Toxicovigilance : apport de la collaboration avec l’Anses

IF 2.2 Q4 TOXICOLOGY
Toxicologie Analytique et Clinique Pub Date : 2025-11-01 Epub Date: 2025-10-25 DOI:10.1016/j.toxac.2025.09.027
J. Bloch , C. Solal , C. Greillet , J. Hamon , S. Sinno-Tellier , M. Labadie
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L’Anses et les centres antipoison ont mis en place des requêtes automatiques hebdomadaires prospectives dans le système d’information des centres antipoison (SICAP) pour que les données puissent être prises en compte par la nutrivigilance, la pharmacovigilance vétérinaire et la phytopharmacovigilance notamment. Les données de toxicovigilance sont aussi étudiées de manière rétrospective dans des groupes de travail pilotés par l’Anses, pour répondre à des questions venant le plus souvent des toxicologues et de l’Anses, parfois du ministère de la santé ou celui l’agriculture et de la sécurité alimentaire.</div><div>Un autre type d’interaction entre les centres antipoison et l’Anses est l’alerte en temps réel. Un toxicologue constate un événement qui à lui seul lui paraît suffisant à déclencher des investigations, voire des mesures. Il peut d’agir d’une intoxication particulièrement grave, inhabituelle ou à un agent posant problème. Une exposition peut être suffisante à déclencher l’alerte, voire même la seule présence d’un produit dans un rayon de magasin ou sur un marché ; en effet, mieux vaut prévenir que guérir et ne pas attendre qu’il y ait des intoxications pour faire retirer un produit dangereux. Dans ces situations, le toxicologue qui a constaté les faits envoie un mail à la boîte [email protected] et l’Anses se charge de la suite : transmission aux autorités compétentes, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour les produits hors aliments, Direction de l’alimentation générale (DGAl) pour les aliments et compléments alimentaires, Direction générale de la protection des risques pour les produits professionnels (DGPR). Les douanes sont parfois mobilisées pour des saisies, aux aéroports par exemple. Des analyses de produits peuvent être effectuées par le service commun des laboratoires de la DGCCRF pour confirmer l’adultération d’un complément alimentaire.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse des intoxications par des plantes vendues a permis de dresser la liste de celles les plus à risque et de les faire figurer dans un arrêté obligeant à ce que ce risque soit mentionné sur l’étiquette. L’étude des intoxications liées à des déconditionnements de produits de la vie courante a été largement communiquée dans le grand public dans un espoir de prévention. De même, celle des intoxications par le SNIPER 1000 insecticides à base de dichlorvos, substance interdite en Europe mais largement introduite illégalement dans ce genre de produit, a médiatisé leur toxicité mais aussi permis que la DGCCRF fasse des saisies dans des boutiques ou ventes à la sauvette. Ce ne sont que quelques exemples des nombreux travaux menés à l’Anses en partenariat avec les Centres antipoison.</div><div>Parmi les exemples d’alertes directes récents, on peut citer des flacons de soude caustiques avec bouchon sécurité défaillant ayant causé des brûlures caustiques chez un enfant ayant réussi à l’ouvrir (une erreur dans la ligne de production du fabricant), des intoxications par des compléments alimentaires adultérés avec des médicaments (miels aphrodisiaques au sildenafil ou tadalafil, sirop orexigène à la cyproheptadine, thé amincissant à la sibutramine, etc.), sans compter les produits à base de CBD comportant des substances interdites.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Participer aux groupes de travail de vigilance de l’Anses est ouvert à tous les experts toxicologues, lors d’un appel à candidatures par groupe de travail, tous les quatre ans. Leur expertise est indispensable pour la relecture des dossiers d’intoxication, l’estimation de la gravité et de l’imputabilité, l’interprétation des résultats de ces travaux rétrospectifs. Le circuit « court », du toxicologue à l’équipe de la Direction alertes et vigilances sanitaires (DAVS) de l’Anses, est un maillon majeur de la toxicovigilance, fortement encouragé car le plus efficace en matière de prévention. La DAVS s’engage à informer les « signalants » des suites de l’alerte qu’ils ont transmises, même lorsque celles-ci ne sont connues plusieurs mois après. L’Anses réunit toutes les 6 semaines les représentants des CAP pour partager toutes les actualités, travaux, alertes et leurs suites. Tous les travaux de vigilance de l’Anses sont publiés trois fois par mois dans Vigil’Anses <span><span>[1]</span></span>, en format facile à lire et à comprendre, en français et en anglais sur un site dédié.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La collaboration entre les centres antipoison et l’Anses est le pilier de la toxicovigilance nationale, indispensable à la prévention des intoxications.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S96"},"PeriodicalIF":2.2000,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Toxicologie Analytique et Clinique","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352007825002203","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"2025/10/25 0:00:00","PubModel":"Epub","JCR":"Q4","JCRName":"TOXICOLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract

