La toxine botulique de type A dans le traitement de l’algie vasculaire de la face chronique rebelle aux traitements : retour d’expérience sur une série de cas strasbourgeoise
{"title":"La toxine botulique de type A dans le traitement de l’algie vasculaire de la face chronique rebelle aux traitements : retour d’expérience sur une série de cas strasbourgeoise","authors":"Amélie Albisetti, Eric Salvat, Mirela Muresan","doi":"10.1016/j.neurol.2025.01.039","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’algie vasculaire de la face (AVF) est une céphalée primaire invalidante, notamment dans sa forme chronique et rebelle aux traitements. En l’absence de traitement validé à ce stade de la maladie, il est nécessaire de trouver de nouvelles solutions thérapeutiques.</div></div><div><h3>Observation</h3><div>La toxine botulique de type A est validée dans le traitement prophylactique de la migraine chronique selon le protocole PREEMPT, de par son action sur le système trigémino-vasculaire en inhibant la libération de certains neuropeptides tels que le peptide relié au gène de la calcitonine (CGRP) et la substance P. De même, dans l’AVF, ces mêmes neuropeptides sont libérés dans le système trigémino-vasculaire, comme le montre l’étude de Fanciullaci et al. en 1995. Nous avons pratiqué chez nos patients atteints d’AVF chronique rebelle aux traitements (infiltration du grand nerf occipital, Lithium, Topiramate, Vérapamile, perfusion de Kétamine…) des injections péri-crâniennes de toxine botulique de type A. Chez les patients présentant des crises d’AVF bilatérales, le protocole PREEMPT a été appliqué classiquement, tandis que chez les patients avec une atteinte unilatérale, les injections ont été ipsilatérales à la douleur, hormis le front pour des raisons esthétiques. Ainsi, après les injections, les crises d’AVF sont devenues moins fréquentes, moins longues, moins intenses et/ou répondant mieux aux traitements de crise, chez 9 des 12 patients que nous avons traités. L’effet est plus rapide que dans la migraine chronique, mais il existe un effet de fin d’intervalle après deux mois de traitement. Nous nous sommes également rendu compte que l’effet se renforçait dans le temps comme chez les migraineux.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ainsi, la toxine botulique de type A, utilisée selon le protocole PREEMPT ou légèrement adapté, pourrait être un traitement prophylactique efficace et avec des effets indésirables négligeables pour les patients atteints d’AVF chronique rebelle aux traitements. La bonne tolérance de ce traitement et son efficacité devraient inciter à faire des études sur un plus grand nombre de patients atteints d’AVF chronique afin d’aboutir à une autorisation compassionnelle dans cette indication.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La toxine botulique de type A utilisée selon le protocole PREEMPT pourrait être une alternative dans le traitement prophylactique de l’AVF chronique rebelle aux traitements.</div></div>","PeriodicalId":21321,"journal":{"name":"Revue neurologique","volume":"181 ","pages":"Page S18"},"PeriodicalIF":2.8000,"publicationDate":"2025-03-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Revue neurologique","FirstCategoryId":"3","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0035378725000554","RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"Q2","JCRName":"CLINICAL NEUROLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Introduction
L’algie vasculaire de la face (AVF) est une céphalée primaire invalidante, notamment dans sa forme chronique et rebelle aux traitements. En l’absence de traitement validé à ce stade de la maladie, il est nécessaire de trouver de nouvelles solutions thérapeutiques.
Observation
La toxine botulique de type A est validée dans le traitement prophylactique de la migraine chronique selon le protocole PREEMPT, de par son action sur le système trigémino-vasculaire en inhibant la libération de certains neuropeptides tels que le peptide relié au gène de la calcitonine (CGRP) et la substance P. De même, dans l’AVF, ces mêmes neuropeptides sont libérés dans le système trigémino-vasculaire, comme le montre l’étude de Fanciullaci et al. en 1995. Nous avons pratiqué chez nos patients atteints d’AVF chronique rebelle aux traitements (infiltration du grand nerf occipital, Lithium, Topiramate, Vérapamile, perfusion de Kétamine…) des injections péri-crâniennes de toxine botulique de type A. Chez les patients présentant des crises d’AVF bilatérales, le protocole PREEMPT a été appliqué classiquement, tandis que chez les patients avec une atteinte unilatérale, les injections ont été ipsilatérales à la douleur, hormis le front pour des raisons esthétiques. Ainsi, après les injections, les crises d’AVF sont devenues moins fréquentes, moins longues, moins intenses et/ou répondant mieux aux traitements de crise, chez 9 des 12 patients que nous avons traités. L’effet est plus rapide que dans la migraine chronique, mais il existe un effet de fin d’intervalle après deux mois de traitement. Nous nous sommes également rendu compte que l’effet se renforçait dans le temps comme chez les migraineux.
Discussion
Ainsi, la toxine botulique de type A, utilisée selon le protocole PREEMPT ou légèrement adapté, pourrait être un traitement prophylactique efficace et avec des effets indésirables négligeables pour les patients atteints d’AVF chronique rebelle aux traitements. La bonne tolérance de ce traitement et son efficacité devraient inciter à faire des études sur un plus grand nombre de patients atteints d’AVF chronique afin d’aboutir à une autorisation compassionnelle dans cette indication.
Conclusion
La toxine botulique de type A utilisée selon le protocole PREEMPT pourrait être une alternative dans le traitement prophylactique de l’AVF chronique rebelle aux traitements.
期刊介绍:
The first issue of the Revue Neurologique, featuring an original article by Jean-Martin Charcot, was published on February 28th, 1893. Six years later, the French Society of Neurology (SFN) adopted this journal as its official publication in the year of its foundation, 1899.
The Revue Neurologique was published throughout the 20th century without interruption and is indexed in all international databases (including Current Contents, Pubmed, Scopus). Ten annual issues provide original peer-reviewed clinical and research articles, and review articles giving up-to-date insights in all areas of neurology. The Revue Neurologique also publishes guidelines and recommendations.
The Revue Neurologique publishes original articles, brief reports, general reviews, editorials, and letters to the editor as well as correspondence concerning articles previously published in the journal in the correspondence column.