{"title":"Comment percevoir l’intention morale ? Le sentiment chez Francis Hutcheson","authors":"Laetitia Simonetta","doi":"10.4000/EPISTEME.1322","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"Le philosophe ecossais Francis Hutcheson est connu pour avoir introduit, dans sa Recherche sur l’origine de nos idees de la beaute et de la vertu (Londres, 1725), un sens interne appele sens moral. Ce qui nous interesse est le statut qu’il tente de donner, a travers ses differents travaux, a cette nouvelle sorte de perceptions, les perceptions morales, absentes des textes de Locke. Si elles sont analogues aux sensations externes, elles ne peuvent s’y reduire, en ce qu’elles sont supposees nous donner des notions du bien et du mal, et pas seulement des objets corporels. Le probleme est le suivant : comment peut-on percevoir des qualites morales, c’est-a-dire des objets qui ne sont pas sensibles a proprement parler ? Hutcheson refuse toute intervention du raisonnement dans la constitution des perceptions morales. Toutefois, nous pensons que les perceptions morales dependent d’une apprehension specifique, distincte de celle des sensations, et qui releve d’une forme de reflexion. Des lors, toute l’ambiguite du terme anglais « sense » est convoquee dans une telle theorie : les perceptions du sens moral, que Hutcheson tend a designer par le terme « sentiments », doivent meler une forme d’immediatete et de reflexion, joindre une affection interieure et la comprehension des enjeux moraux d’une situation.","PeriodicalId":40360,"journal":{"name":"Etudes Episteme","volume":"1 1","pages":""},"PeriodicalIF":0.1000,"publicationDate":"2016-12-21","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Etudes Episteme","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.4000/EPISTEME.1322","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"0","JCRName":"HUMANITIES, MULTIDISCIPLINARY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Le philosophe ecossais Francis Hutcheson est connu pour avoir introduit, dans sa Recherche sur l’origine de nos idees de la beaute et de la vertu (Londres, 1725), un sens interne appele sens moral. Ce qui nous interesse est le statut qu’il tente de donner, a travers ses differents travaux, a cette nouvelle sorte de perceptions, les perceptions morales, absentes des textes de Locke. Si elles sont analogues aux sensations externes, elles ne peuvent s’y reduire, en ce qu’elles sont supposees nous donner des notions du bien et du mal, et pas seulement des objets corporels. Le probleme est le suivant : comment peut-on percevoir des qualites morales, c’est-a-dire des objets qui ne sont pas sensibles a proprement parler ? Hutcheson refuse toute intervention du raisonnement dans la constitution des perceptions morales. Toutefois, nous pensons que les perceptions morales dependent d’une apprehension specifique, distincte de celle des sensations, et qui releve d’une forme de reflexion. Des lors, toute l’ambiguite du terme anglais « sense » est convoquee dans une telle theorie : les perceptions du sens moral, que Hutcheson tend a designer par le terme « sentiments », doivent meler une forme d’immediatete et de reflexion, joindre une affection interieure et la comprehension des enjeux moraux d’une situation.