K. Tararbit, A. Burbaud, F. Dupuy, E. Hope-Rapp, R. Le Barreau, V. Cailliet
{"title":"Intoxications : que signaler à l’ARS et pourquoi ?","authors":"K. Tararbit, A. Burbaud, F. Dupuy, E. Hope-Rapp, R. Le Barreau, V. Cailliet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.028","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Une organisation pour répondre aux signalements et alertes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Afin de répondre à ses missions régaliennes en termes de veille et sécurité sanitaire, de santé environnementale, et d’anticipation, préparation et gestion des crises sanitaires, l’ARS dispose d’un point focal régional, porte d’entrée unique de tous les signalements entrants. Chaque signal réceptionné fait l’objet d’une régulation, d’un enregistrement et d’une transmission vers le service en charge de le gérer et d’y répondre. Une astreinte nuit et week-end, comprenant des cadres administratifs, des médecins et des ingénieurs sanitaires, est organisée pour assurer une réponse 24/7.</div><div>Alerter la plateforme régionale permet, après validation du signal, de réaliser les investigations nécessaires à la compréhension de l’événement et à l’évaluation de sa cinétique dans le temps et l’espace. La définition du niveau de menace pour la santé de la population permet de graduer les mesures de gestion nécessaires et leurs modalités de mise en œuvre. Une organisation de crise impliquant les différents services de l’État peut ainsi être mise en place pour des évènements d’ampleur à cinétique rapide et nécessitant une réponse coordonnée. L’alerte de l’ARS permet aussi d’organiser la communication vers le grand public et d’informer et mobiliser les partenaires et professionnels de santé. Enfin, la Direction générale de la santé peut être mobilisée en cas de risque d’extension locale, de débordement des capacités de prise en charge ou de risque d’impact national ou international. L’alerte de l’ARS permet aussi de renforcer la surveillance sanitaire et les actions de prévention.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Typologie des signaux à transmettre à l’ARS. Tout événement sanitaire ou environnemental susceptible d’avoir un impact sur la santé de la population doit être signalé à l’ARS. Il peut s’agir de maladies à déclaration obligatoire (MDO), des cas groupés d’infections en collectivité, ou d’exposition à des agents biologiques à risque épidémique ou à des agents biologiques non transmissibles. On se situe alors sur le volet du risque épidémique et biologique (REB). Sur le versant environnemental, il peut s’agir de l’exposition à des radiations ou des produits chimiques (risque Nucléaire Radiologique Chimique). Les cas groupés de maladies non transmissibles en collectivités ou milieu de travail doivent aussi faire l’objet d’un signalement à l’ARS.</div><div>De nombreux signaux du champ de la toxicologie, rentrant en particulier dans les domaines d’intervention des centres antipoison et de toxicovigilance et des centres régionaux de pathologies professionnelles et environnementales, relèvent donc d’un signalement à l’ARS. On peut citer par exemple : le saturnisme infantile (MDO), l’intoxication au monoxyde de carbone, les clusters en milieu du travail (ex. cas groupés de cancers à agent suspecté ou non), les accidents d’exposition à des produits chimiques, l’exposition à des animaux venimeux (par exemple physalies) ou à des végétaux toxiques (par exemple champignons vénéneux, <em>Datura</em>, …), ou encore des contaminants des milieux aquatiques (par exemple cyanobactéries, <em>Ostreopsis</em>…) ou des sols (pollution aux métaux lourds, aux hydrocarbures…). En termes de surveillance sanitaire et de vigilance, sont d’intérêt particulier les intoxications à l’origine de cas groupés ou de cas a priori non liés, mais faisant l’objet d’un nombre de signalements croissant et pouvant témoigner d’un risque en population, d’un usage détourné ou inapproprié. Certains agents, comme la toxine botulique, peuvent relever du bioterrorisme ou être à l’origine de l’exposition d’un nombre important de personnes dans le cadre d’une toxi-infection alimentaire collective (TIAC), par exemple s’il s’agit d’un produit du commerce ou servi en restauration commerciale ou collective.</div><div>De manière réciproque, l’ARS informe ses partenaires des signaux portés à sa connaissance et qui relèvent du champ de la toxicologie et de leur intervention.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S96-S97"},"PeriodicalIF":2.2000,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Toxicologie Analytique et Clinique","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352007825002215","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"2025/10/25 0:00:00","PubModel":"Epub","JCR":"Q4","JCRName":"TOXICOLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Objectif
Une organisation pour répondre aux signalements et alertes.
