{"title":"乔治·巴塔耶的头发,真实的和无形的","authors":"Sébastien Galland","doi":"10.4467/23538953ce.20.012.12819","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"taillienne, le poil a été symptoma quement occulté par la cri que avisée. Pourtant, à examiner la chose de plus près : « Ainsi les guenilles d’Edwarda me regardaient, velues et roses, pleines de vie comme une pieuvre répu ‐ gnante »1, le poil est omniprésent dans les récits comme dans les essais de Bataille. Provoquant l’horripila on et la fascina on, il par cipe de l’informe qui marque un rejet de la ra onalité et de la philosophie, de la méta pho risa on et de l’esthé que, au profit de la laideur, de l’abjec on et du bas matériel. Objet hétérogène et irréduc ble, le poil ne saurait se soume re au discours, à ses catégories ou ses normes. Il borde une zone unheimlich (étrangeté inquiétante) qui confine à l’irreprésentable, et suscite un processus de démétaphorisa on où se rencontre le réel sexuel sans nom et sans image. Par là, cet objet irré duc ‐ ble libère la puissance transgressive du sacré, celle de l’éro sme sans doute, mais plus encore celle du diony ‐ siaque qui est volonté de puissance et augmenta on du sen ment de vie. Parce que la pilosité a este de l’énergie vitale commune à l’humain, à l’animal et au végétal, elle est la « part maudite », l’expression de la grande santé qui, pour Bataille lecteur de Nietzsche, s’inscrit en faux contre les puritanismes anciens ou actuels qui caractérisent les idéaux ascé ques. Déchet de la civilisa on, le poil n’en est pas seulement le malaise mais aussi la limite subversive et joyeuse. Chasser, traquer ou raser la pilosité, laquelle SÉBASTIEN GALLAND Université Paul‐Valéry, Montpellier III","PeriodicalId":133418,"journal":{"name":"Cahiers ERTA","volume":"11 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"1900-01-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":"{\"title\":\"Le poil, le réel et l’informe chez Georges Bataille\",\"authors\":\"Sébastien Galland\",\"doi\":\"10.4467/23538953ce.20.012.12819\",\"DOIUrl\":null,\"url\":null,\"abstract\":\"taillienne, le poil a été symptoma quement occulté par la cri que avisée. Pourtant, à examiner la chose de plus près : « Ainsi les guenilles d’Edwarda me regardaient, velues et roses, pleines de vie comme une pieuvre répu ‐ gnante »1, le poil est omniprésent dans les récits comme dans les essais de Bataille. Provoquant l’horripila on et la fascina on, il par cipe de l’informe qui marque un rejet de la ra onalité et de la philosophie, de la méta pho risa on et de l’esthé que, au profit de la laideur, de l’abjec on et du bas matériel. Objet hétérogène et irréduc ble, le poil ne saurait se soume re au discours, à ses catégories ou ses normes. Il borde une zone unheimlich (étrangeté inquiétante) qui confine à l’irreprésentable, et suscite un processus de démétaphorisa on où se rencontre le réel sexuel sans nom et sans image. Par là, cet objet irré duc ‐ ble libère la puissance transgressive du sacré, celle de l’éro sme sans doute, mais plus encore celle du diony ‐ siaque qui est volonté de puissance et augmenta on du sen ment de vie. Parce que la pilosité a este de l’énergie vitale commune à l’humain, à l’animal et au végétal, elle est la « part maudite », l’expression de la grande santé qui, pour Bataille lecteur de Nietzsche, s’inscrit en faux contre les