S. Ricordel, L. Dedieu, D. Astrie, R. Tramoy, B. Tassin, J. Gasperi
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Abstract
Les impacts négatifs des déchets dispersés dans l’environnement sont soulignés depuis des décennies, mais peu de données de terrain sont disponibles dans la littérature scientifique. Les eaux pluviales peuvent contribuer de façon importante à la propagation et à l’accumulation de débris plastiques dans l’environnement. Toutefois, peu de données existent sur les flux et la composition des macrodéchets dans les eaux pluviales, y compris les débris plastiques. Afin de combler ce manque de connaissances, cette étude a pour objectif d’étudier l’occurrence, l’abondance et la composition des macrodéchets issus du trafic routier. Pour y répondre, les macrodéchets, dont les débris plastiques, ont été collectés dans un bassin de rétention des eaux pluviales drainant une portion du périphérique nantais pendant une année. Cette portion correspond à la partie sud du pont de Cheviré qui présente un trafic important (~90 000 véhicules/jour en moyenne). Les macrodéchets sont triés et classés selon la classification Ospar/TG-ML. En un an, 88,5 kg de débris ont été collectés. Au total, les plastiques correspondent à 60 % de la masse de déchets récoltés. Ces déchets plastiques sont surtout des fragments, des mégots et filtres de cigarettes, ainsi que des morceaux de polystyrène. Une identification des sources de rejets a été réalisée en différenciant les déchets jetés volontairement (37,2 %), des déchets perdus accidentellement (62,8 %), parmi les 43 % de déchets pour lesquels cette différenciation était possible. La masse de déchets collectée est fortement corrélée au trafic. Ces résultats démontrent que les routes peuvent avoir une contribution importante dans les fuites de déchets, y compris les plastiques, vers les environnements récepteurs.