Objectif

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est en charge de la toxicovigilance, de la nutrivigilance, de la pharmacovigilance vétérinaire, de la phytopharmacovigilance et depuis 2024, de la cosmétovigilance et de la tatouvigilance à la place de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.
En pratique, il s’agit de détecter les effets indésirables liés à l’utilisation des produits ou agents ciblés par la vigilance.

Méthode

Les centres antipoison, de par les données enregistrées en réponse téléphonique à l’urgence, enregistrent des données qui peuvent alimenter toutes ces vigilances, notamment sur le volet exposition aiguë. L’Anses et les centres antipoison ont mis en place des requêtes automatiques hebdomadaires prospectives dans le système d’information des centres antipoison (SICAP) pour que les données puissent être prises en compte par la nutrivigilance, la pharmacovigilance vétérinaire et la phytopharmacovigilance notamment. Les données de toxicovigilance sont aussi étudiées de manière rétrospective dans des groupes de travail pilotés par l’Anses, pour répondre à des questions venant le plus souvent des toxicologues et de l’Anses, parfois du ministère de la santé ou celui l’agriculture et de la sécurité alimentaire.
Un autre type d’interaction entre les centres antipoison et l’Anses est l’alerte en temps réel. Un toxicologue constate un événement qui à lui seul lui paraît suffisant à déclencher des investigations, voire des mesures. Il peut d’agir d’une intoxication particulièrement grave, inhabituelle ou à un agent posant problème. Une exposition peut être suffisante à déclencher l’alerte, voire même la seule présence d’un produit dans un rayon de magasin ou sur un marché ; en effet, mieux vaut prévenir que guérir et ne pas attendre qu’il y ait des intoxications pour faire retirer un produit dangereux. Dans ces situations, le toxicologue qui a constaté les faits envoie un mail à la boîte [email protected] et l’Anses se charge de la suite : transmission aux autorités compétentes, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour les produits hors aliments, Direction de l’alimentation générale (DGAl) pour les aliments et compléments alimentaires, Direction générale de la protection des risques pour les produits professionnels (DGPR). Les douanes sont parfois mobilisées pour des saisies, aux aéroports par exemple. Des analyses de produits peuvent être effectuées par le service commun des laboratoires de la DGCCRF pour confirmer l’adultération d’un complément alimentaire.

Résultats

L’analyse des intoxications par des plantes vendues a permis de dresser la liste de celles les plus à risque et de les faire figurer dans un arrêté obligeant à ce que ce risque soit mentionné sur l’étiquette. L’étude des intoxications liées à des déconditionnements de produits de la vie courante a été largement communiquée dans le grand public dans un espoir de prévention. De même, celle des intoxications par le SNIPER 1000 insecticides à base de dichlorvos, substance interdite en Europe mais largement introduite illégalement dans ce genre de produit, a médiatisé leur toxicité mais aussi permis que la DGCCRF fasse des saisies dans des boutiques ou ventes à la sauvette. Ce ne sont que quelques exemples des nombreux travaux menés à l’Anses en partenariat avec les Centres antipoison.
Parmi les exemples d’alertes directes récents, on peut citer des flacons de soude caustiques avec bouchon sécurité défaillant ayant causé des brûlures caustiques chez un enfant ayant réussi à l’ouvrir (une erreur dans la ligne de production du fabricant), des intoxications par des compléments alimentaires adultérés avec des médicaments (miels aphrodisiaques au sildenafil ou tadalafil, sirop orexigène à la cyproheptadine, thé amincissant à la sibutramine, etc.), sans compter les produits à base de CBD comportant des substances interdites.

