Absence d’efficacité de la quinacrine dans le traitement des maladies à prions : possible explication à caractère pharmacologique

IF 0.5
N. Picard-Hagen, Véronique Gayrard, C. Viguié, Valérie Laroute, P. Alayrac
{"title":"Absence d’efficacité de la quinacrine dans le traitement des maladies à prions : possible explication à caractère pharmacologique","authors":"N. Picard-Hagen, Véronique Gayrard, C. Viguié, Valérie Laroute, P. Alayrac","doi":"10.20870/productions-animales.2004.17.hs.3634","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"En raison des incertitudes épidémiologiques relatives aux maladies à prions, il est urgent de découvrir et de développer des thérapeutiques anti-prions chez l’homme. L’efficacité des molécules candidates est essentiellement testée in vitro sur des cellules de neuroblastome. Pour plusieurs molécules, dont la quinacrine, il a été observé une discordance entre l’effet anti-prion in vitro et l’absence d’efficacité clinique dans le traitement de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Pour documenter l’hypothèse selon laquelle l’absence d’efficacité de la quinacrine était d’ordre pharmacocinétique (et donc prévisible), la disposition de la quinacrine (disparition de la quinacrine du compartiment sanguin, qui résulte par exemple de processus de distribution et d’élimination du principe actif) a été étudiée à la fois in vivo et in vitro afin de déterminer les doses qu’il conviendrait d’administrer in vivo pour obtenir des concentrations efficaces dans la biophase. Le modèle de brebis naturellement atteintes de tremblante a été utilisé. Dans un premier temps, un essai thérapeutique contrôlé sur des brebis en phase clinique de tremblante a permis de confirmer ce qui était connu chez l’homme, c’est-à-dire l’absence d’efficacité clinique de la quinacrine. Sur le modèle in vitro reproduisant les conditions princeps de culture pour lesquelles 50 % de l’effet anti-prion avait été observé, avec une concentration nominale de quinacrine de 300 nM (nanomoles par litre), nous avons redéterminé les EC50 (concentration qui permet d’inhiber à 50 % la formation de PrP pathogène) pour les biophases potentielles de l’action anti-prion en mesurant sélectivement, par HPLC (chromatographie liquide haute performance), les véritables concentrations extracellulaire (120 nM) et intracellulaire (6700 nM) de quinacrine dans les neuroblastomes en culture. Les concentrations de quinacrine dans le Liquide Cérébro-Spinal (LCS) et le tissu nerveux cérébral, représentatifs in vivo respectivement des biophases extracellulaire et intracellulaire, ont été mesurées chez la brebis après une administration de quinacrine. Les concentrations de quinacrine dans le liquide cérébro-spinal (< 2,1 nM et 55 nM, obtenues respectivement pour des doses thérapeutique et toxique) sont restées très inférieures aux concentrations nécessaires pour obtenir in vitro un effet antiprion (120 nM). Les concentrations totales de quinacrine dans le tissu nerveux (1040 nM) après une dose thérapeutique sont restées inférieures aux concentrations de quinacrine actives in vitro (6700 nM) et, seule une dose toxique de quinacrine a permis d’atteindre des concentrations intracellulaires actives (53800 nM). En définitive, quelle que soit la biophase intra- ou extracellulaire, les schémas posologiques non toxiques sont incapables de maintenir des concentrations antiprion efficaces de quinacrine. A l’avenir, pour éviter des études in vivo dont on peut prévoir d’emblée qu’elles sont vouées à l’échec, notamment chez l’homme, il est recommandé de mesurer les EC50 anti-prions dans les biophases in vitro, pour évaluer si les effets anti-prion observés in vitro sont extrapolables in vivo.","PeriodicalId":192589,"journal":{"name":"INRAE Productions Animales","volume":"69 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.5000,"publicationDate":"2020-06-08","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"INRAE Productions Animales","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.20870/productions-animales.2004.17.hs.3634","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract

