{"title":"Thrombopathies constitutionnelles","authors":"Caroline Vayne, Amy Dericquebourg, Christophe Nougier","doi":"10.1016/S1773-035X(26)76749-6","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Résumé</h3><div>Les thrombopathies constitutionnelles incluent un ensemble varié de maladies rares. Elles sont caractérisées par des anomalies héréditaires des plaquettes, qui entraînent surtout des saignements cutanés et muqueux de gravité variable, principalement des épistaxis, des gingivorragies, des ecchymoses, des ménorragies et des saignements prolongés après un traumatisme ou une opération. Ces troubles résultent de changements génétiques qui affectent différentes étapes de la fonction plaquettaire, comme l'adhésion, l'activation, la sécrétion granulaire, l'agrégation et l'activité procoagulante. La physiopathologie repose sur des défauts moléculaires touchant les récepteurs membranaires, les voies de signalisation intracellulaire ou les composants des granules plaquettaires. Le diagnostic nécessite une approche stratifiée effectuée dans des centres spécialisés. L’hémogramme et l'examen du frottis sanguin sont les premières étapes pour identifier une thrombopénie ou des anomalies morphologiques plaquettaires. L’agrégométrie optique par transmission lumineuse reste la méthode de référence pour évaluer la fonction plaquettaire. Des techniques complémentaires, comme la cytométrie en flux, la lumi-agrégométrie, la microscopie électronique et l'étude de la sécrétion granulaire, aident à préciser le mécanisme physiopathologique associé. Enfin, les avancées du séquençage à haut débit ont considérablement amélioré l'identification des anomalies génétiques responsables. Cependant, environ 15 % des thrombopathies constitutionnelles n'ont pas encore de cause moléculaire identifiée. L'intégration des données cliniques, biologiques et génétiques reste donc essentielle pour établir un diagnostic précis, évaluer le risque hémorragique et optimiser la prise en charge des patients.</div></div><div><h3>Abstract</h3><div>Constitutional thrombopathies encompass a diverse group of rare diseases.They are characterized by hereditary platelet abnormalities, which primarily cause skin and mucosal bleeding of varying severity, such as epistaxis, gingival bleeding, ecchymoses, menorrhagia, and prolonged bleeding following trauma or surgery. These disorders result from genetic changes that affect different stages of platelet function, such as adhesion, activation, granule secretion, aggregation, and procoagulant activity. The pathophysiology is based on molecular defects affecting membrane receptors, intracellular signaling pathways, or platelet granule components. Diagnosis requires a stratified approach conducted in specialized centers. A complete blood count and blood smear examination are the first steps in identifying thrombocytopenia or platelet morphological abnormalities. Light-transmission aggregometry remains the gold standard for assessing platelet function. Complementary techniques, such as flow cytometry, luminescence aggregometry, electron microscopy, and the study of granule secretion, help clarify the associated pathophysiological mechanism. Finally, advances in next generation sequencing have significantly improved the identification of causing genetic abnormalities. However, approximately 15 % of inherited bleeding disorders remain genetically unsolved. Integrating clinical, laboratory and genetic data therefore remains essential for establishing an accurate diagnosis, assessing bleeding risk, and optimizing patient care.</div></div>","PeriodicalId":74728,"journal":{"name":"Revue francophone des laboratoires : RFL","volume":"2026 585","pages":"Pages 30-41"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2026-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Revue francophone des laboratoires : RFL","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1773035X26767496","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"2026/10/6 0:00:00","PubModel":"Epub","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Résumé
Les thrombopathies constitutionnelles incluent un ensemble varié de maladies rares. Elles sont caractérisées par des anomalies héréditaires des plaquettes, qui entraînent surtout des saignements cutanés et muqueux de gravité variable, principalement des épistaxis, des gingivorragies, des ecchymoses, des ménorragies et des saignements prolongés après un traumatisme ou une opération. Ces troubles résultent de changements génétiques qui affectent différentes étapes de la fonction plaquettaire, comme l'adhésion, l'activation, la sécrétion granulaire, l'agrégation et l'activité procoagulante. La physiopathologie repose sur des défauts moléculaires touchant les récepteurs membranaires, les voies de signalisation intracellulaire ou les composants des granules plaquettaires. Le diagnostic nécessite une approche stratifiée effectuée dans des centres spécialisés. L’hémogramme et l'examen du frottis sanguin sont les premières étapes pour identifier une thrombopénie ou des anomalies morphologiques plaquettaires. L’agrégométrie optique par transmission lumineuse reste la méthode de référence pour évaluer la fonction plaquettaire. Des techniques complémentaires, comme la cytométrie en flux, la lumi-agrégométrie, la microscopie électronique et l'étude de la sécrétion granulaire, aident à préciser le mécanisme physiopathologique associé. Enfin, les avancées du séquençage à haut débit ont considérablement amélioré l'identification des anomalies génétiques responsables. Cependant, environ 15 % des thrombopathies constitutionnelles n'ont pas encore de cause moléculaire identifiée. L'intégration des données cliniques, biologiques et génétiques reste donc essentielle pour établir un diagnostic précis, évaluer le risque hémorragique et optimiser la prise en charge des patients.
Abstract
Constitutional thrombopathies encompass a diverse group of rare diseases.They are characterized by hereditary platelet abnormalities, which primarily cause skin and mucosal bleeding of varying severity, such as epistaxis, gingival bleeding, ecchymoses, menorrhagia, and prolonged bleeding following trauma or surgery. These disorders result from genetic changes that affect different stages of platelet function, such as adhesion, activation, granule secretion, aggregation, and procoagulant activity. The pathophysiology is based on molecular defects affecting membrane receptors, intracellular signaling pathways, or platelet granule components. Diagnosis requires a stratified approach conducted in specialized centers. A complete blood count and blood smear examination are the first steps in identifying thrombocytopenia or platelet morphological abnormalities. Light-transmission aggregometry remains the gold standard for assessing platelet function. Complementary techniques, such as flow cytometry, luminescence aggregometry, electron microscopy, and the study of granule secretion, help clarify the associated pathophysiological mechanism. Finally, advances in next generation sequencing have significantly improved the identification of causing genetic abnormalities. However, approximately 15 % of inherited bleeding disorders remain genetically unsolved. Integrating clinical, laboratory and genetic data therefore remains essential for establishing an accurate diagnosis, assessing bleeding risk, and optimizing patient care.