{"title":"La vulgarisation excentrique pour tous : les leçons d’histoire naturelle de Pierre Boitard dans le Musée des familles","authors":"A. Fayolle","doi":"10.1515/9783110665833-015","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-015","url":null,"abstract":"Malgré une production vaste et protéiforme, le naturaliste et vulgarisateur Pierre Boitard n’apparaît pas au premier plan de l’espace médiatique du premier XIX siècle, ni même de l’histoire des sciences naturelles. Ni académicien, ni théoricien de premier ordre, il publie des travaux scientifiques et de vulgarisation épars, parfois paradoxaux, et dont le ton peut se faire frondeur. C’est dans les collections de manuels et dans les pages des revues populaires que Boitard trouve sa place : si le prestige manque à ces publications, elles lui permettent par contre de rencontrer un public particulièrement large. En devenant une figure tutélaire du Musée des familles, Boitard met progressivement à profit la liberté de ton que rendent possible la modestie de ses lecteurs et la nécessité éditoriale de fournir des livraisons régulières. La revue du Musée des familles, revue destinée à un public familial, se trouve prise dans la double contrainte d’instruire en plaisant. Le ton badin de Boitard, volontiers farceur, trouve la possibilité de développer, à l’occasion de leçons plus ou moins romancées, des théories qui ne seront publiées en volume qu’après sa mort : les contraintes médiatiques du périodique sont alors transformées en autant d’opportunités par un naturaliste peu orthodoxe. Les contributions de Pierre Boitard au Musée des familles montrent un aspect méconnu d’un naturaliste apparemment secondaire : les premières esquisses de son roman scientifique, Paris avant les hommes (1861) se trouvent dans les publications du Musée des familles. Ce n’est cependant pas comme l’annonce d’un roman posthume qu’il faut lire ces leçons d’histoire naturelle : celles-ci doivent d’abord être considérées comme un témoignage des évolutions importantes des sciences naturelles de cette période. Il s’agit ainsi dans cet article de comprendre comment l’inscription de leçons scientifiques dans une revue populaire permet une autonomisation progressive des savoirs, et surtout du savant qui les présente. Placées à mi-chemin entre sciences et littérature, les leçons d’histoire naturelle de Pierre Boitard rappellent en effet les débats qui pouvaient agiter les naturalistes du premier XIX siècle, notamment sur la généralisation des nomenclatures taxonomiques. Le format des leçons d’histoire naturelle, qui aurait pu manifester un certain académisme, se révèle propice à des détournements de la","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"21 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"130316357","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"De la biologie à la littérature : Jules Soury à la croisée des chemins","authors":"Pauline Moret-Jankus","doi":"10.1515/9783110665833-012","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-012","url":null,"abstract":"Cette contribution a pour but de jeter un peu de lumière sur le rôle que joua, auprès de plusieurs écrivains de la fin du XIX siècle et du début du XX siècle, un personnage peu connu, Jules Soury. Disciple de Michel Bréal et de Renan, diplômé de l’École des chartes, traducteur d’Ernst Haeckel, d’Hugo Friedrich ou encore d’Oscar Schmid, Soury se situe au croisement de plusieurs disciplines : l’histoire des religions d’abord, puis l’histoire de la neurologie, enfin ce qu’il appelait la psychologie physiologique. Mais c’est son rôle de passeur entre le monde de la biologie et celui de la littérature que nous voudrions ici souligner ; plus précisément, il s’agit de montrer comment cette figure hybride a essaimé dans la littérature française du début du XX siècle. In fine, cette influence de Jules Soury, loin de n’être que biographique, illustre la perméabilité des savoirs biologiques et des discours littéraires, et les modalités des transferts entre ces deux domaines.","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"8 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"132331051","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Flourens lecteur de Darwin (ou de Clémence Royer ?) : à propos de son Examen du livre de M. Darwin sur l’origine des espèces (1864)","authors":"P. Duris","doi":"10.1515/9783110665833-005","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-005","url":null,"abstract":"L’Origine des espèces, l’œuvre maîtresse de Charles Darwin (1809–1882), paraît à Londres le 24 novembre 1859 et connaît aussitôt un immense succès. Dans son autobiographie, Darwin indique que les 1 250 exemplaires du premier tirage sont vendus le jour même de leur sortie ainsi que les 3 000 exemplaires de la deuxième édition publiée le 7 janvier 1860. En 1876, au moment où il consigne ces chiffres, 16 000 exemplaires de son livre avaient été vendus rien qu’en Angleterre. En quelque 500 pages, Darwin y expose pourtant une théorie qu’il juge luimême difficile et qu’il a mis vingt ans à élaborer à la suite de son voyage sur le Beagle. Elle repose sur un double constat. Celui d’abord d’une grande variabilité des organismes. Tous