puritanismes anciens ou actuels qui caractérisent les idéaux ascé ques. Déchet de la civilisa on, le poil n’en est pas seulement le malaise mais aussi la limite subversive et joyeuse. Chasser, traquer ou raser la pilosité, laquelle SÉBASTIEN GALLAND Université Paul‐Valéry, Montpellier III\",\"PeriodicalId\":133418,\"journal\":{\"name\":\"Cahiers ERTA\",\"volume\":\"11 1\",\"pages\":\"0\"},\"PeriodicalIF\":0.0000,\"publicationDate\":\"1900-01-01\",\"publicationTypes\":\"Journal Article\",\"fieldsOfStudy\":null,\"isOpenAccess\":false,\"openAccessPdf\":\"\",\"citationCount\":\"0\",\"resultStr\":null,\"platform\":\"Semanticscholar\",\"paperid\":null,\"PeriodicalName\":\"Cahiers ERTA\",\"FirstCategoryId\":\"1085\",\"ListUrlMain\":\"https://doi.org/10.4467/23538953ce.20.012.12819\",\"RegionNum\":0,\"RegionCategory\":null,\"ArticlePicture\":[],\"TitleCN\":null,\"AbstractTextCN\":null,\"PMCID\":null,\"EPubDate\":\"\",\"PubModel\":\"\",\"JCR\":\"\",\"JCRName\":\"\",\"Score\":null,\"Total\":0}","platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Cahiers ERTA","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.4467/23538953ce.20.012.12819","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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摘要
泰里尔夫人,她的头发被那明智的叫声所掩盖了。然而,仔细观察一下:“爱德华的破布就这样看着我,毛茸茸的,粉红色的,像一只重生的章鱼一样充满活力。”1在故事和战斗散文中,头发无处不在。他激发了人们的恐怖和着迷,他参与了一种无知论,这标志着对理性和哲学的拒绝,对元理性和美学的拒绝,而赞成丑陋、abjec和低物质。头发是异质的、不可减少的物体,它不能与话语、它的类别或它的规范联系在一起。它围绕着一个非海姆利克区(令人不安的奇怪),接近于不可代表,并引发了一个去隐喻的过程,在那里没有名字和形象的性现实相遇。通过这种方式,这个疯狂的物体释放了神圣的越界力量,毫无疑问是快乐的力量,但更重要的是酒神的力量,它是对权力的意志,增加了生命的感觉。因为毛发了救命este能源部共同向人类、动物和植物,它是«»纲纪份额、大健康的表达,对于战场尼采,指控符合读者的现任或前任puritanismes理想ascé特有的问题。文明的浪费,头发不仅是一种不适,也是一种颠覆性和快乐的极限。狩猎,跟踪或剃毛sebastien GALLAND universite Paul - valery,蒙彼利埃III
Le poil, le réel et l’informe chez Georges Bataille
taillienne, le poil a été symptoma quement occulté par la cri que avisée. Pourtant, à examiner la chose de plus près : « Ainsi les guenilles d’Edwarda me regardaient, velues et roses, pleines de vie comme une pieuvre répu ‐ gnante »1, le poil est omniprésent dans les récits comme dans les essais de Bataille. Provoquant l’horripila on et la fascina on, il par cipe de l’informe qui marque un rejet de la ra onalité et de la philosophie, de la méta pho risa on et de l’esthé que, au profit de la laideur, de l’abjec on et du bas matériel. Objet hétérogène et irréduc ble, le poil ne saurait se soume re au discours, à ses catégories ou ses normes. Il borde une zone unheimlich (étrangeté inquiétante) qui confine à l’irreprésentable, et suscite un processus de démétaphorisa on où se rencontre le réel sexuel sans nom et sans image. Par là, cet objet irré duc ‐ ble libère la puissance transgressive du sacré, celle de l’éro sme sans doute, mais plus encore celle du diony ‐ siaque qui est volonté de puissance et augmenta on du sen ment de vie. Parce que la pilosité a este de l’énergie vitale commune à l’humain, à l’animal et au végétal, elle est la « part maudite », l’expression de la grande santé qui, pour Bataille lecteur de Nietzsche, s’inscrit en faux contre les puritanismes anciens ou actuels qui caractérisent les idéaux ascé ques. Déchet de la civilisa on, le poil n’en est pas seulement le malaise mais aussi la limite subversive et joyeuse. Chasser, traquer ou raser la pilosité, laquelle SÉBASTIEN GALLAND Université Paul‐Valéry, Montpellier III