{"title":"L’immunothérapie : pour qui et quand ?","authors":"Y. Godbert","doi":"10.1016/j.ando.2026.102614","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><div>Les cancers thyroïdiens peu différenciés (PDTC) et anaplasiques (ATC) sont des tumeurs rares, pouvant être très agressives, caractérisées par une forte hétérogénéité moléculaire et un pronostic très défavorable malgré les traitements conventionnels. Au cours des dernières années, l’immunothérapie, en particulier les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (anti-PD-1/PD-L1), a profondément modifié les perspectives thérapeutiques de ces tumeurs. L’expression de PD-L1 est fréquemment observée dans ces cancers, rendant une proportion significative de patients éligibles à ces approches. Les études cliniques montrent des taux de réponse variables mais parfois élevés, allant d’environ 30 % à 50 % des patients, avec des cas de réponses complètes rapportés. Cependant, l’efficacité reste hétérogène et limitée à des sous-groupes biologiquement sélectionnés. Les biomarqueurs prédictifs jouent un rôle central : l’expression de PD-L1, les mutations BRAF V600E ou certaines signatures immunitaires sont associées à une meilleure réponse. L’intégration des données omiques a permis d’identifier des sous-types tumoraux avec microenvironnements immunitaires distincts, ouvrant la voie à une immunothérapie personnalisée. Une avancée majeure réside dans les stratégies combinées : l’association immunothérapie<!--> <!-->+<!--> <!-->thérapies ciblées (notamment anti-BRAF/MEK) ou<!--> <!-->+<!--> <!-->traitements néoadjuvants améliore les taux de réponse et la résécabilité. Ces approches multimodales contribuent à prolonger la survie, historiquement très limitée (souvent<!--> <!--><<!--> <!-->12 mois pour l’ATC). Néanmoins, plusieurs limites persistent : résistance primaire ou secondaire, toxicités immunes (notamment pneumopathies interstitielles), et absence de standardisation des indications. Les recherches actuelles explorent de nouvelles combinaisons (immunothérapie<!--> <!-->+<!--> <!-->virothérapie, modulation du microenvironnement tumoral) et des cibles immunitaires émergentes. En conclusion, l’immunothérapie constitue une avancée majeure dans les PDTC et ATC, mais son bénéfice reste conditionné à une sélection moléculaire fine et à des stratégies combinées, inscrivant ces cancers dans une dynamique de médecine de précision en rapide évolution.</div></div><div>Les cancers thyroïdiens peu différenciés (PDTC) et anaplasiques (ATC) sont des tumeurs rares, pouvant être très agressives, caractérisées par une forte hétérogénéité moléculaire et un pronostic très défavorable malgré les traitements conventionnels. Au cours des dernières années, l’immunothérapie, en particulier les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (anti-PD-1/PD-L1), a profondément modifié les perspectives thérapeutiques de ces tumeurs. L’expression de PD-L1 est fréquemment observée dans ces cancers, rendant une proportion significative de patients éligibles à ces approches. Les études cliniques montrent des taux de réponse variables mais parfois élevés, allant d’environ 30 % à 50 % des patients, avec des cas de réponses complètes rapportés. Cependant, l’efficacité reste hétérogène et limitée à des sous-groupes biologiquement sélectionnés. Les biomarqueurs prédictifs jouent un rôle central : l’expression de PD-L1, les mutations BRAF V600E ou certaines signatures immunitaires sont associées à une meilleure réponse. L’intégration des données omiques a permis d’identifier des sous-types tumoraux avec microenvironnements immunitaires distincts, ouvrant la voie à une immunothérapie personnalisée. 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Abstract
Les cancers thyroïdiens peu différenciés (PDTC) et anaplasiques (ATC) sont des tumeurs rares, pouvant être très agressives, caractérisées par une forte hétérogénéité moléculaire et un pronostic très défavorable malgré les traitements conventionnels. Au cours des dernières années, l’immunothérapie, en particulier les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (anti-PD-1/PD-L1), a profondément modifié les perspectives thérapeutiques de ces tumeurs. L’expression de PD-L1 est fréquemment observée dans ces cancers, rendant une proportion significative de patients éligibles à ces approches. Les études cliniques montrent des taux de réponse variables mais parfois élevés, allant d’environ 30 % à 50 % des patients, avec des cas de réponses complètes rapportés. Cependant, l’efficacité reste