C. Mollière , G. Rollin , C. Arari , I. Elhani , M. Saifi , A. Ouafdi , C. Tites , Y. Boulechfar , B. Koskas , L. Gilardin , C. Vons , A. Bourgarit
{"title":"Violences subies au cours de leur vie par les patients de consultation de médecine interne : étude flash par questionnement systématique","authors":"C. Mollière , G. Rollin , C. Arari , I. Elhani , M. Saifi , A. Ouafdi , C. Tites , Y. Boulechfar , B. Koskas , L. Gilardin , C. Vons , A. Bourgarit","doi":"10.1016/j.revmed.2026.03.363","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les violences, qu’elles soient psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles, ont un impact significatif sur la santé physique et mentale des patients. Elles sont rarement signalées spontanément par les patients consultant un médecin quelque soit le motif de consultation, et l’interrogatoire systématique sur l’existence de ces violences, recommandé par l’HAS depuis 2019 n’est pas fait. Les consultations de médecine interne sont polythematiques et concernent des patients avec des symptomatologies complexes, des demandes de diagnostic et/ou des patients précaires. Afin d’évaluer la prévalence de ces violences parmi les patients consultant dans notre service de médecine interne polyvalente et immunologie clinique situé dans un bassin de population fragile et évaluer l’intérêt de la question systématique, une enquête systématique a été menée du 3 au 31 mars 2025. Nous présentons les résultats de cette étude et analysons les caractéristiques des patients en fonction de leur réponse affirmative ou négative à la question.</div></div><div>Les violences, qu’elles soient psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles, ont un impact significatif sur la santé physique et mentale des patients. Elles sont rarement signalées spontanément par les patients consultant un médecin quelque soit le motif de consultation, et l’interrogatoire systématique sur l’existence de ces violences, recommandé par l’HAS depuis 2019 n’est pas fait. Les consultations de médecine interne sont polythematiques et concernent des patients avec des symptomatologies complexes, des demandes de diagnostic et/ou des patients précaires. Afin d’évaluer la prévalence de ces violences parmi les patients consultant dans notre service de médecine interne polyvalente et immunologie clinique situé dans un bassin de population fragile et évaluer l’intérêt de la question systématique, une enquête systématique a été menée du 3 au 31 mars 2025. Nous présentons les résultats de cette étude et analysons les caractéristiques des patients en fonction de leur réponse affirmative ou négative à la question.</div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Tous les patients vus en consultation par un médecin senior du service entre le 3 et le 31 mars 2025 ont été systématiquement interrogés sur les violences subies au cours de leur vie, selon les recommandations de l’HAS<span><span><sup>1</sup></span></span>. Les variables recueillies incluaient : le sexe du patient, l’âge, le pays de naissance, la durée du suivi (première fois ou suivi), le type de consultation (Médecine Interne Immunologie Clinique (MIIC), Unité de diagnostic Rapide (UDR) ou Permanence d’accès aux Soins (PASS)), ainsi que le sexe et l’ancienneté du médecin consultant (jeune senior/senior confirmé). Cette étude a été approuvée par le comité d’éthique local.</div></div><div>Tous les patients vus en consultation par un médecin senior du service entre le 3 et le 31 mars 2025 ont été systématiquement interrogés sur les violences subies au cours de leur vie, selon les recommandations de l’HAS<span><span><sup>1</sup></span></span>. Les variables recueillies incluaient : le sexe du patient, l’âge, le pays de naissance, la durée du suivi (première fois ou suivi), le type de consultation (Médecine Interne Immunologie Clinique (MIIC), Unité de diagnostic Rapide (UDR) ou Permanence d’accès aux Soins (PASS)), ainsi que le sexe et l’ancienneté du médecin consultant (jeune senior/senior confirmé). Cette étude a été approuvée par le comité d’éthique local.</div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur un total de 156 patients vus consultation sur la même période, 120 (77 %) patients ont été inclus dans l’étude, 89 (74 %) étaient des femmes, moyenne d’âge de 47 ans (SD 17). Parmi eux 56 (47 %) ont déclaré « avoir subi au cours de leur vie des violences psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles », 60 (50 %) ont déclaré ne pas avoir subi de violences au cours de leur vie, 4 (3 %) n’ont pas souhaité répondre à la question. La répartition des réponses en fonction des caractéristiques des patients ne montre pas de différence significative en fonction de leur âge, genre, ou pays de naissance. Pas de différence de déclaration selon le genre et l’ancienneté du médecin les recevant ni selon la durée du suivi (42 % première fois <em>vs.</em> 49 % « suivis »). Il existe une différence significative selon le type de consultation (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,009) : plus fréquent chez les patients de la PASS (73 % de oui pour la PASS, 31 % en UDR et 44 % en consultation de MIIC).</div></div><div>Sur un total de 156 patients vus consultation sur la même période, 120 (77 %) patients ont été inclus dans l’étude, 89 (74 %) étaient des femmes, moyenne d’âge de 47 ans (SD 17). 