Bénéfices de la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HR/MS) pour le dépistage des substances psychoactives (SPA) chez les patients en addictologie
{"title":"Bénéfices de la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HR/MS) pour le dépistage des substances psychoactives (SPA) chez les patients en addictologie","authors":"Vanessa Biering , Aurélie Aquizerate , Morgan Helesbeux , Malcolm Barrangou-Poueys-Darlas , Audrey Verholleman , Matthieu Gregoire , Caroline Victorri-Vigneau , Melanie Duval , Edouard Le Carpentier","doi":"10.1016/j.toxac.2025.01.084","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Objectifs</h3><div>Comparer les performances et l’intérêt clinique de la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HR/MS) et d’une méthode d’immuno-analyse pour le dépistage urinaire des substances psychoactives (SPA) chez les patients hospitalisés en addictologie.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Un prélèvement urinaire était réalisé en début d’hospitalisation et analysé par méthode immuno-analyse (c503 CobasPro®, Roche Diagnostic®) et LC-HR/MS (Orbitrap exploris 120, Thermofisher®). Chaque SPA déclarée, ainsi que les médicaments prescrits ou non, étaient comparés aux résultats des analyses et les éventuelles discordances entre les deux méthodes d’analyses ainsi que la détection de substances non déclarées ont été étudiées afin d’évaluer la pertinence analytique de la LC-HR/MS. Une performance supérieure de celle-ci était définie soit par une nouvelle détection d’une substance non détectée ou non recherchée en immuno-analyse, la correction d’une erreur d’identification de l’immuno-analyse, la non détection d’une substance recherchée ou non en immuno-analyse pour laquelle une limite d’identification en LC-HR/MS était renseignée. La pertinence clinique des résultats obtenus avec la méthode en LC-HR/MS par rapport à ceux de l’immuno-analyse a été évaluée avec les cliniciens du service d’addictologie lors de réunions trimestrielles une fois le patient sorti d’hospitalisation et le dossier anonymisé.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dans cette étude observationnelle monocentrique prospective, 154 patients hospitalisés pour des troubles addictifs liés à un usage de SPA ont été inclus. Le prélèvement urinaire a été réalisé en moyenne 1,6<!--> <!-->jours<!--> <!-->±<!--> <!-->1 jour après le début d’hospitalisation. Concernant les molécules « hors prescription » (substances illicites et médicaments mésusés), la LC-HR/MS a montré une performance supérieure pour plus de la moitié des substances déclarées par le patient. Elle a essentiellement permis de détecter parmi ces molécules « hors prescription », des substances non recherchées en immuno-analyse et/ou non déclarées, notamment des analgésiques, des antidépresseurs, ainsi que des anti-histaminiques. De surcroît, la LC-HR/MS a permis de détecter une substance qui n’avait pas été détectée par l’immuno-analyse (principalement cocaïne et méthadone) pour plus d’une consommation déclarée sur dix. La LC-HR/MS a également montré une performance supérieure dans la détection de médicaments prescrits pour 71 % des cas qui concernaient, pour quasiment la totalité de ces cas, des substances non recherchées en immuno-analyse. Concernant l’impact clinique, les résultats obtenus par LC-HR/MS ont été jugés utiles par les cliniciens et auraient modifié la prise en charge pour un quart des patients. Dans la plupart des cas il s’agissait de molécules détectées et non déclarées par le patient. De plus, la LC-HR/MS a également permis de corriger un résultat d’amphétamine rendu faussement positif.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La comparaison de ces deux méthodes met en évidence un bénéfice analytique et clinique de la LC-HR/MS par rapport à l’immuno-analyse dans le dépistage urinaire des SPA tirant parti d’une meilleure sensibilité et d’un panel plus large de SPA recherchées. Si pour certains patients, la valeur ajoutée de la LC-HR/MS reste limitée, en cas de consommations complexes, de mésusage ou de prise de SPA non prescrites ou cachée, la méthode en LC-HR/MS permet un état des lieux plus complet et d’influencer la prise en charge du patient. Un point de vigilance particulier concerne le fait qu’il est particulièrement nécessaire de recueillir, dès l’admission, le prélèvement urinaire afin d’optimiser la détection des substances psychoactives à demi-vie courte et de tirer parti au maximum de cette approche. Ces résultats confirment l’intérêt de la LC-HR/MS dans le dépistage urinaire des SPA chez les patients hospitalisés en addictologie. Certains profils de patients doivent être particulièrement ciblés pour orienter la prise en charge clinique.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 1","pages":"Pages S54-S55"},"PeriodicalIF":1.8000,"publicationDate":"2025-03-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Toxicologie Analytique et Clinique","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352007825000848","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"Q4","JCRName":"TOXICOLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Objectifs
Comparer les performances et l’intérêt clinique de la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HR/MS) et d’une méthode d’immuno-analyse pour le dépistage urinaire des substances psychoactives (SPA) chez les patients hospitalisés en addictologie.
