{"title":"Les troubles du comportement dans la maladie de Parkinson : de la physiopathologie à la prise en charge","authors":"M.S. Bouchetara, A. Chentouf","doi":"10.1016/j.praneu.2026.03.008","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><div>La maladie de Parkinson (MP), longtemps considérée comme une affection essentiellement motrice, s’impose aujourd’hui comme une pathologie neurodégénérative systémique touchant de multiples réseaux neurochimiques. Parmi les symptômes non moteurs, les troubles du comportement occupent une place centrale par leur fréquence, leur impact fonctionnel et leur valeur pronostique. Ces manifestations – incluant apathie, impulsivité, dépression, anxiété, psychose et troubles du sommeil, résultent d’une désorganisation complexe des circuits dopaminergiques, sérotoninergiques, cholinergiques et noradrénergiques. La compréhension physiopathologique de ces troubles révèle une double vulnérabilité : d’une part, la dégénérescence intrinsèque des voies mésolimbiques et cortico-frontales, et d’autre part, l’iatrogénie liée aux traitements dopaminergiques. Leur identification précoce, grâce à des outils standardisés, conditionne une prise en charge individualisée intégrant ajustements pharmacologiques, psychothérapies cognitivo-comportementales et neuromodulation. Les avancées récentes en neuro-imagerie et en biomarqueurs ouvrent la voie à une approche intégrée de la MP, où les dimensions comportementales deviennent un levier diagnostique et thérapeutique majeur. Reconnaître ces troubles, c’est replacer le patient au cœur d’une vision globale de la maladie, au-delà des seules manifestations motrices.</div></div><div>La maladie de Parkinson (MP), longtemps considérée comme une affection essentiellement motrice, s’impose aujourd’hui comme une pathologie neurodégénérative systémique touchant de multiples réseaux neurochimiques. Parmi les symptômes non moteurs, les troubles du comportement occupent une place centrale par leur fréquence, leur impact fonctionnel et leur valeur pronostique. Ces manifestations – incluant apathie, impulsivité, dépression, anxiété, psychose et troubles du sommeil, résultent d’une désorganisation complexe des circuits dopaminergiques, sérotoninergiques, cholinergiques et noradrénergiques. La compréhension physiopathologique de ces troubles révèle une double vulnérabilité : d’une part, la dégénérescence intrinsèque des voies mésolimbiques et cortico-frontales, et d’autre part, l’iatrogénie liée aux traitements dopaminergiques. Leur identification précoce, grâce à des outils standardisés, conditionne une prise en charge individualisée intégrant ajustements pharmacologiques, psychothérapies cognitivo-comportementales et neuromodulation. Les avancées récentes en neuro-imagerie et en biomarqueurs ouvrent la voie à une approche intégrée de la MP, où les dimensions comportementales deviennent un levier diagnostique et thérapeutique majeur. Reconnaître ces troubles, c’est replacer le patient au cœur d’une vision globale de la maladie, au-delà des seules manifestations motrices.</div><div><div>Parkinson's disease, traditionally defined as a motor disorder, is now recognized as a systemic neurodegenerative condition involving widespread neurochemical networks. Among non-motor symptoms, behavioral disturbances stand out due to their high prevalence, functional impact, and prognostic significance. These manifestations including apathy, impulsivity, depression, anxiety, psychosis, and sleep disturbances stem from complex dysfunctions of dopaminergic, serotonergic, cholinergic, and noradrenergic systems. The pathophysiological mechanisms highlight a dual vulnerability: intrinsic degeneration of mesolimbic and frontocortical circuits, and iatrogenic effects of dopaminergic therapies. Early detection through standardized tools allows for individualized management combining pharmacological adjustments, cognitive-behavioral therapy, and neuromodulation. Recent advances in neuroimaging and biomarker research pave the way for an integrated approach to Parkinson's disease, in which behavioral dimensions serve as key diagnostic and therapeutic targets. Recognizing these symptoms means understanding Parkinson's disease beyond movement disorders, restoring a holistic perspective centered on the patient's lived experience.</div></div><div>Parkinson's disease, traditionally defined as a motor disorder, is now recognized as a systemic neurodegenerative condition involving widespread neurochemical networks. Among non-motor symptoms, behavioral disturbances stand out due to their high prevalence, functional impact, and prognostic significance. These manifestations including apathy, impulsivity, depression, anxiety, psychosis, and sleep disturbances stem from complex dysfunctions of dopaminergic, serotonergic, cholinergic, and noradrenergic systems. The pathophysiological mechanisms highlight a dual vulnerability: intrinsic degeneration of mesolimbic and frontocortical circuits, and iatrogenic effects of dopaminergic therapies. Early detection through standardized tools allows for individualized management combining pharmacological adjustments, cognitive-behavioral therapy, and neuromodulation. Recent advances in neuroimaging and biomarker research pave the way for an integrated approach to Parkinson's disease, in which behavioral dimensions serve as key diagnostic and therapeutic targets. 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Abstract
La maladie de Parkinson (MP), longtemps considérée comme une affection essentiellement motrice, s’impose aujourd’hui comme une pathologie neurodégénérative systémique touchant de multiples réseaux neurochimiques. Parmi les symptômes non moteurs, les troubles du comportement occupent une place centrale par leur fréquence, leur impact fonctionnel et leur valeur pronostique. Ces manifestations – incluant apathie, impulsivité, dépression, anxiété, psychose et troubles du sommeil, résultent d’une désorganisation complexe des circuits dopaminergiques, sérotoninergiques, cholinergiques et noradrénergiques. La compréhension physiopathologique de ces troubles révèle une double vulnérabilité : d’une part, la dégénérescence intrinsèque des voies mésolimbiques et cortico-frontales, et d’autre part, l’iatrogénie liée aux traitements dopaminergiques. Leur identification précoce, grâce à des outils standardisés, conditionne une prise en charge individualisée intégrant ajustements pharmacologiques, psychothérapies cognitivo-comportementales et neuromodulation. Les avancées récentes en neuro-imagerie et en biomarqueurs ouvrent la voie à une approche intégrée de la MP, où les dimensions comportementales deviennent un levier diagnostique et thérapeutique majeur. Reconnaître ces troubles, c’est replacer le patient au cœur d’une vision globale de la maladie, au-delà des seules manifestations motrices.
