{"title":"Deuil et prosopopée en Nouvelle-Calédonie : prêter la parole aux morts en dispositif de soin psychique","authors":"G. Simon","doi":"10.3917/ESLM.148.0079","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"Cet article presente la situation clinique d’une caledonienne d’origine polynesienne souffrant d’un deuil dit « complique » l’ayant desequilibree dans sa totalite bio-psycho-sociale avec apparition de passages a l’acte auto- et hetero-agressifs. Les modeles cliniques du deuil actuels admettent que le maintien des liens avec l’etre aime puisse etre source de souffrance mais aussi de resilience pour l’endeuille et que le mode de resolution du deuil par rupture ou maintien des liens varie selon la culture et peut meme osciller pour un meme individu. La demarche clinique de cet article s’attache a penser le mort comme un etre concerne par des processus de transformation reciproques avec le vivant. A partir de la pragmatique du langage qui permet de poser que les manifestations semantiques des morts constituent l’un de leur mode d’existence, cet article propose de presenter comment l’instauration d’une prosopopee, soit le fait de s’interesser a une intentionnalite supposee du defunt, peut constituer un acte therapeutique. Au final, la resolution du deuil engageant un soin du mort « pour guerir le vif », necessite ici le deploiement d’actes necessaires a cet effet de la part de l’endeuille. Cette presentation pose la question de la categorisation du mode d’existence des morts apparaissant comme une forme de realite pour l’endeuille. D’autre part, cette situation clinique interroge la « capacite » des morts a pouvoir participer activement a un dispositif de soin dans le cadre d’une psychotherapie d’un deuil complique.","PeriodicalId":39457,"journal":{"name":"Etudes sur la Mort","volume":"148 1","pages":"79-99"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2015-01-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"2","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Etudes sur la Mort","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.3917/ESLM.148.0079","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"Q4","JCRName":"Psychology","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Cet article presente la situation clinique d’une caledonienne d’origine polynesienne souffrant d’un deuil dit « complique » l’ayant desequilibree dans sa totalite bio-psycho-sociale avec apparition de passages a l’acte auto- et hetero-agressifs. Les modeles cliniques du deuil actuels admettent que le maintien des liens avec l’etre aime puisse etre source de souffrance mais aussi de resilience pour l’endeuille et que le mode de resolution du deuil par rupture ou maintien des liens varie selon la culture et peut meme osciller pour un meme individu. La demarche clinique de cet article s’attache a penser le mort comme un etre concerne par des processus de transformation reciproques avec le vivant. A partir de la pragmatique du langage qui permet de poser que les manifestations semantiques des morts constituent l’un de leur mode d’existence, cet article propose de presenter comment l’instauration d’une prosopopee, soit le fait de s’interesser a une intentionnalite supposee du defunt, peut constituer un acte therapeutique. Au final, la resolution du deuil engageant un soin du mort « pour guerir le vif », necessite ici le deploiement d’actes necessaires a cet effet de la part de l’endeuille. Cette presentation pose la question de la categorisation du mode d’existence des morts apparaissant comme une forme de realite pour l’endeuille. D’autre part, cette situation clinique interroge la « capacite » des morts a pouvoir participer activement a un dispositif de soin dans le cadre d’une psychotherapie d’un deuil complique.