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Il existe une différence significative selon le type de consultation (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,009) : plus fréquent chez les patients de la PASS (73 % de oui pour la PASS, 31 % en UDR et 44 % en consultation de MIIC).</div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude flash montre que la réponse affirmative à la question sur les violences subies touche près de la moitié des patients reçus en consultation dans un service de médecine interne, quel que soit le sexe du patient, son âge ou son pays de naissance, ne permettant pas de sélectionner à l’avance les patients à qui poser la question. Comme attendu les patients venant à la PASS déclarent significativement plus fréquemment avoir subi des violences, mais ces violences touchent aussi près de la moitié des patients de consultation de MIIC quelque soit le motif de consultation.</div></div><div>Cette étude flash montre que la réponse affirmative à la question sur les violences subies touche près de la moitié des patients reçus en consultation dans un service de médecine interne, quel que soit le sexe du patient, son âge ou son pays de naissance, ne permettant pas de sélectionner à l’avance les patients à qui poser la question. Comme attendu les patients venant à la PASS déclarent significativement plus fréquemment avoir subi des violences, mais ces violences touchent aussi près de la moitié des patients de consultation de MIIC quelque soit le motif de consultation.</div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude met en évidence la très grande fréquence des violences subies par les patients en consultation de médecine interne quel que soit le patient et le type de consultation. L’analyse du type de violence, son ancienneté et son lien avec le motif de consultation n’est pas l’objet de cette étude flash. De même que les conséquences pour le patient et le médecin de ce dépistage systématique (formation des médecins, filière de prise en charge des victimes de violence…) et pourra faire l’objet d’études ultérieures. L’intégration systématique de cette évaluation dans le parcours de soin des patients de médecine interne comme recommandé par l’HAS, se justifie par la fréquence dans cette population.</div></div><div>Cette étude met en évidence la très grande fréquence des violences subies par les patients en consultation de médecine interne quel que soit le patient et le type de consultation. L’analyse du type de violence, son ancienneté et son lien avec le motif de consultation n’est pas l’objet de cette étude flash. De même que les conséquences pour le patient et le médecin de ce dépistage systématique (formation des médecins, filière de prise en charge des victimes de violence…) et pourra faire l’objet d’études ultérieures. 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Abstract
Introduction
Les violences, qu’elles soient psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles, ont un impact significatif sur la santé physique et mentale des patients. Elles sont rarement signalées spontanément par les patients consultant un médecin quelque soit le motif de consultation, et l’interrogatoire systématique sur l’existence de ces violences, recommandé par l’HAS depuis 2019 n’est pas fait. Les consultations de médecine interne sont polythematiques et concernent des patients avec des symptomatologies complexes, des demandes de diagnostic et/ou des patients précaires. Afin d’évaluer la prévalence de ces violences parmi les patients consultant dans notre service de médecine interne polyvalente et immunologie clinique situé dans un bassin de population fragile et évaluer l’intérêt de la question systématique, une enquête systématique a été menée du 3 au 31 mars 2025. Nous présentons les résultats de cette étude et analysons les caractéristiques des patients en fonction de leur réponse affirmative ou négative à la question.
Les violences, qu’elles soient psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles, ont un impact significatif sur la santé physique et mentale des patients. Elles sont rarement signalées spontanément par les patients consultant un médecin quelque soit le motif de consultation, et l’interrogatoire systématique sur l’existence de ces violences, recommandé par l’HAS depuis 2019 n’est pas fait. Les consultations de médecine interne sont polythematiques et concernent des patients avec des symptomatologies complexes, des demandes de diagnostic et/ou des patients précaires. Afin d’évaluer la prévalence de ces violences parmi les patients consultant dans notre service de médecine interne polyvalente et immunologie clinique situé dans un bassin de population fragile et évaluer l’intérêt de la question systématique, une enquête systématique a été menée du 3 au 31 mars 2025. Nous présentons les résultats de cette étude et analysons les caractéristiques des patients en fonction de leur réponse affirmative ou négative à la question.
Matériels et méthodes
Tous les patients vus en consultation par un médecin senior du service entre le 3 et le 31 mars 2025 ont été systématiquement interrogés sur les violences subies au cours de leur vie, selon les recommandations de l’HAS1. Les variables recueillies incluaient : le sexe du patient, l’âge, le pays de naissance, la durée du suivi (première fois ou suivi), le type de consultation (Médecine Interne Immunologie Clinique (MIIC), Unité de diagnostic Rapide (UDR) ou Permanence d’accès aux Soins (PASS)), ainsi que le sexe et l’ancienneté du médecin consultant (jeune senior/senior confirmé). Cette étude a été approuvée par le comité d’éthique local.
