{"title":"Application du concept de damage control orthopédique aux traumatismes de la main : une spécificité militaire ?","authors":"Laurent Mathieu , Camille Choufani , Olivier Barbier , Didier Ollat , Alain-charles Masquelet , Sylvain Rigal","doi":"10.1016/j.main.2015.10.034","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><p>Si les traumatismes de la main relèvent classiquement d’une réparation « tout en un temps », il existe des situations d’exception où un traitement séquentiel s’impose. La précarité du contexte sanitaire de guerre, la gravité des lésions et les associations lésionnelles expliquent le recours à des procédures de <em>damage control</em> orthopédique (DCO) basées sur le contrôle de l’hémorragie, la décontamination des plaies et la stabilisation provisoire des fractures.</p></div><div><h3>Matériel</h3><p>Les auteurs ont étudié les traumatismes de la main de guerre pris en charge selon les principes du DCO au sein d’un hôpital militaire de campagne déployé en Afghanistan entre 2009 et 2014.</p></div><div><h3>Méthodes</h3><p>Les blessés ayant présenté un traumatisme de la main occasionné par un agent vulnérant de guerre et ayant reçu un traitement séquentiel ont été inclus. Les critères d’exclusion étaient les traumatismes de pratique civile et les traitements chirurgicaux en un temps. Les paramètres étudiés concernaient le mécanisme lésionnel, la typologie des lésions, les raisons d’application du DCO et les données du traitement chirurgical.</p></div><div><h3>Résultats</h3><p>Parmi les 74 patients opérés pour un traumatisme de guerre de la main, 41 (55 %) ont bénéficié d’un DCO et ont été inclus. Le mécanisme était un projectile dans 27 cas et un <em>blast</em> dans 14 cas. Le DCO s’est imposé en raison de lésions graves isolées dans 18 cas, de lésions associées dans 19 cas (dont 16 polytraumatisés) ou uniquement en raison du contexte précaire dans 4 cas. Le parage, l’exploration et l’irrigation des plaies ont été systématiques à la phase initiale. Le traitement définitif a été effectué après un délai moyen de 4,9<!--> <!-->jours (0–21<!--> <!-->jours) à l’issue de l’évacuation en France ou sur place pour les 27 blessés afghans.</p></div><div><h3>Discussion</h3><p>Au niveau de la main, les particularités du DCO à la phase initiale sont la nécessité d’un bilan lésionnel précis, une fixation osseuse souvent d’emblée définitive, le repérage des éléments tendineux et nerveux lésés, et la possibilité d’une couverture provisoire.</p></div><div><h3>Conclusion</h3><p>L’absence de chirurgien de la main disponible, la gravité des lésions locales ou l’association à un polytraumatisme sont des circonstances fréquemment rencontrées en pratique civile, qui pourraient justifier l’application de ce DCO spécifique avant un transfert précoce du patient en centre spécialisé.</p></div>","PeriodicalId":50699,"journal":{"name":"Chirurgie De La Main","volume":"34 6","pages":"Page 343"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2015-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"https://sci-hub-pdf.com/10.1016/j.main.2015.10.034","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Chirurgie De La Main","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1297320315001894","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Introduction
Si les traumatismes de la main relèvent classiquement d’une réparation « tout en un temps », il existe des situations d’exception où un traitement séquentiel s’impose. La précarité du contexte sanitaire de guerre, la gravité des lésions et les associations lésionnelles expliquent le recours à des procédures de damage control orthopédique (DCO) basées sur le contrôle de l’hémorragie, la décontamination des plaies et la stabilisation provisoire des fractures.
Matériel
Les auteurs ont étudié les traumatismes de la main de guerre pris en charge selon les principes du DCO au sein d’un hôpital militaire de campagne déployé en Afghanistan entre 2009 et 2014.
Méthodes
Les blessés ayant présenté un traumatisme de la main occasionné par un agent vulnérant de guerre et ayant reçu un traitement séquentiel ont été inclus. Les critères d’exclusion étaient les traumatismes de pratique civile et les traitements chirurgicaux en un temps. Les paramètres étudiés concernaient le mécanisme lésionnel, la typologie des lésions, les raisons d’application du DCO et les données du traitement chirurgical.
Résultats
Parmi les 74 patients opérés pour un traumatisme de guerre de la main, 41 (55 %) ont bénéficié d’un DCO et ont été inclus. Le mécanisme était un projectile dans 27 cas et un blast dans 14 cas. Le DCO s’est imposé en raison de lésions graves isolées dans 18 cas, de lésions associées dans 19 cas (dont 16 polytraumatisés) ou uniquement en raison du contexte précaire dans 4 cas. Le parage, l’exploration et l’irrigation des plaies ont été systématiques à la phase initiale. Le traitement définitif a été effectué après un délai moyen de 4,9 jours (0–21 jours) à l’issue de l’évacuation en France ou sur place pour les 27 blessés afghans.
Discussion
Au niveau de la main, les particularités du DCO à la phase initiale sont la nécessité d’un bilan lésionnel précis, une fixation osseuse souvent d’emblée définitive, le repérage des éléments tendineux et nerveux lésés, et la possibilité d’une couverture provisoire.
Conclusion
L’absence de chirurgien de la main disponible, la gravité des lésions locales ou l’association à un polytraumatisme sont des circonstances fréquemment rencontrées en pratique civile, qui pourraient justifier l’application de ce DCO spécifique avant un transfert précoce du patient en centre spécialisé.