{"title":"Perspectives génétiques et thérapeutiques sur le syndrome émail-rein","authors":"Marie-Thérèse Eid , Aurélie de Mul , Laure Muresan-Vintila , Laurence Derain Dubourg , Aurélia Bertholet-Thomas , Arnaud Molin , Béatrice Thivichon-Prince , Justine Bacchetta","doi":"10.1016/j.perped.2026.01.022","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome émail-rein (ERS) est une maladie rare combinant des anomalies dentaires et rénales. Il est génétiquement hétérogène, avec des mutations de perte de fonction du gène <em>FAM20A</em>, et plus rarement de <em>WDR72</em>.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Nous rapportons huit cas pédiatriques d’ERS : quatre avec mutations homozygotes de <em>FAM20A</em>, deux hétérozygotes de <em>FAM20A</em>, et deux avec mutations de <em>WDR72</em>. Les données biologiques et d’imagerie ont été analysées.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Tous les patients ont été adressés pour un dépistage rénal par l’équipe dentaire spécialisée à un âge médian de 7,5 ans (2 mois–19 ans). Aucun ne présentait de symptômes d’hématurie microscopique/macroscopique ni de coliques néphrétiques, malgré la présence de néphrocalcinose et/ou de néphrolithiase chez tous. Les patients hétérozygotes pour <em>FAM20A</em> étaient les seuls à présenter un phénotype rénal caractérisé par une néphrocalcinose bilatérale et une néphrolithiase, sans signes d’anomalies de l’émail, et avaient un exome négatif. Les paramètres biologiques étaient très similaires chez les patients homozygotes <em>FAM20A</em>, qui présentaient tous des néphrolithiases bilatérales multiples ; dans une famille, une néphrocalcinose était également présente. Ils présentaient principalement une fonction rénale préservée (DFGe 109 [93–111] mL/min/1,73 m<sup>2</sup>), avec une hypophosphatémie, une élévation du FGF-23 et un TmP/DFG bas. Les tests de charge en calcium ont confirmé l’absence d’hypercalciurie, avec une inhibition adéquate de la PTH. Les patients <em>WDR72</em> présentaient une acidose tubulaire distale avec néphrocalcinose (sans calculs). Tous ont été suivis en néphrologie pédiatrique avec hyperhydratation et supplémentation en vitamine D.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Ces cas soulignent la nécessité d’une collaboration interdisciplinaire entre néphrologues pédiatriques et spécialistes dentaires, afin d’assurer une évaluation rénale rapide des patients. De plus, l’identification de taux élevés de FGF23 dans les cas d’ERS liés à <em>FAM20A</em> avec néphrolithiase sévère et hypophosphatémie soulève la question de l’intérêt potentiel du burosumab comme traitement ciblé chez ces patients.</div></div>","PeriodicalId":101006,"journal":{"name":"Perfectionnement en Pédiatrie","volume":"9 1","pages":"Pages 73-74"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Perfectionnement en Pédiatrie","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2588932X26000227","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"2026/3/20 0:00:00","PubModel":"Epub","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Introduction
Le syndrome émail-rein (ERS) est une maladie rare combinant des anomalies dentaires et rénales. Il est génétiquement hétérogène, avec des mutations de perte de fonction du gène FAM20A, et plus rarement de WDR72.
Méthodes
Nous rapportons huit cas pédiatriques d’ERS : quatre avec mutations homozygotes de FAM20A, deux hétérozygotes de FAM20A, et deux avec mutations de WDR72. Les données biologiques et d’imagerie ont été analysées.
Discussion
Tous les patients ont été adressés pour un dépistage rénal par l’équipe dentaire spécialisée à un âge médian de 7,5 ans (2 mois–19 ans). Aucun ne présentait de symptômes d’hématurie microscopique/macroscopique ni de coliques néphrétiques, malgré la présence de néphrocalcinose et/ou de néphrolithiase chez tous. Les patients hétérozygotes pour FAM20A étaient les seuls à présenter un phénotype rénal caractérisé par une néphrocalcinose bilatérale et une néphrolithiase, sans signes d’anomalies de l’émail, et avaient un exome négatif. Les paramètres biologiques étaient très similaires chez les patients homozygotes FAM20A, qui présentaient tous des néphrolithiases bilatérales multiples ; dans une famille, une néphrocalcinose était également présente. Ils présentaient principalement une fonction rénale préservée (DFGe 109 [93–111] mL/min/1,73 m2), avec une hypophosphatémie, une élévation du FGF-23 et un TmP/DFG bas. Les tests de charge en calcium ont confirmé l’absence d’hypercalciurie, avec une inhibition adéquate de la PTH. Les patients WDR72 présentaient une acidose tubulaire distale avec néphrocalcinose (sans calculs). Tous ont été suivis en néphrologie pédiatrique avec hyperhydratation et supplémentation en vitamine D.
Conclusion
Ces cas soulignent la nécessité d’une collaboration interdisciplinaire entre néphrologues pédiatriques et spécialistes dentaires, afin d’assurer une évaluation rénale rapide des patients. De plus, l’identification de taux élevés de FGF23 dans les cas d’ERS liés à FAM20A avec néphrolithiase sévère et hypophosphatémie soulève la question de l’intérêt potentiel du burosumab comme traitement ciblé chez ces patients.