La maladie de Parkinson (MP), longtemps considérée comme une affection essentiellement motrice, s’impose aujourd’hui comme une pathologie neurodégénérative systémique touchant de multiples réseaux neurochimiques. Parmi les symptômes non moteurs, les troubles du comportement occupent une place centrale par leur fréquence, leur impact fonctionnel et leur valeur pronostique. Ces manifestations – incluant apathie, impulsivité, dépression, anxiété, psychose et troubles du sommeil, résultent d’une désorganisation complexe des circuits dopaminergiques, sérotoninergiques, cholinergiques et noradrénergiques. La compréhension physiopathologique de ces troubles révèle une double vulnérabilité : d’une part, la dégénérescence intrinsèque des voies mésolimbiques et cortico-frontales, et d’autre part, l’iatrogénie liée aux traitements dopaminergiques. Leur identification précoce, grâce à des outils standardisés, conditionne une prise en charge individualisée intégrant ajustements pharmacologiques, psychothérapies cognitivo-comportementales et neuromodulation. Les avancées récentes en neuro-imagerie et en biomarqueurs ouvrent la voie à une approche intégrée de la MP, où les dimensions comportementales deviennent un levier diagnostique et thérapeutique majeur. Reconnaître ces troubles, c’est replacer le patient au cœur d’une vision globale de la maladie, au-delà des seules manifestations motrices.
Parkinson's disease, traditionally defined as a motor disorder, is now recognized as a systemic neurodegenerative condition involving widespread neurochemical networks. Among non-motor symptoms, behavioral disturbances stand out due to their high prevalence, functional impact, and prognostic significance. These manifestations including apathy, impulsivity, depression, anxiety, psychosis, and sleep disturbances stem from complex dysfunctions of dopaminergic, serotonergic, cholinergic, and noradrenergic systems. The pathophysiological mechanisms highlight a dual vulnerability: intrinsic degeneration of mesolimbic and frontocortical circuits, and iatrogenic effects of dopaminergic therapies. Early detection through standardized tools allows for individualized management combining pharmacological adjustments, cognitive-behavioral therapy, and neuromodulation. Recent advances in neuroimaging and biomarker research pave the way for an integrated approach to Parkinson's disease, in which behavioral dimensions serve as key diagnostic and therapeutic targets. Recognizing these symptoms means understanding Parkinson's disease beyond movement disorders, restoring a holistic perspective centered on the patient's lived experience.
Parkinson's disease, traditionally defined as a motor disorder, is now recognized as a systemic neurodegenerative condition involving widespread neurochemical networks. Among non-motor symptoms, behavioral disturbances stand out due to their high prevalence, functional impact, and prognostic significance. These manifestations including apathy, impulsivity, depression, anxiety, psychosis, and sleep disturbances stem from complex dysfunctions of dopaminergic, serotonergic, cholinergic, and noradrenergic systems. The pathophysiological mechanisms highlight a dual vulnerability: intrinsic degeneration of mesolimbic and frontocortical circuits, and iatrogenic effects of dopaminergic therapies. Early detection through standardized tools allows for individualized management combining pharmacological adjustments, cognitive-behavioral therapy, and neuromodulation. Recent advances in neuroimaging and biomarker research pave the way for an integrated approach to Parkinson's disease, in which behavioral dimensions serve as key diagnostic and therapeutic targets. Recognizing these symptoms means understanding Parkinson's disease beyond movement disorders, restoring a holistic perspective centered on the patient's lived experience.