Tous les patients vus en consultation par un médecin senior du service entre le 3 et le 31 mars 2025 ont été systématiquement interrogés sur les violences subies au cours de leur vie, selon les recommandations de l’HAS1. Les variables recueillies incluaient : le sexe du patient, l’âge, le pays de naissance, la durée du suivi (première fois ou suivi), le type de consultation (Médecine Interne Immunologie Clinique (MIIC), Unité de diagnostic Rapide (UDR) ou Permanence d’accès aux Soins (PASS)), ainsi que le sexe et l’ancienneté du médecin consultant (jeune senior/senior confirmé). Cette étude a été approuvée par le comité d’éthique local.
Résultats
Sur un total de 156 patients vus consultation sur la même période, 120 (77 %) patients ont été inclus dans l’étude, 89 (74 %) étaient des femmes, moyenne d’âge de 47 ans (SD 17). Parmi eux 56 (47 %) ont déclaré « avoir subi au cours de leur vie des violences psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles », 60 (50 %) ont déclaré ne pas avoir subi de violences au cours de leur vie, 4 (3 %) n’ont pas souhaité répondre à la question. La répartition des réponses en fonction des caractéristiques des patients ne montre pas de différence significative en fonction de leur âge, genre, ou pays de naissance. Pas de différence de déclaration selon le genre et l’ancienneté du médecin les recevant ni selon la durée du suivi (42 % première fois vs. 49 % « suivis »). Il existe une différence significative selon le type de consultation (p = 0,009) : plus fréquent chez les patients de la PASS (73 % de oui pour la PASS, 31 % en UDR et 44 % en consultation de MIIC).
Sur un total de 156 patients vus consultation sur la même période, 120 (77 %) patients ont été inclus dans l’étude, 89 (74 %) étaient des femmes, moyenne d’âge de 47 ans (SD 17). Parmi eux 56 (47 %) ont déclaré « avoir subi au cours de leur vie des violences psychologiques, verbales, physiques ou sexuelles », 60 (50 %) ont déclaré ne pas avoir subi de violences au cours de leur vie, 4 (3 %) n’ont pas souhaité répondre à la question. La répartition des réponses en fonction des caractéristiques des patients ne montre pas de différence significative en fonction de leur âge, genre, ou pays de naissance. Pas de différence de déclaration selon le genre et l’ancienneté du médecin les recevant ni selon la durée du suivi (42 % première fois vs. 49 % « suivis »). Il existe une différence significative selon le type de consultation (p = 0,009) : plus fréquent chez les patients de la PASS (73 % de oui pour la PASS, 31 % en UDR et 44 % en consultation de MIIC).
Discussion
Cette étude flash montre que la réponse affirmative à la question sur les violences subies touche près de la moitié des patients reçus en consultation dans un service de médecine interne, quel que soit le sexe du patient, son âge ou son pays de naissance, ne permettant pas de sélectionner à l’avance les patients à qui poser la question. Comme attendu les patients venant à la PASS déclarent significativement plus fréquemment avoir subi des violences, mais ces violences touchent aussi près de la moitié des patients de consultation de MIIC quelque soit le motif de consultation.
Cette étude flash montre que la réponse affirmative à la question sur les violences subies touche près de la moitié des patients reçus en consultation dans un service de médecine interne, quel que soit le sexe du patient, son âge ou son pays de naissance, ne permettant pas de sélectionner à l’avance les patients à qui poser la question. Comme attendu les patients venant à la PASS déclarent significativement plus fréquemment avoir subi des violences, mais ces violences touchent aussi près de la moitié des patients de consultation de MIIC quelque soit le motif de consultation.
Conclusion
Cette étude met en évidence la très grande fréquence des violences subies par les patients en consultation de médecine interne quel que soit le patient et le type de consultation. L’analyse du type de violence, son ancienneté et son lien avec le motif de consultation n’est pas l’objet de cette étude flash. De même que les conséquences pour le patient et le médecin de ce dépistage systématique (formation des médecins, filière de prise en charge des victimes de violence…) et pourra faire l’objet d’études ultérieures. L’intégration systématique de cette évaluation dans le parcours de soin des patients de médecine interne comme recommandé par l’HAS, se justifie par la fréquence dans cette population.
Cette étude met en évidence la très grande fréquence des violences subies par les patients en consultation de médecine interne quel que soit le patient et le type de consultation. L’analyse du type de violence, son ancienneté et son lien avec le motif de consultation n’est pas l’objet de cette étude flash. De même que les conséquences pour le patient et le médecin de ce dépistage systématique (formation des médecins, filière de prise en charge des victimes de violence…) et pourra faire l’objet d’études ultérieures. L’intégration systématique de cette évaluation dans le parcours de soin des patients de médecine interne comme recommandé par l’HAS, se justifie par la fréquence dans cette population.
期刊介绍:
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