les êtres vivants, écrit Darwin, sont susceptibles de variations individuelles accidentelles sous l’influence des conditions extérieures dans lesquelles ils vivent, par exemple la qualité de leur nourriture ou les changements du climat, et aussi selon qu’ils utilisent beaucoup ou peu tel ou tel organe. À ce premier constat, Darwin en ajoute un second, celui de l’augmentation exponentielle du nombre des espèces à la surface de la terre, alors que les ressources alimentaires pour les nourrir n’augmentent que de manière arithmétique. Une telle situation entraîne nécessairement au quotidien une lutte pour la vie (« struggle for life ») à trois niveaux : d’abord une lutte interindividuelle, entre concurrents, au sein d’une même espèce ; ensuite une lutte interspécifique, avec des prédateurs ; enfin une lutte contre l’environnement. Dès lors, explique Darwin, quand on prend en compte ces deux constats, d’une part celui de la capacité naturelle indéfinie de variation des organismes, et d’autre part celui d’un combat incessant pour leur survie, il est presque sûr que certains individus vont présenter naturellement des variations qui vont les favoriser dans leur lutte pour l’existence, et","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"144 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"122686039","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Mise en scène d’une pensée de la vie : la génération spontanée chez Flaubert","authors":"Norioki Sugaya","doi":"10.1515/9783110665833-016","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-016","url":null,"abstract":"Dans une lettre à Ernest Feydeau du 5 août 1860, Flaubert parle de l’ouvrage de son ami Félix-Archimède Pouchet sur l’Hétérogénie ou traité de la génération spontanée, et dit être émerveillé par la « quantité de splendides bougreries [. . .] dans la nature » qu’il y trouve exposées. Le livre lui plaît si bien que dans une autre lettre du même jour, adressée à Madame Jules Sandeau, le romancier dit qu’il « regrette de ne pas être un savant ». Cette admiration, du reste, ne changera pas après le débat retentissant qui suivit la parution de cet ouvrage et dont le naturaliste rouennais sortira peu glorieux. C’est ainsi que Flaubert exprime de nouveau en 1864 son adhésion à la théorie de l’hétérogénie en remerciant Pouchet pour l’envoi de son nouveau volume, probablement Nouvelles expériences sur la génération spontanée et la résistance vitale : « Je suis ébloui par vos démonstrations, convaincu par votre logique, entraîné par la suite de vos idées, et quelque chose en moi me crie : ‹ Il a raison ! c’est vrai ! ses adversaires sont des imposteurs ou des crétins. › Je ne vois pas ce que l’on peut dire maintenant contre vous. C’est là un monument inattaquable, j’en suis sûr. Laissez crier ; on se cassera les dents contre votre vérité qui est la vérité. » Il va de soi que le mot « adversaires » renvoie au contexte de la controverse scientifique et désigne plus précisément Louis Pasteur, alors déjà membre de l’Académie des","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"83 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"126398203","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Hasard, sciences du vivant et évolution dans la littérature française du XIXe siècle","authors":"Bénédicte Percheron","doi":"10.1515/9783110665833-008","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-008","url":null,"abstract":"Pour Darwin, le « hasard seul, ou ce qu’on appelle de ce nom, pourrait faire qu’une variété s’éloigne en quelque chose des caractères de ses parents, et que sa postérité diffère encore de la souche-mère sous les mêmes rapports, bien qu’à un plus haut degré ». Annihilant l’idée dominante en sciences naturelles de plan de la nature, le hasard explique à la fois les variations et la persistance des espèces, considérées comme des créations culturelles. Mais en dehors du milieu scientifique, cette spécificité du système de Darwin a-t-elle été perçue, comprise et admise ? L’étude de la littérature française nous permet d’observer la diffusion des travaux du naturaliste anglais en dehors des milieux scientifiques et de comprendre en partie les débats qui agitent la société à partir des années 1860. Le dépouillement de la littérature de cette période, des auteurs les plus célèbres aux plus obscurs, dégage trois grandes thématiques provenant des travaux de Darwin : la notion de struggle for life, la question du hasard et enfin, après la publication de La Descendance de l’homme, traduite en France en 1872, l’apparentement avec les singes. Cette dernière thématique résonne avec la notion de variations au sein des espèces, singulièrement avec la question raciale, qui préoccupait déjà les scientifiques et les écrivains du XVIII siècle. Mais de toutes les notions, la plus dérangeante, le hasard, est paradoxalement la plus discrète. Elle est le plus souvent évoquée par opposition au déterminisme ou par référence à de célèbres penseurs. Ce n’est donc que rarement une citation claire dans le texte. En quoi ce paradoxe est-il révélateur soit de la mauvaise compréhension de l’évolution darwinienne, soit de son rejet ? Cette étude s’efforce ainsi d’évaluer la place