{"title":"Syndromes parkinsoniens atypiques en Guyane française : similitudes et différences avec le variant caraïbéen","authors":"Amina Nasri , Hugo Chaumont , Benoit Tressieres , Régine Edragas , Bertrand De Toffol , Emmanuel Flamand-Roze , Annie Lannuzel","doi":"10.1016/j.neurol.2025.01.024","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les syndromes parkinsoniens atypiques (APS) représentent 70 % des syndromes parkinsoniens dégénératifs aux Antilles et incluent le « Parkinson atypique des Caraïbes », impliquant les <em>Annonaceae</em>. Les données sur le Parkinson en Guyane sont limitées.</div></div><div><h3>Objectifs</h3><div>Comparer les fréquences des APS en Guyane et aux Antilles, en évaluer les caractéristiques cliniques et l’exposition potentielle à diverses toxines environnementales.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude prospective menée au centre hospitalier de Cayenne en Guyane et aux CHU de la Guadeloupe et la Martinique sur une période de 5 ans. Les patients atteints d’un syndrome parkinsonien dégénératif ont été inclus (372 au total dont 67 en Guyane et 305 aux Antilles). Les paramètres cliniques et les données d’exposition environnementale ont été analysés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les APS représentaient 41,8 % des cas en Guyane contre 66,2 % aux Antilles (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001), touchant 3 fois plus les hommes en Guyane (H/F<!--> <!-->=<!--> <!-->3 vs 1,22, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,044). Les APS atypiques concernaient 35,7 % des cas en Guyane, 41,6 % aux Antilles, avec l’association d’une paralysie oculomotrice supranucléaire, des troubles du sommeil paradoxal, des hallucinations et/ou une hypotension orthostatique. La consommation d’<em>Annonaceae</em> était plus fréquente aux Antilles qu’en Guyane (93 % vs 79,2 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les APS surviennent en Guyane avec une prévalence intermédiaire entre celle observée dans les populations caucasiennes et caraïbéennes. Leur présentation clinique réunit comme aux Antilles, des aspects caractéristiques des tauopathies et des synucléinopathies. Des facteurs environnementaux communs, tels que l’exposition aux <em>Annonaceae</em>, peuvent y contribuer et expliquer la fréquence des présentations des APS dans les 3 régions étudiées.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les résultats de notre étude soutiennent l’extension du terme « Parkinson atypique des Caraïbes » pour y inclure la Guyane française.</div></div>","PeriodicalId":21321,"journal":{"name":"Revue neurologique","volume":"181 ","pages":"Page S9"},"PeriodicalIF":2.8000,"publicationDate":"2025-03-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Revue neurologique","FirstCategoryId":"3","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0035378725000402","RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"Q2","JCRName":"CLINICAL NEUROLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Introduction
Les syndromes parkinsoniens atypiques (APS) représentent 70 % des syndromes parkinsoniens dégénératifs aux Antilles et incluent le « Parkinson atypique des Caraïbes », impliquant les Annonaceae. Les données sur le Parkinson en Guyane sont limitées.
Objectifs
Comparer les fréquences des APS en Guyane et aux Antilles, en évaluer les caractéristiques cliniques et l’exposition potentielle à diverses toxines environnementales.
Méthodes
Il s’agit d’une étude prospective menée au centre hospitalier de Cayenne en Guyane et aux CHU de la Guadeloupe et la Martinique sur une période de 5 ans. Les patients atteints d’un syndrome parkinsonien dégénératif ont été inclus (372 au total dont 67 en Guyane et 305 aux Antilles). Les paramètres cliniques et les données d’exposition environnementale ont été analysés.
Résultats
Les APS représentaient 41,8 % des cas en Guyane contre 66,2 % aux Antilles (p < 0,001), touchant 3 fois plus les hommes en Guyane (H/F = 3 vs 1,22, p = 0,044). Les APS atypiques concernaient 35,7 % des cas en Guyane, 41,6 % aux Antilles, avec l’association d’une paralysie oculomotrice supranucléaire, des troubles du sommeil paradoxal, des hallucinations et/ou une hypotension orthostatique. La consommation d’Annonaceae était plus fréquente aux Antilles qu’en Guyane (93 % vs 79,2 %, p < 0,001).
Discussion
Les APS surviennent en Guyane avec une prévalence intermédiaire entre celle observée dans les populations caucasiennes et caraïbéennes. Leur présentation clinique réunit comme aux Antilles, des aspects caractéristiques des tauopathies et des synucléinopathies. Des facteurs environnementaux communs, tels que l’exposition aux Annonaceae, peuvent y contribuer et expliquer la fréquence des présentations des APS dans les 3 régions étudiées.
Conclusion
Les résultats de notre étude soutiennent l’extension du terme « Parkinson atypique des Caraïbes » pour y inclure la Guyane française.
期刊介绍:
The first issue of the Revue Neurologique, featuring an original article by Jean-Martin Charcot, was published on February 28th, 1893. Six years later, the French Society of Neurology (SFN) adopted this journal as its official publication in the year of its foundation, 1899.
The Revue Neurologique was published throughout the 20th century without interruption and is indexed in all international databases (including Current Contents, Pubmed, Scopus). Ten annual issues provide original peer-reviewed clinical and research articles, and review articles giving up-to-date insights in all areas of neurology. The Revue Neurologique also publishes guidelines and recommendations.
The Revue Neurologique publishes original articles, brief reports, general reviews, editorials, and letters to the editor as well as correspondence concerning articles previously published in the journal in the correspondence column.