Discussion

Participer aux groupes de travail de vigilance de l’Anses est ouvert à tous les experts toxicologues, lors d’un appel à candidatures par groupe de travail, tous les quatre ans. Leur expertise est indispensable pour la relecture des dossiers d’intoxication, l’estimation de la gravité et de l’imputabilité, l’interprétation des résultats de ces travaux rétrospectifs. Le circuit « court », du toxicologue à l’équipe de la Direction alertes et vigilances sanitaires (DAVS) de l’Anses, est un maillon majeur de la toxicovigilance, fortement encouragé car le plus efficace en matière de prévention. La DAVS s’engage à informer les « signalants » des suites de l’alerte qu’ils ont transmises, même lorsque celles-ci ne sont connues plusieurs mois après. L’Anses réunit toutes les 6 semaines les représentants des CAP pour partager toutes les actualités, travaux, alertes et leurs suites. Tous les travaux de vigilance de l’Anses sont publiés trois fois par mois dans Vigil’Anses [1], en format facile à lire et à comprendre, en français et en anglais sur un site dédié.

Conclusion

La collaboration entre les centres antipoison et l’Anses est le pilier de la toxicovigilance nationale, indispensable à la prévention des intoxications.
毒物警戒:与Anses合作的贡献
ObjectifL’Agence全国食品卫生安全环境(Anses)是负责支持规则、nutrivigilance phytopharmacovigilance、兽医、警戒和自2024、cosmétovigilance和tatouvigilance代替国家安全机构的药品及健康产品。在实践中,这是一个发现与使用警戒目标产品或制剂有关的不良反应的问题。方法通过在紧急情况电话响应中记录的数据,毒物控制中心记录的数据可以为所有这些警戒提供信息,特别是关于急性接触的数据。国家毒理学研究所和毒理学中心在毒理学中心信息系统(SICAP)中实施了每周预测自动请求,以便将数据纳入营养警戒、兽医药物警戒和植物保护警戒等。药物警戒数据也在国家药物管理局领导的工作组中进行回顾性审查,以回答通常由毒理学家和国家药物管理局提出的问题,有时由卫生部或农业和食品安全部门提出的问题。防毒中心和安防中心之间的另一种相互作用是实时警报。毒理学家注意到一个事件,他认为这本身就足以引发调查,甚至采取行动。它可能涉及特别严重的、不寻常的或引起问题的中毒。一次曝光可能足以引起警报,甚至一种产品出现在商店货架或市场上;事实上,预防总比治疗好,而且不要等到中毒发生后才让危险产品退役。毒理学在这些局势中,发现事实的保护,][email发送邮件至邮箱和保障局负责续:竞争主管当局传送,总局、消费和镇压(DGCCRF)对于非食品产品、粮食总局(总会)的饲料和食品补充剂,总局职业风险保障产品(DGPR)。海关有时会被扣押,例如在机场。DGCCRF的联合实验室服务可以进行产品测试,以确认食品补充剂的掺假。结果对出售植物的毒性进行分析,确定了风险最高的植物,并将其列入要求在标签上注明风险的命令中。为了预防,对与日常生活产品包装有关的中毒的研究已广泛传播给公众。同样,以二氯为基础的SNIPER 1000杀虫剂中毒事件,一种在欧洲被禁止但在这类产品中广泛非法引入的物质,不仅提高了其毒性,而且使DGCCRF能够在商店或街头销售中查获。这些只是在安斯与毒物中心合作开展的许多工作中的几个例子。直接自动提示近期的例子,例子有刻薄的苏打瓶带塞子安全造成灼伤或腐蚀性的违约已设法打开了一个孩子身上(制造厂的生产线中的错误),通过篡改与膳食补充剂药物中毒(tadalafil向sildenafil春药的蜂蜜或糖浆、茶、环庚啶orexigène amincissant sibutramine等等),还不算最基础的产品含有禁用物质CBD。警惕anses DiscussionParticiper工作组的问题是开放给所有的毒理学专家呼吁申请时,由工作组,每四年举行一次。它们的专门知识对于中毒的档案进行校对,估计可归罪性和严重性,回顾性研究结果的解释。从毒理学家到Anses卫生警报和警戒部门(DAVS)的团队的“短”路线是毒性警戒的一个重要环节,并受到强烈鼓励,因为这是最有效的预防方法。DAVS承诺将警报的后续行动通知“举报人”,即使几个月后才知道。Anses每6周召集CAP代表,分享所有新闻、工作、警报及其后续行动。 L ' Anses的所有警惕性工作每月在Vigil ' Anses[1]上发表三次,以易于阅读和理解的格式,用法语和英语在一个专门的网站上发表。结论防毒中心和国家毒物管理局之间的合作是国家毒物警戒的支柱,对预防中毒至关重要。
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