A. Van den Broeck, J. Moens, J. Van Baelen, J. Willekens, B. Claes, P. De Cock, C. Smet
{"title":"Les intoxications au centre antipoisons belge en 2024 : chiffres et tendances","authors":"A. Van den Broeck, J. Moens, J. Van Baelen, J. Willekens, B. Claes, P. De Cock, C. Smet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.007","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le centre antipoisons belge est une organisation indépendante avec le statut de fondation royale d’utilité publique. L’équipe de la permanence, composée de médecins et pharmaciens, répond aux appels téléphoniques 24/7 pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg (GDL). D’autres activités sont : la délivrance rapide des antidotes, la gestion de la documentation scientifique, la pharmaco-toxicovigilance. En plus, le Centre est désigné par l’ECHA pour les notifications de produits dangereux en Belgique et au GDL. L’objectif de cette présentation est de décrire l’activité du Centre antipoisons Belge en 2024 et l’évolution depuis 2019.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les données du centre antipoisons ont été étudiées depuis 2019.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les chiffres clefs de 2024 montrent un total de 63 925 appels dont 6531 appels non classiques (demandes d’information) dont 400 courriels, et 57 394 appels classiques (exposition) représentant 58 856 victimes (7836 animaux [6283 chiens, 1302 chats]). Parmi les 51 020 exposés humains, 20 503 étaient des enfants de moins de 14 ans et 28 687 des adultes de plus de 14 ans. Les agents en cause pour ces patients humains étaient des médicaments et autres dispositifs médicaux pour 23 410, des produits chimiques pour 10 977, des produits cosmétiques, denrées alimentaires, tabac et autres produits à usage courant pour 9044, des organismes vivants pour 3296 et des biocides et phytosanitaires pour 2750. Les faits marquants en 2024 étaient les suivants : les expositions réelles ont atteint un record, tandis que les demandes d’information ont diminué. Les appels pour animaux ont progressé (+8,8 % vs 2023, +82,5 % vs 2019). Les médicaments restent la première cause d’appels (+3,7 % vs 2023, +9 % vs 2019), avec le paracétamol en tête (2602 appels – 2609 victimes, +13,9 % vs 2023, +29,7 % vs 2019). Particulièrement préoccupant est que la moitié des victimes de surdosage en paracétamol sont des enfants de <<!--> <!-->15 ans. Aussi les antidépresseurs sont en forte progression (2046 appels – 2061 victimes, +3,3 % vs 2023, +17,9 % vs 2019). Les produits chimiques occupent la deuxième place, bien que leur nombre ait légèrement diminué (−0,5 % vs 2023, +3,9 % vs 2019). Les produits de nettoyage et d’entretien sont les plus souvent impliqués (4330 appels). L’eau de Javel est le produit le plus signalé (1032 appels). La catégorie de l’alimentation a également connu une hausse notable (4990 appels – 5245 victimes, +2,8 % vs 2023, +37,5 % vs 2019). Particulièrement, les compléments alimentaires ont retenu l’attention, (1284 appels – 1339 victimes, +14,4 % vs 2023, +49,9 % vs 2019). Cette tendance s’explique en partie par la croissance du marché des compléments alimentaires depuis la crise sanitaire de 2020, une perception erronée de leur innocuité et les emballages et formes attractives aux enfants. Une autre tendance inquiétante est l’augmentation des appels liés à des tentatives de suicide (5016 appels – 5021 victimes, +10 % vs 2023, +5,3 % vs 2019), principalement avec des médicaments (4489 appels). En 2024, le Centre a effectué 39 livraisons d’antidotes aux hôpitaux belges pour le traitement d’intoxications aiguës (+62 % vs 2019). 72,4 % des appels proviennent du grand public (famille de la victime et victime elle-même) et 21,0 % de professionnels de la santé.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les chiffres 2024 confirment le rôle fondamental du Centre dans la gestion des questions toxico-pharmacologiques, contribuant ainsi à alléger la pression sur le système de soins. Les tendances observées soulignent l’importance d’adapter l’organisation continuellement pour répondre efficacement aux défis futurs, dans le respect des contraintes budgétaires.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S84-S85"},"PeriodicalIF":2.2000,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Toxicologie Analytique et Clinique","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352007825002008","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"2025/10/25 0:00:00","PubModel":"Epub","JCR":"Q4","JCRName":"TOXICOLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Objectif
Le centre antipoisons belge est une organisation indépendante avec le statut de fondation royale d’utilité publique. L’équipe de la permanence, composée de médecins et pharmaciens, répond aux appels téléphoniques 24/7 pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg (GDL). D’autres activités sont : la délivrance rapide des antidotes, la gestion de la documentation scientifique, la pharmaco-toxicovigilance. En plus, le Centre est désigné par l’ECHA pour les notifications de produits dangereux en Belgique et au GDL. L’objectif de cette présentation est de décrire l’activité du Centre antipoisons Belge en 2024 et l’évolution depuis 2019.