du hasard évolutionniste dans les écrits littéraires du XIX siècle, avec la conscience de ses difficultés et de ses limites dues à l’omniprésence de la question du hasard dans les écrits des philosophes","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"10 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"124702634","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"The Loves of the Plants d’Erasmus Darwin : enjeux d’écriture et de traduction","authors":"Sophie Laniel-Musitelli","doi":"10.1515/9783110665833-002","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-002","url":null,"abstract":"The Loves of the Plants est la seule œuvre poétique d’Erasmus Darwin traduite en français dans son intégralité. Médecin et homme de lettres, Erasmus Darwin (1731–1802) est avant tout connu pour être le grand-père de Charles Darwin et le vulgarisateur des œuvres de Linné en Angleterre. Lorsque Joseph-PhilippeFrançois Deleuze (1753–1835) publie sa traduction sous le titre Les Amours des Plantes, en 1799, il est aide-naturaliste au Muséum d’histoire naturelle, alors placé sous la direction d’Antoine-Laurent de Jussieu. The Loves of the Plants fut publié pour la première fois l’année du Genera Plantarum (1789), sans qu’Erasmus Darwin ait pu connaître le système de Jussieu au moment de rédiger son poème. Darwin avait cependant réfléchi aux problèmes soulevés par la classification de Linné. Il commence la rédaction de The Loves of the Plants en 1778 et l’achève en 1789, au moment où il travaille également à deux traductions des œuvres de Linné, A System of Vegetables (1783) et The Families of Plants (1787). The Loves of the Plants est une œuvre poétique nourrie de ces travaux. Elle fut traduite à son tour en France, qui était à l’époque le théâtre d’un débat entre les naturalistes favorables à la nomenclature linnéenne et ceux qui lui préféraient la méthode de classification dite « naturelle » élaborée par Jussieu. Il s’agit d’une œuvre de transition, entre vulgarisation de la classification linnéenne et élaboration progressive de thèses plus personnelles sur le vivant, notamment dans le traité Zoonomia (1794–1796), puis dans le poème The Temple of Nature, publié à titre posthume en 1803. Dans The Temple of Nature, Erasmus Darwin développe sa propre théorie d’une nature qui se transforme au fil du temps pour atteindre une perfection plus grande. Cette valeur de transition est renforcée par le fait que Deleuze ait utilisé pour sa traduction l’édition de 1791, à laquelle Darwin avait ajouté en exergue le poème The Economy of Vegetation, qui met l’accent sur la compréhension des organismes vivants plutôt que sur la classification botanique.","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"16 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"130550146","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Les imaginaires de la fin de l’homme : Grainville et Nodier face à l’économie de la nature","authors":"Marta Sukiennicka","doi":"10.1515/9783110665833-003","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-003","url":null,"abstract":"En 1778, Buffon fait paraître les Époques de la Nature, ouvrage consacré à l’exposition de sa nouvelle théorie de la Terre censée rectifier celle exposée en 1749 dans le premier tome de son Histoire naturelle. Dans le premier ouvrage, intitulé Théorie de la Terre, l’auteur défendait une vision cyclique des mouvements géologiques formateurs de l’écorce terrestre. La question de l’âge du globe – de son passé et de son avenir – ne se posait donc pas. Dans les Époques de la nature la vision de l’histoire de la planète change : Buffon avance que la Terre a d’abord été un globe de matières en fusion doté d’une chaleur interne et qu’elle s’est lentement refroidie pour arriver à l’état géologique présent. Le principe de refroidissement est cependant universel et actuel, c’est-à-dire que la Terre continue à perdre sa chaleur interne, ce qui ne peut avoir d’autre fin que la mort thermique du globe. Le refroidissement continuant, toute activité cessera, la vie disparaîtra par le froid, et la Terre sera une planète morte comme la Lune sauf si l’homme entreprend à une grande échelle des travaux visant à faire accroître la température de la Terre. L’idée du refroidissement du globe et, conséquemment, de la dégénération des espèces voire de l’extinction de la race humaine (quoique Buffon n’aborde pas directement ce dernier point) s’est propagée au cours du XVIII siècle et a continué à inspirer de nombreux écrivains tout au long du siècle suivant. Jean-Baptiste","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"1 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"123118810","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Résurgence des monstres","authors":"Nicolas Wanlin","doi":"10.1515/9783110665833-007","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-007","url":null,"abstract":"Le XIX siècle voit se développer une science des monstres, la tératologie. Ou, pour mieux dire, alors que des discours savants sur les monstres existent depuis l’Antiquité, les anatomistes du XIX siècle conçoivent leurs théories comme une rupture par rapport à celles qui les ont précédées. C’est le lieu commun de tous les récits de l’histoire de la tératologie. