L. Zaabar , S. Zarraa , L. Kchaou , C. Nasr , A. Mhiri
{"title":"Optimisation des contraintes dosimétriques par la scintigraphie salivaire : vers une radiothérapie personnalisée pour les carcinomes du nasopharynx","authors":"L. Zaabar , S. Zarraa , L. Kchaou , C. Nasr , A. Mhiri","doi":"10.1016/j.mednuc.2026.01.005","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le carcinome du nasopharynx (CNP) est fréquent en Tunisie. Son traitement par radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI), souvent associée à une chimiothérapie concomitante, expose inévitablement les glandes salivaires à des doses significatives de radiation, entraînant des dysfonctions persistantes. La scintigraphie salivaire au (<sup>99m</sup>Tc ((<sup>99m</sup>Tc-SS) offre une évaluation fonctionnelle objective, mais reste sous-utilisée en routine clinique.</div></div><div><h3>Objectif</h3><div>Évaluer de manière objective les dysfonctions salivaires post-RCMI par (<sup>99m</sup>Tc-SS) et établir des corrélations précises avec les paramètres dosimétriques des glandes salivaires.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude transversale monocentrique (juin–décembre 2023) incluant des patients en rémission post-thérapeutique de CNP. L’activité injectée était de 111-185 MBq (3-5 mCi). Réalisation d’acquisitions dynamiques séquentielles : phase vasculaire (1 minute, 2<!--> <!-->s/image), phase tissulaire (15 minutes, 30<!--> <!-->s/image) et phase de vidange salivaire (entre la 16<sup>e</sup> et la 20<sup>e</sup> minute) stimulée par l’administration d’un comprimé de vitamine C. Les paramètres scintigraphiques étudiés étaient le taux de captation (TC) et la fraction d’éjection salivaire (FES). Les paramètres dosimétriques des glandes salivaires principales étaient : parotides (Dmoy, Dmax, V15 Gy, V30 Gy, V40 Gy, D50 %) et submandibulaires (Dmoy, Dmax).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Trente-deux patients ont été inclus, d’âge médian 49 ans (19–71 ans) et sexe-ratio (H/F) : 2,08, majoritairement localement avancés (84 % des stades III et IVA), ayant tous eu une chimiothérapie concomitante à la radiothérapie. La (<sup>99m</sup>Tc-SS) a analysé 128 glandes et a objectivé un hypofonctionnement modéré dans 48 % des glandes, significativement plus marqué pour les glandes submandibulaires (FES médiane homolatérale : 4,5 % vs controlatérale : 7 % ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05). La xérostomie clinique (89 % des patients) était corrélée à une Dmax submandibulaire plus élevée (71,78<!--> <!-->±<!--> <!-->4,75<!--> <!-->Gy vs 66,96<!--> <!-->±<!--> <!-->5,49<!--> <!-->Gy ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,034). Une corrélation dose-dépendante significative a été observée pour les parotides : la FES diminuait avec l’augmentation de la Dmoy (<em>r</em> <!-->=<!--> <!-->−0,463 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,013), du V30<!--> <!-->Gy (<em>r</em> <!-->=<!--> <!-->−0,475 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,011), du V40<!--> <!-->Gy (<em>r</em> <!-->=<!--> <!-->−0,571 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,002) et de la D50 % (<em>r</em> <!-->=<!--> <!-->−0,524 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,004).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude démontre la valeur de la (<sup>99m</sup>Tc-SS) pour quantifier objectivement la toxicité salivaire radio-induite. Elle identifie les glandes submandibulaires comme les plus vulnérables et établit des corrélations dosimétriques critiques.</div></div>","PeriodicalId":49841,"journal":{"name":"Medecine Nucleaire-Imagerie Fonctionnelle et Metabolique","volume":"50 1","pages":"Page 5"},"PeriodicalIF":0.2000,"publicationDate":"2026-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Medecine Nucleaire-Imagerie Fonctionnelle et Metabolique","FirstCategoryId":"3","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0928125826000057","RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"2026/3/3 0:00:00","PubModel":"Epub","JCR":"Q4","JCRName":"PATHOLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Introduction
Le carcinome du nasopharynx (CNP) est fréquent en Tunisie. Son traitement par radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité (RCMI), souvent associée à une chimiothérapie concomitante, expose inévitablement les glandes salivaires à des doses significatives de radiation, entraînant des dysfonctions persistantes. La scintigraphie salivaire au (99mTc ((99mTc-SS) offre une évaluation fonctionnelle objective, mais reste sous-utilisée en routine clinique.
Objectif
Évaluer de manière objective les dysfonctions salivaires post-RCMI par (99mTc-SS) et établir des corrélations précises avec les paramètres dosimétriques des glandes salivaires.
Patients et méthodes
Étude transversale monocentrique (juin–décembre 2023) incluant des patients en rémission post-thérapeutique de CNP. L’activité injectée était de 111-185 MBq (3-5 mCi). Réalisation d’acquisitions dynamiques séquentielles : phase vasculaire (1 minute, 2 s/image), phase tissulaire (15 minutes, 30 s/image) et phase de vidange salivaire (entre la 16e et la 20e minute) stimulée par l’administration d’un comprimé de vitamine C. Les paramètres scintigraphiques étudiés étaient le taux de captation (TC) et la fraction d’éjection salivaire (FES). Les paramètres dosimétriques des glandes salivaires principales étaient : parotides (Dmoy, Dmax, V15 Gy, V30 Gy, V40 Gy, D50 %) et submandibulaires (Dmoy, Dmax).
Résultats
Trente-deux patients ont été inclus, d’âge médian 49 ans (19–71 ans) et sexe-ratio (H/F) : 2,08, majoritairement localement avancés (84 % des stades III et IVA), ayant tous eu une chimiothérapie concomitante à la radiothérapie. La (99mTc-SS) a analysé 128 glandes et a objectivé un hypofonctionnement modéré dans 48 % des glandes, significativement plus marqué pour les glandes submandibulaires (FES médiane homolatérale : 4,5 % vs controlatérale : 7 % ; p < 0,05). La xérostomie clinique (89 % des patients) était corrélée à une Dmax submandibulaire plus élevée (71,78 ± 4,75 Gy vs 66,96 ± 5,49 Gy ; p = 0,034). Une corrélation dose-dépendante significative a été observée pour les parotides : la FES diminuait avec l’augmentation de la Dmoy (r = −0,463 ; p = 0,013), du V30 Gy (r = −0,475 ; p = 0,011), du V40 Gy (r = −0,571 ; p = 0,002) et de la D50 % (r = −0,524 ; p = 0,004).
Conclusion
Cette étude démontre la valeur de la (99mTc-SS) pour quantifier objectivement la toxicité salivaire radio-induite. Elle identifie les glandes submandibulaires comme les plus vulnérables et établit des corrélations dosimétriques critiques.
期刊介绍:
Le but de Médecine nucléaire - Imagerie fonctionnelle et métabolique est de fournir une plate-forme d''échange d''informations cliniques et scientifiques pour la communauté francophone de médecine nucléaire, et de constituer une expérience pédagogique de la rédaction médicale en conformité avec les normes internationales.