{"title":"Violent Loyalties: Manliness, Migration, and the Irish in the Canadas, 1798–1841 by Jane G. V. McGaughey (review)","authors":"Willeen G. Keough","doi":"10.1353/his.2023.a899623","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"Stephen Azzi sur le nationalisme canadien n’évoque même pas le nationalisme — pourtant alors bouillonnant — au Québec. Enfin, on aurait aimé que soit abordée, au moins par les directeurs, la signification du défi méthodologique et épistémologique de construire un livre ou une contribution autour d’une année seulement. Dans les faits, chaque auteur et autrice déborde l’année 1968, dont les événements sont parfois au cœur de la démonstration, mais le plus souvent utilitaires (on tire un événement de l’année pour le rattacher à une trame en amont ou en aval appartenant plutôt aux sixties ou aux seventies). L’année 1968 devient dès lors soit un point terminal soit un point de départ pour ce qu’on juge décisif dans l’histoire canadienne, quitte à exagérer l’importance des événements ayant eu lieu en 1968. De fait, il aurait été plus juste de parler des « années 1968 », expression de plus en plus utilisée en recherche. Néanmoins, cet accent sur une année amène certains contributeurs et certaines contributrices à imaginer comment les choses auraient pu être différentes et comment le Canada se serait développé autrement si tel événement avait eu lieu ou telle décision avait été prise en 1968. Peut-être est-ce la puissante charge symbolique — liée à la transformation et même la révolution — de cette année-là qui inspire un tel exercice contrefactuel. Parions que cette charge, malgré le ton de plus en plus critique adopté envers les « années 1968 » et leur héritage ambigu depuis le début du XXIe siècle, n’est pas prête de s’épuiser. Si elle permet de dénouer les fils par trop téléologiques que les historiens et historiennes tendent à tisser lorsqu’il s’agit de leur nation, l’actualisation de 1968 n’aura pas été vaine.","PeriodicalId":56358,"journal":{"name":"HISTOIRE SOCIALE-SOCIAL HISTORY","volume":"56 1","pages":"221 - 225"},"PeriodicalIF":0.3000,"publicationDate":"2023-05-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"HISTOIRE SOCIALE-SOCIAL HISTORY","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.1353/his.2023.a899623","RegionNum":4,"RegionCategory":"历史学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"Q3","JCRName":"HISTORY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Stephen Azzi sur le nationalisme canadien n’évoque même pas le nationalisme — pourtant alors bouillonnant — au Québec. Enfin, on aurait aimé que soit abordée, au moins par les directeurs, la signification du défi méthodologique et épistémologique de construire un livre ou une contribution autour d’une année seulement. Dans les faits, chaque auteur et autrice déborde l’année 1968, dont les événements sont parfois au cœur de la démonstration, mais le plus souvent utilitaires (on tire un événement de l’année pour le rattacher à une trame en amont ou en aval appartenant plutôt aux sixties ou aux seventies). L’année 1968 devient dès lors soit un point terminal soit un point de départ pour ce qu’on juge décisif dans l’histoire canadienne, quitte à exagérer l’importance des événements ayant eu lieu en 1968. De fait, il aurait été plus juste de parler des « années 1968 », expression de plus en plus utilisée en recherche. Néanmoins, cet accent sur une année amène certains contributeurs et certaines contributrices à imaginer comment les choses auraient pu être différentes et comment le Canada se serait développé autrement si tel événement avait eu lieu ou telle décision avait été prise en 1968. Peut-être est-ce la puissante charge symbolique — liée à la transformation et même la révolution — de cette année-là qui inspire un tel exercice contrefactuel. Parions que cette charge, malgré le ton de plus en plus critique adopté envers les « années 1968 » et leur héritage ambigu depuis le début du XXIe siècle, n’est pas prête de s’épuiser. Si elle permet de dénouer les fils par trop téléologiques que les historiens et historiennes tendent à tisser lorsqu’il s’agit de leur nation, l’actualisation de 1968 n’aura pas été vaine.
期刊介绍:
Founded in 1968, Histiore sociale - Social History has become a leading publication in socio-historical research. Hs-SH publishes articles, research notes, book reviews and other materials that contribute to social history in Canada and elsewhere. The journal is interested in all types of social phenomena - cultural, political, economic or demographic - without methodological, temporal or geographic restrictions. The journal gives priority to studies that explicitly integrate different subfields of social history and are innovative in sources, method or interpretation.