En raison des incertitudes épidémiologiques relatives aux maladies à prions, il est urgent de découvrir et de développer des thérapeutiques anti-prions chez l’homme. L’efficacité des molécules candidates est essentiellement testée in vitro sur des cellules de neuroblastome. Pour plusieurs molécules, dont la quinacrine, il a été observé une discordance entre l’effet anti-prion in vitro et l’absence d’efficacité clinique dans le traitement de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Pour documenter l’hypothèse selon laquelle l’absence d’efficacité de la quinacrine était d’ordre pharmacocinétique (et donc prévisible), la disposition de la quinacrine (disparition de la quinacrine du compartiment sanguin, qui résulte par exemple de processus de distribution et d’élimination du principe actif) a été étudiée à la fois in vivo et in vitro afin de déterminer les doses qu’il conviendrait d’administrer in vivo pour obtenir des concentrations efficaces dans la biophase. Le modèle de brebis naturellement atteintes de tremblante a été utilisé. Dans un premier temps, un essai thérapeutique contrôlé sur des brebis en phase clinique de tremblante a permis de confirmer ce qui était connu chez l’homme, c’est-à-dire l’absence d’efficacité clinique de la quinacrine. Sur le modèle in vitro reproduisant les conditions princeps de culture pour lesquelles 50 % de l’effet anti-prion avait été observé, avec une concentration nominale de quinacrine de 300 nM (nanomoles par litre), nous avons redéterminé les EC50 (concentration qui permet d’inhiber à 50 % la formation de PrP pathogène) pour les biophases potentielles de l’action anti-prion en mesurant sélectivement, par HPLC (chromatographie liquide haute performance), les véritables concentrations extracellulaire (120 nM) et intracellulaire (6700 nM) de quinacrine dans les neuroblastomes en culture. Les concentrations de quinacrine dans le Liquide Cérébro-Spinal (LCS) et le tissu nerveux cérébral, représentatifs in vivo respectivement des biophases extracellulaire et intracellulaire, ont été mesurées chez la brebis après une administration de quinacrine. Les concentrations de quinacrine dans le liquide cérébro-spinal (< 2,1 nM et 55 nM, obtenues respectivement pour des doses thérapeutique et toxique) sont restées très inférieures aux concentrations nécessaires pour obtenir in vitro un effet antiprion (120 nM). Les concentrations totales de quinacrine dans le tissu nerveux (1040 nM) après une dose thérapeutique sont restées inférieures aux concentrations de quinacrine actives in vitro (6700 nM) et, seule une dose toxique de quinacrine a permis d’atteindre des concentrations intracellulaires actives (53800 nM). En définitive, quelle que soit la biophase intra- ou extracellulaire, les schémas posologiques non toxiques sont incapables de maintenir des concentrations antiprion efficaces de quinacrine. A l’avenir, pour éviter des études in vivo dont on peut prévoir d’emblée qu’elles sont vouées à l’échec, notamment chez l’homme, il est recommandé de mesurer les EC50 anti-prions dans les biophases in vitro, pour évaluer si les effets anti-prion observés in vitro sont extrapolables in vivo.
阿quinacrine治疗朊病毒疾病无效:可能的药理学解释
由于朊病毒疾病流行病学的不确定性,迫切需要发现和开发人类抗朊病毒疗法。候选分子的有效性主要是在体外神经母细胞瘤细胞上进行测试。对于包括阿quinacrine在内的几种分子,体外抗朊病毒作用与治疗克雅氏病缺乏临床疗效之间存在差异。来记录quinacrine假设缺乏效率的药代动力学性质的(因而也可想而知),交由quinacrine血液(quinacrine外壳的消失,例如产生的活性物质的分布和消除的过程既)研究了在体内和体外,以确定需要体内药剂量biophase中获取有效浓度。采用自然痒病母羊模型。首先,一项对处于痒病临床阶段的母羊进行的对照治疗试验证实了在人类身上已知的情况,即阿quinacrine缺乏临床疗效。体外模型上再现的发起者栽培条件出现了anti-prion效果的50%,与标称浓度为300nm quinacrine (nanomoles升),我们redéterminéEC50(从而抑制浓度为50%,培训行动的潜在病源PrP)对于biophases选择地anti-prion测算,用HPLC(高效液相色谱),培养的神经母细胞瘤细胞外(120 nM)和细胞内(6700 nM)阿醌的真实浓度。在给药后,测定了母羊脑脊髓液(LCS)和脑神经组织中阿奎那林的浓度,分别代表体内细胞外和细胞内的活组织。脑脊液中阿醌的浓度(治疗剂量和毒性剂量分别为< 2.1 nM和55 nM)远低于体外抗朊病毒作用所需的浓度(120 nM)。治疗剂量后,神经组织中阿quinacrine的总浓度(1040 nM)低于体外活性阿quinacrine浓度(6700 nM),只有有毒剂量的阿quinacrine才能达到细胞内活性浓度(53800 nM)。最终,无论细胞内或细胞外生物阶段如何,无毒的给药方案都无法维持有效的阿quinacrine抗朊病毒浓度。在未来,为了避免从一开始就可能失败的体内研究,特别是在人体中,建议在体外活检中测量抗朊病毒EC50,以评估在体外观察到的抗朊病毒作用是否可以在体内推断。
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