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Camille Dareste, Ernest Martin ou encore Louis Guinard posent chacun que la tératologie est entrée récemment dans son ère positive et authentiquement scientifique. Faut-il alors adopter cette vulgate historiographique et chercher dans la littérature contemporaine l’influence de cette rupture épistémologique ? Une telle enquête est vite déçue tant la littérature semble se défier, sinon de l’histoire des sciences du moins de la manière dont ses acteurs l’écrivent en la faisant. Non seulement l’histoire de la tératologie est peut-être moins simple qu’on ne nous la présente mais les écrivains ne donnent pas à lire une tératologie littérarisée. On ne pourra donc pas procéder ici selon les catégories fixées par les savants pour décrire les monstruosités mais on relèvera plutôt les aspects les plus couramment illustrés de ce que les écrivains du siècle perçoivent comme des monstruosités. De fait, le terme de monstre est généralement employé dans un sens qui tient beaucoup plus à l’usage ancien de prodige, d’être spectaculaire et étrange, anormal ou remarquable, ce qui n’exclut pas que la description des monstres fasse écho à différents états de la science mais rend d’emblée problématique la relation entre la science et la littérature qui","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"94 3 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"122699739","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Charles Robin et Émile Littré : débats sur la cellule et la continuité du vivant dans les manuels de physiologie et les cercles intellectuels parisiens dans la deuxième partie du XIXe siècle","authors":"Marion Thomas","doi":"10.1515/9783110665833-018","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-018","url":null,"abstract":"Figure centrale de la scène scientifique parisienne, nommé à la première chaire d’histologie parisienne créée en 1862, Charles Robin (1821–1885) est considéré comme un personnage emblématique de l’opposition de la France aux théories cellulaires des biologistes allemands Theodor Schwann puis Rudolf Virchow – posant l’une que la cellule est l’unité élémentaire du vivant, l’autre que toute cellule naît d’une cellule. Ces théories, formulées entre les années 1830 et 1850, constituèrent une découverte majeure du XIX siècle, au même titre que la théorie darwinienne de l’évolution à laquelle Robin n’adhéra pas non plus. Dans un article récent, Laurent Loison a fait la lumière sur le programme scientifique de Robin et exploré les raisons de son opposition aux théories cellulaires de Schwann et de Virchow. Selon Loison, le rejet par Robin de la théorie cellulaire fut dû largement à l’influence du positivisme sur sa biologie. Comme Auguste Comte (1798–1857), Robin n’abandonna jamais une certaine hostilité par rapport à ce qui était perçu en France comme une application aux lois du vivant des principes de la philosophie de la Nature allemande. Dans cet article, nous nous proposons d’aller au-delà de cette historiographie qui explique la biologie de Robin par son adhésion au positivisme de Comte et en réaction à l’idéalisme","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"10 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"125312490","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"La notion de lutte pour la vie chez Anatole France","authors":"Olav Krämer","doi":"10.1515/9783110665833-010","DOIUrl":"https://doi.org/10.1515/9783110665833-010","url":null,"abstract":"Il est bien connu que dans les dernières décennies du XIX siècle, la notion darwinienne de struggle for life gagna une popularité remarquable en dehors du champ scientifique. La notion de lutte pour la vie apparaissait fréquemment dans la littérature narrative ainsi que dans les revues et les journaux où elle était appliquée à des contextes très divers. Il va de soi que dans ces contextes, on utilisait généralement cette notion d’une manière assez libre en lui donnant un sens qui s’éloignait beaucoup de l’usage darwinien du terme. Marc Angenot a décrit la notion de lutte pour la vie comme un idéologème qui a traversé divers champs discursifs et qui a ainsi acquis toute une gamme de significations et de fonctions différentes. Le but de cet article est de poursuivre la ligne de recherche établie par Angenot et d’autres chercheurs et d’apporter quelques précisions. À cette fin, je voudrais examiner l’utilisation de la notion de lutte pour la vie dans l’œuvre d’Anatole France, un auteur qui n’est guère lu ni étudié aujourd’hui, mais qui, de son vivant, était une véritable institution de la littérature française et un auteur dont les ouvrages atteignaient des tirages remarquables. C’est aussi un auteur qui, dès les années 1870, se présentait comme un partisan convaincu de l’évolutionnisme et plus particulièrement du darwinisme. En ce qui concerne","PeriodicalId":307391,"journal":{"name":"Littérature française et savoirs biologiques au XIXe siècle","volume":"85 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2019-11-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"121713562","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}