Discussion
Afin de répondre à ses missions régaliennes en termes de veille et sécurité sanitaire, de santé environnementale, et d’anticipation, préparation et gestion des crises sanitaires, l’ARS dispose d’un point focal régional, porte d’entrée unique de tous les signalements entrants. Chaque signal réceptionné fait l’objet d’une régulation, d’un enregistrement et d’une transmission vers le service en charge de le gérer et d’y répondre. Une astreinte nuit et week-end, comprenant des cadres administratifs, des médecins et des ingénieurs sanitaires, est organisée pour assurer une réponse 24/7.
Alerter la plateforme régionale permet, après validation du signal, de réaliser les investigations nécessaires à la compréhension de l’événement et à l’évaluation de sa cinétique dans le temps et l’espace. La définition du niveau de menace pour la santé de la population permet de graduer les mesures de gestion nécessaires et leurs modalités de mise en œuvre. Une organisation de crise impliquant les différents services de l’État peut ainsi être mise en place pour des évènements d’ampleur à cinétique rapide et nécessitant une réponse coordonnée. L’alerte de l’ARS permet aussi d’organiser la communication vers le grand public et d’informer et mobiliser les partenaires et professionnels de santé. Enfin, la Direction générale de la santé peut être mobilisée en cas de risque d’extension locale, de débordement des capacités de prise en charge ou de risque d’impact national ou international. L’alerte de l’ARS permet aussi de renforcer la surveillance sanitaire et les actions de prévention.
Conclusion
Typologie des signaux à transmettre à l’ARS. Tout événement sanitaire ou environnemental susceptible d’avoir un impact sur la santé de la population doit être signalé à l’ARS. Il peut s’agir de maladies à déclaration obligatoire (MDO), des cas groupés d’infections en collectivité, ou d’exposition à des agents biologiques à risque épidémique ou à des agents biologiques non transmissibles. On se situe alors sur le volet du risque épidémique et biologique (REB). Sur le versant environnemental, il peut s’agir de l’exposition à des radiations ou des produits chimiques (risque Nucléaire Radiologique Chimique). Les cas groupés de maladies non transmissibles en collectivités ou milieu de travail doivent aussi faire l’objet d’un signalement à l’ARS.
De nombreux signaux du champ de la toxicologie, rentrant en particulier dans les domaines d’intervention des centres antipoison et de toxicovigilance et des centres régionaux de pathologies professionnelles et environnementales, relèvent donc d’un signalement à l’ARS. On peut citer par exemple : le saturnisme infantile (MDO), l’intoxication au monoxyde de carbone, les clusters en milieu du travail (ex. cas groupés de cancers à agent suspecté ou non), les accidents d’exposition à des produits chimiques, l’exposition à des animaux venimeux (par exemple physalies) ou à des végétaux toxiques (par exemple champignons vénéneux, Datura, …), ou encore des contaminants des milieux aquatiques (par exemple cyanobactéries, Ostreopsis…) ou des sols (pollution aux métaux lourds, aux hydrocarbures…). En termes de surveillance sanitaire et de vigilance, sont d’intérêt particulier les intoxications à l’origine de cas groupés ou de cas a priori non liés, mais faisant l’objet d’un nombre de signalements croissant et pouvant témoigner d’un risque en population, d’un usage détourné ou inapproprié. Certains agents, comme la toxine botulique, peuvent relever du bioterrorisme ou être à l’origine de l’exposition d’un nombre important de personnes dans le cadre d’une toxi-infection alimentaire collective (TIAC), par exemple s’il s’agit d’un produit du commerce ou servi en restauration commerciale ou collective.
De manière réciproque, l’ARS informe ses partenaires des signaux portés à sa connaissance et qui relèvent du champ de la toxicologie et de leur intervention.