{"title":"La vision des cliniciens sur le dépistage du cancer du sein","authors":"Lucie Veron , Anna Ilenko , Agustina Ipina , Suzette Delaloge","doi":"10.1016/j.femme.2025.09.004","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><div>Au cours des 50 dernières années, la prévention primaire et le dépistage ont permis d’éviter bien plus de décès que les progrès thérapeutiques pour les cancers les plus fréquents. Pour le cancer du sein, malgré des avancées thérapeutiques majeures, le stade au diagnostic reste un facteur pronostique majeur, avec la biologie. Le dépistage à un stade précoce (stade I) permet une désescalade des traitements, , alors que les traitements pour les stadesII et III se sont alourdis (immunothérapie, chimiothérapie plus intensive, traitements ciblés, etc.). Actuellement, il n’existe pas d’alternative fiable à l'imagerie pour détecter précocement le cancer du sein. Les approches par ADN tumoral circulant ou tests multicancers (<em>multicancer early detection</em> [MCED]) ont une faible sensibilité pour les tumeurs du sein à un stade précoce. Par ailleurs, le fractionnement actuel des parcours de dépistage nuit à leur efficacité et leur acceptation. Il est nécessaire de développer des parcours intégrés qui combinent la prévention primaire (mode de vie, facteurs de risque) et le dépistage de plusieurs maladies, incluant d’autres cancers ou maladies chroniques. Le dépistage organisé basé uniquement sur l’âge est insuffisant. Il faut aller vers un dépistage personnalisé basé sur le risque individuel, intégrant la génétique, les antécédents, le mode de vie, etc. Des outils comme CANRISK ou des études comme MyPeBS (dont les résultats sont attendus en 2027) visent à valider cette approche à grande échelle. Cette prévention de précision a déjà prouvé son efficacité pour les femmes porteuses de mutations des gènes <em>BRCA1/2</em> avec des stratégies spécifiques (utilisation de l’IRM, chirurgie préventive). Une stratégie d’ interception des cancers est en cours de développement, associant l’identification des femmes à risque, la détection précoce et la prévention ciblée.</div></div><div><div>Over the past 50 years, primary prevention and screening have saved many more lives than therapeutic advances for the most common cancers. In breast cancer, despite major therapeutic advances, the stage at diagnosis remains a major prognostic factor, along with biology. Screening allows for treatment de-escalation, especially for the early stages (stage I), while treatments for advanced stages (II–III) have become more intensive (immunotherapy, more intensive chemotherapy, targeted treatments, etc.). Currently, there is no reliable alternative to imaging for early detection of breast cancer. Approaches using circulating tumour DNA or multicancer tests (multicancer early detection) have low sensitivity for early-stage breast tumours. The current fragmentation of screening pathways undermines their effectiveness and acceptance. There is a need to develop integrated pathways that combine primary prevention (lifestyle, risk factors) and screening for multiple diseases, including other cancers and chronic diseases. Organized screening based solely on age is insufficient. We need to move towards personalized screening based on individual risk, incorporating genetics, family history, lifestyle, etc. Tools such as CANRISK and studies such as MyPeBS (whose results are expected in 2027) aim to validate this approach on a large scale. This precision prevention has already been proven effective for women with <em>BRCA1/2</em> gene mutations using specific strategies (use of MRI, preventive surgery). A cancer interception strategy is currently being developed, combining the identification of women at risk, early detection, and targeted prevention.</div></div>","PeriodicalId":40842,"journal":{"name":"Imagerie de la Femme","volume":"35 3","pages":"Pages 145-149"},"PeriodicalIF":0.1000,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Imagerie de la Femme","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S177698172500063X","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"2025/10/13 0:00:00","PubModel":"Epub","JCR":"Q4","JCRName":"RADIOLOGY, NUCLEAR MEDICINE & MEDICAL IMAGING","Score":null,"Total":0}
引用次数: 0
Abstract
Au cours des 50 dernières années, la prévention primaire et le dépistage ont permis d’éviter bien plus de décès que les progrès thérapeutiques pour les cancers les plus fréquents. Pour le cancer du sein, malgré des avancées thérapeutiques majeures, le stade au diagnostic reste un facteur pronostique majeur, avec la biologie. Le dépistage à un stade précoce (stade I) permet une désescalade des traitements, , alors que les traitements pour les stadesII et III se sont alourdis (immunothérapie, chimiothérapie plus intensive, traitements ciblés, etc.). Actuellement, il n’existe pas d’alternative fiable à l'imagerie pour détecter précocement le cancer du sein. Les approches par ADN tumoral circulant ou tests multicancers (multicancer early detection [MCED]) ont une faible sensibilité pour les tumeurs du sein à un stade précoce. Par ailleurs, le fractionnement actuel des parcours de dépistage nuit à leur efficacité et leur acceptation. Il est nécessaire de développer des parcours intégrés qui combinent la prévention primaire (mode de vie, facteurs de risque) et le dépistage de plusieurs maladies, incluant d’autres cancers ou maladies chroniques. Le dépistage organisé basé uniquement sur l’âge est insuffisant. Il faut aller vers un dépistage personnalisé basé sur le risque individuel, intégrant la génétique, les antécédents, le mode de vie, etc. Des outils comme CANRISK ou des études comme MyPeBS (dont les résultats sont attendus en 2027) visent à valider cette approche à grande échelle. Cette prévention de précision a déjà prouvé son efficacité pour les femmes porteuses de mutations des gènes BRCA1/2 avec des stratégies spécifiques (utilisation de l’IRM, chirurgie préventive). Une stratégie d’ interception des cancers est en cours de développement, associant l’identification des femmes à risque, la détection précoce et la prévention ciblée.
Over the past 50 years, primary prevention and screening have saved many more lives than therapeutic advances for the most common cancers. In breast cancer, despite major therapeutic advances, the stage at diagnosis remains a major prognostic factor, along with biology. Screening allows for treatment de-escalation, especially for the early stages (stage I), while treatments for advanced stages (II–III) have become more intensive (immunotherapy, more intensive chemotherapy, targeted treatments, etc.). Currently, there is no reliable alternative to imaging for early detection of breast cancer. Approaches using circulating tumour DNA or multicancer tests (multicancer early detection) have low sensitivity for early-stage breast tumours. The current fragmentation of screening pathways undermines their effectiveness and acceptance. There is a need to develop integrated pathways that combine primary prevention (lifestyle, risk factors) and screening for multiple diseases, including other cancers and chronic diseases. Organized screening based solely on age is insufficient. We need to move towards personalized screening based on individual risk, incorporating genetics, family history, lifestyle, etc. Tools such as CANRISK and studies such as MyPeBS (whose results are expected in 2027) aim to validate this approach on a large scale. This precision prevention has already been proven effective for women with BRCA1/2 gene mutations using specific strategies (use of MRI, preventive surgery). A cancer interception strategy is currently being developed, combining the identification of women at risk, early detection, and targeted prevention.
期刊介绍:
La revue Le Sein change de titre et devient Imagerie de la Femme Imagerie de la Femme propose de nombreuses rubriques pratiques : Mises au point, Cas cliniques commentés, Passerelles cliniques, Corrélations anatomo-radiologiques, Quel est votre diagnostic, Analyse bibliographique commentée, Actualités techniques, Agenda. Une approche pluridisciplinaire. La revue se consacre aux différents aspects de imagerie de la femme, que ce soit pour la partie radiologique traditionnellement la plus développée, la sénologie, ou la gynécologie, obstétrique et les autres explorations de la ménopause, telle que ostéodensitométrie.