{"title":"被污染的土壤:急救人员和中毒控制中心之间的联系是什么?","authors":"M. Labadie, C. Bragança, C. Paradis","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.019","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>En France, l’exposition chronique d’une population à une pollution environnementale telle que des sols pollués est une occurrence qui est fréquente <span><span>[1]</span></span>. Il existe de nombreux exemples dans la presse, et de nombreux dossiers de patients dans les différents services de santé qui s’occupent de cette problématique, notamment l’Agence régionale de santé (ARS), le centre de consultation de pathologie professionnelle et environnementale (CPPE) et les centres antipoison (CAP). Ces expositions concernent le plus souvent une population de plusieurs centaines de personnes, voire plusieurs milliers. Lorsque ces personnes apprennent leur exposition à un sol pollué, elles ressentent un stress très important, parfois pourvoyeur de symptômes et s’interrogent sur les risques pour leur santé, déjà pris et à venir si l’exposition est maintenue. Elles s’interrogent aussi sur l’imputabilité des maladies dont elles sont atteintes avec l’exposition dont elles ont eu connaissance. De plus, lorsqu’il survient des symptômes nouveaux, ou des maladies nouvelles, les personnes exposées ont recours au système de soin pour une prise en charge, parfois même en urgence, parce que les symptômes sont importants et/ou graves, ou parce qu’elles ont l’impression que personne ne prend en compte leur situation, et elles font le lien, à tort ou à raison, avec leur exposition à ce sol pollué. Dans ces cas où il existe une urgence ressentie ou réelle, les patients ont souvent recours aux services d’urgence que sont les centres 15, les services d’urgence, et les CAP. L’objectif de cette présentation est de montrer la nécessaire collaboration entre le centre antipoison et les services d’urgences ou de régulation lorsqu’un patient sollicite l’un deux pour une exposition chronique à un sol pollué.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une revue de la littérature dans les moteurs de recherche PubMed et Google Scholar avec les mots clefs « Pollued soils/contaminated soils » et « Human effects et/ou Emergency » et/ou « Emergency treatment » a été effectuée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La revue de la littérature ne retrouve aucun article qui traite spécifiquement de la prise en charge globale des patients au moment de la révélation des faits, et des actions à mettre en œuvre lorsque ces patients consultent dans les services d’urgence et/ou font appel au 15 (en dehors des accidents aigus bien-sûr). Un seul article, ancien, traite de la réponse des institutions françaises mais seuls sont cités les centres antipoison, les centres 15 et les services d’urgence ne sont pas mentionnés <span><span>[2]</span></span>. Généralement, les centres antipoison sont informés par leur ARS, Santé publique France (SpF) et/ou par les communes concernées qui sont demandeuses d’explications, et/ou par les patients qui appellent spontanément et peuvent obtenir le détail de la nature de la pollution, les résultats des différents prélèvements environnementaux effectués, voire la communication de l’interprétation de l’état des milieux et de l’évaluation quantitative du risque sanitaire lorsque celle-ci a été effectuée. Ils peuvent ainsi être l’interface H24 7j/7 avec les demandes des patients ou des professionnels de santé, qui arrivent au centre 15, ou avec les urgentistes qui reçoivent les patients. Ils peuvent également donner leur avis sur le lien à faire (ou non) entre la pollution en cause et les symptômes présentés par les patients admis aux urgences, sur la suite à donner en termes de prise en charge médicale, laquelle le plus souvent n’est pas du ressort d’un service d’urgence, et assurer le suivi du patient. Ils vont également assurer leur rôle de vigilance, voire de signalement et d’alerte en cas de survenue de clusters de cas, pouvant être en rapport avec une exposition chronique à un sol pollué encore méconnue.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La prise en charge des patients qui sollicitent le 15 ou les services d’urgence suite à une exposition à un sol pollué nécessite une collaboration en temps réels entre les ARS, SpF, CRPPE et CAP. Les CAP, parce qu’ils sont joignables H24, et parce qu’ils ont aussi une mission de soin, peuvent être un interlocuteur privilégié et réaliser l’interface entre les urgentistes et les institutions régionales concernées.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S92"},"PeriodicalIF":2.2000,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":"{\"title\":\"Sols pollués : quelle articulation entre l’urgentiste et le centre antipoison ?\",\"authors\":\"M. Labadie, C. Bragança, C. Paradis\",\"doi\":\"10.1016/j.toxac.2025.09.019\",\"DOIUrl\":null,\"url\":null,\"abstract\":\"<div><h3>Objectif</h3><div>En France, l’exposition chronique d’une population à une pollution environnementale telle que des sols pollués est une occurrence qui est fréquente <span><span>[1]</span></span>. 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De plus, lorsqu’il survient des symptômes nouveaux, ou des maladies nouvelles, les personnes exposées ont recours au système de soin pour une prise en charge, parfois même en urgence, parce que les symptômes sont importants et/ou graves, ou parce qu’elles ont l’impression que personne ne prend en compte leur situation, et elles font le lien, à tort ou à raison, avec leur exposition à ce sol pollué. Dans ces cas où il existe une urgence ressentie ou réelle, les patients ont souvent recours aux services d’urgence que sont les centres 15, les services d’urgence, et les CAP. L’objectif de cette présentation est de montrer la nécessaire collaboration entre le centre antipoison et les services d’urgences ou de régulation lorsqu’un patient sollicite l’un deux pour une exposition chronique à un sol pollué.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une revue de la littérature dans les moteurs de recherche PubMed et Google Scholar avec les mots clefs « Pollued soils/contaminated soils » et « Human effects et/ou Emergency » et/ou « Emergency treatment » a été effectuée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La revue de la littérature ne retrouve aucun article qui traite spécifiquement de la prise en charge globale des patients au moment de la révélation des faits, et des actions à mettre en œuvre lorsque ces patients consultent dans les services d’urgence et/ou font appel au 15 (en dehors des accidents aigus bien-sûr). Un seul article, ancien, traite de la réponse des institutions françaises mais seuls sont cités les centres antipoison, les centres 15 et les services d’urgence ne sont pas mentionnés <span><span>[2]</span></span>. Généralement, les centres antipoison sont informés par leur ARS, Santé publique France (SpF) et/ou par les communes concernées qui sont demandeuses d’explications, et/ou par les patients qui appellent spontanément et peuvent obtenir le détail de la nature de la pollution, les résultats des différents prélèvements environnementaux effectués, voire la communication de l’interprétation de l’état des milieux et de l’évaluation quantitative du risque sanitaire lorsque celle-ci a été effectuée. Ils peuvent ainsi être l’interface H24 7j/7 avec les demandes des patients ou des professionnels de santé, qui arrivent au centre 15, ou avec les urgentistes qui reçoivent les patients. 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Sols pollués : quelle articulation entre l’urgentiste et le centre antipoison ?