hétérogène et limitée à des sous-groupes biologiquement sélectionnés. Les biomarqueurs prédictifs jouent un rôle central : l’expression de PD-L1, les mutations BRAF V600E ou certaines signatures immunitaires sont associées à une meilleure réponse. L’intégration des données omiques a permis d’identifier des sous-types tumoraux avec microenvironnements immunitaires distincts, ouvrant la voie à une immunothérapie personnalisée. Une avancée majeure réside dans les stratégies combinées : l’association immunothérapie + thérapies ciblées (notamment anti-BRAF/MEK) ou + traitements néoadjuvants améliore les taux de réponse et la résécabilité. Ces approches multimodales contribuent à prolonger la survie, historiquement très limitée (souvent < 12 mois pour l’ATC). Néanmoins, plusieurs limites persistent : résistance primaire ou secondaire, toxicités immunes (notamment pneumopathies interstitielles), et absence de standardisation des indications. Les recherches actuelles explorent de nouvelles combinaisons (immunothérapie + virothérapie, modulation du microenvironnement tumoral) et des cibles immunitaires émergentes. En conclusion, l’immunothérapie constitue une avancée majeure dans les PDTC et ATC, mais son bénéfice reste conditionné à une sélection moléculaire fine et à des stratégies combinées, inscrivant ces cancers dans une dynamique de médecine de précision en rapide évolution.
Les cancers thyroïdiens peu différenciés (PDTC) et anaplasiques (ATC) sont des tumeurs rares, pouvant être très agressives, caractérisées par une forte hétérogénéité moléculaire et un pronostic très défavorable malgré les traitements conventionnels. Au cours des dernières années, l’immunothérapie, en particulier les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (anti-PD-1/PD-L1), a profondément modifié les perspectives thérapeutiques de ces tumeurs. L’expression de PD-L1 est fréquemment observée dans ces cancers, rendant une proportion significative de patients éligibles à ces approches. Les études cliniques montrent des taux de réponse variables mais parfois élevés, allant d’environ 30 % à 50 % des patients, avec des cas de réponses complètes rapportés. Cependant, l’efficacité reste hétérogène et limitée à des sous-groupes biologiquement sélectionnés. Les biomarqueurs prédictifs jouent un rôle central : l’expression de PD-L1, les mutations BRAF V600E ou certaines signatures immunitaires sont associées à une meilleure réponse. L’intégration des données omiques a permis d’identifier des sous-types tumoraux avec microenvironnements immunitaires distincts, ouvrant la voie à une immunothérapie personnalisée. Une avancée majeure réside dans les stratégies combinées : l’association immunothérapie + thérapies ciblées (notamment anti-BRAF/MEK) ou + traitements néoadjuvants améliore les taux de réponse et la résécabilité. Ces approches multimodales contribuent à prolonger la survie, historiquement très limitée (souvent < 12 mois pour l’ATC). Néanmoins, plusieurs limites persistent : résistance primaire ou secondaire, toxicités immunes (notamment pneumopathies interstitielles), et absence de standardisation des indications. Les recherches actuelles explorent de nouvelles combinaisons (immunothérapie + virothérapie, modulation du microenvironnement tumoral) et des cibles immunitaires émergentes. En conclusion, l’immunothérapie constitue une avancée majeure dans les PDTC et ATC, mais son bénéfice reste conditionné à une sélection moléculaire fine et à des stratégies combinées, inscrivant ces cancers dans une dynamique de médecine de précision en rapide évolution.
期刊介绍:
The Annales d''Endocrinologie, mouthpiece of the French Society of Endocrinology (SFE), publishes reviews, articles and case reports coming from clinical, therapeutic and fundamental research in endocrinology and metabolic diseases. Every year, it carries a position paper by a work-group of French-language endocrinologists, on an endocrine pathology chosen by the Society''s Scientific Committee. The journal is also the organ of the Society''s annual Congress, publishing a summary of the symposia, presentations and posters. "Les Must de l''Endocrinologie" is a special booklet brought out for the Congress, with summary articles that are always very well received. And finally, we publish the high-level instructional courses delivered during the Henri-Pierre Klotz International Endocrinology Days. The Annales is a window on the world, keeping alert clinicians up to date on what is going on in diagnosis and treatment in all the areas of our specialty.