Méthodes
Un prélèvement urinaire était réalisé en début d’hospitalisation et analysé par méthode immuno-analyse (c503 CobasPro®, Roche Diagnostic®) et LC-HR/MS (Orbitrap exploris 120, Thermofisher®). Chaque SPA déclarée, ainsi que les médicaments prescrits ou non, étaient comparés aux résultats des analyses et les éventuelles discordances entre les deux méthodes d’analyses ainsi que la détection de substances non déclarées ont été étudiées afin d’évaluer la pertinence analytique de la LC-HR/MS. Une performance supérieure de celle-ci était définie soit par une nouvelle détection d’une substance non détectée ou non recherchée en immuno-analyse, la correction d’une erreur d’identification de l’immuno-analyse, la non détection d’une substance recherchée ou non en immuno-analyse pour laquelle une limite d’identification en LC-HR/MS était renseignée. La pertinence clinique des résultats obtenus avec la méthode en LC-HR/MS par rapport à ceux de l’immuno-analyse a été évaluée avec les cliniciens du service d’addictologie lors de réunions trimestrielles une fois le patient sorti d’hospitalisation et le dossier anonymisé.
Résultats
Dans cette étude observationnelle monocentrique prospective, 154 patients hospitalisés pour des troubles addictifs liés à un usage de SPA ont été inclus. Le prélèvement urinaire a été réalisé en moyenne 1,6 jours ± 1 jour après le début d’hospitalisation. Concernant les molécules « hors prescription » (substances illicites et médicaments mésusés), la LC-HR/MS a montré une performance supérieure pour plus de la moitié des substances déclarées par le patient. Elle a essentiellement permis de détecter parmi ces molécules « hors prescription », des substances non recherchées en immuno-analyse et/ou non déclarées, notamment des analgésiques, des antidépresseurs, ainsi que des anti-histaminiques. De surcroît, la LC-HR/MS a permis de détecter une substance qui n’avait pas été détectée par l’immuno-analyse (principalement cocaïne et méthadone) pour plus d’une consommation déclarée sur dix. La LC-HR/MS a également montré une performance supérieure dans la détection de médicaments prescrits pour 71 % des cas qui concernaient, pour quasiment la totalité de ces cas, des substances non recherchées en immuno-analyse. Concernant l’impact clinique, les résultats obtenus par LC-HR/MS ont été jugés utiles par les cliniciens et auraient modifié la prise en charge pour un quart des patients. Dans la plupart des cas il s’agissait de molécules détectées et non déclarées par le patient. De plus, la LC-HR/MS a également permis de corriger un résultat d’amphétamine rendu faussement positif.
Conclusion
La comparaison de ces deux méthodes met en évidence un bénéfice analytique et clinique de la LC-HR/MS par rapport à l’immuno-analyse dans le dépistage urinaire des SPA tirant parti d’une meilleure sensibilité et d’un panel plus large de SPA recherchées. Si pour certains patients, la valeur ajoutée de la LC-HR/MS reste limitée, en cas de consommations complexes, de mésusage ou de prise de SPA non prescrites ou cachée, la méthode en LC-HR/MS permet un état des lieux plus complet et d’influencer la prise en charge du patient. Un point de vigilance particulier concerne le fait qu’il est particulièrement nécessaire de recueillir, dès l’admission, le prélèvement urinaire afin d’optimiser la détection des substances psychoactives à demi-vie courte et de tirer parti au maximum de cette approche. Ces résultats confirment l’intérêt de la LC-HR/MS dans le dépistage urinaire des SPA chez les patients hospitalisés en addictologie. Certains profils de patients doivent être particulièrement ciblés pour orienter la prise en charge clinique.