Objectif
En France, l’exposition chronique d’une population à une pollution environnementale telle que des sols pollués est une occurrence qui est fréquente [1]. Il existe de nombreux exemples dans la presse, et de nombreux dossiers de patients dans les différents services de santé qui s’occupent de cette problématique, notamment l’Agence régionale de santé (ARS), le centre de consultation de pathologie professionnelle et environnementale (CPPE) et les centres antipoison (CAP). Ces expositions concernent le plus souvent une population de plusieurs centaines de personnes, voire plusieurs milliers. Lorsque ces personnes apprennent leur exposition à un sol pollué, elles ressentent un stress très important, parfois pourvoyeur de symptômes et s’interrogent sur les risques pour leur santé, déjà pris et à venir si l’exposition est maintenue. Elles s’interrogent aussi sur l’imputabilité des maladies dont elles sont atteintes avec l’exposition dont elles ont eu connaissance. De plus, lorsqu’il survient des symptômes nouveaux, ou des maladies nouvelles, les personnes exposées ont recours au système de soin pour une prise en charge, parfois même en urgence, parce que les symptômes sont importants et/ou graves, ou parce qu’elles ont l’impression que personne ne prend en compte leur situation, et elles font le lien, à tort ou à raison, avec leur exposition à ce sol pollué. Dans ces cas où il existe une urgence ressentie ou réelle, les patients ont souvent recours aux services d’urgence que sont les centres 15, les services d’urgence, et les CAP. L’objectif de cette présentation est de montrer la nécessaire collaboration entre le centre antipoison et les services d’urgences ou de régulation lorsqu’un patient sollicite l’un deux pour une exposition chronique à un sol pollué.
Méthode
Une revue de la littérature dans les moteurs de recherche PubMed et Google Scholar avec les mots clefs « Pollued soils/contaminated soils » et « Human effects et/ou Emergency » et/ou « Emergency treatment » a été effectuée.
Résultats
La revue de la littérature ne retrouve aucun article qui traite spécifiquement de la prise en charge globale des patients au moment de la révélation des faits, et des actions à mettre en œuvre lorsque ces patients consultent dans les services d’urgence et/ou font appel au 15 (en dehors des accidents aigus bien-sûr). Un seul article, ancien, traite de la réponse des institutions françaises mais seuls sont cités les centres antipoison, les centres 15 et les services d’urgence ne sont pas mentionnés [2]. Généralement, les centres antipoison sont informés par leur ARS, Santé publique France (SpF) et/ou par les communes concernées qui sont demandeuses d’explications, et/ou par les patients qui appellent spontanément et peuvent obtenir le détail de la nature de la pollution, les résultats des différents prélèvements environnementaux effectués, voire la communication de l’interprétation de l’état des milieux et de l’évaluation quantitative du risque sanitaire lorsque celle-ci a été effectuée. Ils peuvent ainsi être l’interface H24 7j/7 avec les demandes des patients ou des professionnels de santé, qui arrivent au centre 15, ou avec les urgentistes qui reçoivent les patients. Ils peuvent également donner leur avis sur le lien à faire (ou non) entre la pollution en cause et les symptômes présentés par les patients admis aux urgences, sur la suite à donner en termes de prise en charge médicale, laquelle le plus souvent n’est pas du ressort d’un service d’urgence, et assurer le suivi du patient. Ils vont également assurer leur rôle de vigilance, voire de signalement et d’alerte en cas de survenue de clusters de cas, pouvant être en rapport avec une exposition chronique à un sol pollué encore méconnue.
Conclusion
La prise en charge des patients qui sollicitent le 15 ou les services d’urgence suite à une exposition à un sol pollué nécessite une collaboration en temps réels entre les ARS, SpF, CRPPE et CAP. Les CAP, parce qu’ils sont joignables H24, et parce qu’ils ont aussi une mission de soin, peuvent être un interlocuteur privilégié et réaliser l’interface entre les urgentistes et les institutions régionales concernées.