans ces phénotypes précoces et dans la régulation fine du sommeil.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Page 37"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147418718","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Médecine du SommeilPub Date : 2026-03-01Epub Date: 2026-03-05DOI: 10.1016/j.msom.2025.12.038
Ana Zenovia Gales, Jeremy Proust, Isabelle Arnulf
{"title":"Le status dissociatus, un marqueur vidéo-polysomnographique d’encéphalite autoimmune","authors":"Ana Zenovia Gales, Jeremy Proust, Isabelle Arnulf","doi":"10.1016/j.msom.2025.12.038","DOIUrl":"10.1016/j.msom.2025.12.038","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le status dissociatus est une parasomnie complexe caractérisée par un sommeil comportemental, des gestes calmes et répétés de manipulation d’objets invisibles et une dédifférenciation de stades physiologiques de sommeil. Cette entité rare pourrait représenter un marqueur d’encéphalites auto-immunes, maladies graves mais curables, à condition qu’aucun retard au diagnostic n’engendre des complications mortelles ou des séquelles importantes. Or, tous les anticorps causant ces encéphalites ne sont pas encore identifiés, d’où l’importance de rechercher d’autres marqueurs spécifiques précoces de la maladie. Notre objectif est de rechercher et décrire les différents types de status dissociatus observés dans une cohorte d’encéphalites auto-immunes à anticorps identifiés et non identifiés, ainsi que leur évolution après traitement immunomodulateur et/ou immunosuppresseur.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Nous avons collecté les plaintes et habitudes de sommeil (questionnaire systématisé et entretien médical) et réalisé une vidéo polysomnographie sur deux nuits chez 100 patients atteints d’une encéphalite auto-immune à anticorps identifiés (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->53) et non identifiés (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->47), diagnostiqués selon les critères de Graus, et chez 50 contrôles sains. Nous avons recherché la présence du status dissociatus dans ces trois groupes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un status dissociatus a été identifié chez 24 % des patients avec encéphalite (28 % dans les encéphalites à anticorps identifié et 19 % dans les encéphalites à anticorps non identifié), et chez 0 % des contrôles. Le status dissociatus est présent d’une façon discontinue (alternant avec des périodes de sommeil normal) dans les encéphalites IgLON5 (3/6), LGI1(4/13), NMDA-R (2/3), MA2(1/4) et dans les encéphalites à anticorps non identifié, et il a un aspect continu dans les encéphalites CASPR2 (5/9). Nous n’avons pas identifié de status dissociatus dans les encéphalites anti-GAD et SOX1. Le status dissociatus était souvent présent dans les phases précoces de la maladie, peut disparaître sous traitement immunosuppresseur ou immunomodulateur, et chez certains patients peut persister après la disparition des autres symptômes neurologiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le status dissociatus représente une entité clinique et électrophysiologique rare, mais présente chez 24 % de patients atteints d’une encéphalite auto-immune. Il semble un marqueur modérément sensible mais très spécifique d’encéphalite auto-immune, et pourrait représenter un nouveau critère objectif pour aider le clinicien dans sa décision de d’instaurer un traitement immunosuppresseur/modulateur.</div></div>","PeriodicalId":100905,"journal":{"name":"Médecine du Sommeil","volume":"23 1","pages":"Page 38"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"147418719","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}