Méthode
Les données du centre antipoisons ont été étudiées depuis 2019.
Résultats
Les chiffres clefs de 2024 montrent un total de 63 925 appels dont 6531 appels non classiques (demandes d’information) dont 400 courriels, et 57 394 appels classiques (exposition) représentant 58 856 victimes (7836 animaux [6283 chiens, 1302 chats]). Parmi les 51 020 exposés humains, 20 503 étaient des enfants de moins de 14 ans et 28 687 des adultes de plus de 14 ans. Les agents en cause pour ces patients humains étaient des médicaments et autres dispositifs médicaux pour 23 410, des produits chimiques pour 10 977, des produits cosmétiques, denrées alimentaires, tabac et autres produits à usage courant pour 9044, des organismes vivants pour 3296 et des biocides et phytosanitaires pour 2750. Les faits marquants en 2024 étaient les suivants : les expositions réelles ont atteint un record, tandis que les demandes d’information ont diminué. Les appels pour animaux ont progressé (+8,8 % vs 2023, +82,5 % vs 2019). Les médicaments restent la première cause d’appels (+3,7 % vs 2023, +9 % vs 2019), avec le paracétamol en tête (2602 appels – 2609 victimes, +13,9 % vs 2023, +29,7 % vs 2019). Particulièrement préoccupant est que la moitié des victimes de surdosage en paracétamol sont des enfants de < 15 ans. Aussi les antidépresseurs sont en forte progression (2046 appels – 2061 victimes, +3,3 % vs 2023, +17,9 % vs 2019). Les produits chimiques occupent la deuxième place, bien que leur nombre ait légèrement diminué (−0,5 % vs 2023, +3,9 % vs 2019). Les produits de nettoyage et d’entretien sont les plus souvent impliqués (4330 appels). L’eau de Javel est le produit le plus signalé (1032 appels). La catégorie de l’alimentation a également connu une hausse notable (4990 appels – 5245 victimes, +2,8 % vs 2023, +37,5 % vs 2019). Particulièrement, les compléments alimentaires ont retenu l’attention, (1284 appels – 1339 victimes, +14,4 % vs 2023, +49,9 % vs 2019). Cette tendance s’explique en partie par la croissance du marché des compléments alimentaires depuis la crise sanitaire de 2020, une perception erronée de leur innocuité et les emballages et formes attractives aux enfants. Une autre tendance inquiétante est l’augmentation des appels liés à des tentatives de suicide (5016 appels – 5021 victimes, +10 % vs 2023, +5,3 % vs 2019), principalement avec des médicaments (4489 appels). En 2024, le Centre a effectué 39 livraisons d’antidotes aux hôpitaux belges pour le traitement d’intoxications aiguës (+62 % vs 2019). 72,4 % des appels proviennent du grand public (famille de la victime et victime elle-même) et 21,0 % de professionnels de la santé.
Conclusion
Les chiffres 2024 confirment le rôle fondamental du Centre dans la gestion des questions toxico-pharmacologiques, contribuant ainsi à alléger la pression sur le système de soins. Les tendances observées soulignent l’importance d’adapter l’organisation continuellement pour répondre efficacement aux défis futurs, dans le respect des contraintes budgétaires.