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Abstract
La sexualite, la classe sociale, l’ethnicite et l’espace sont rarement envisages sous l’angle de la politique identitaire. Cet article cherche a mettre en evidence et a analyser les tensions et ambivalences en interaction entre classe et ethnicite et les perceptions et peurs des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles et trans (LGBT) a l’egard la phobie dans six villes petites et moyennes a travers toute l’Europe. 155 rapports d’entretiens en profondeur ont ete analyses dans le cadre d’un projet de recherche de l’Union europeenne qui s’interesse aux experiences d’homophobie et de transphobie. L’analyse explore les perceptions d’hostilite qu’eprouvent les personnes LGBT et conclut que celles-ci apparaissent en relation avec les notions de classe sociale et d’ethnicite. Dans un premier temps, la crainte de la LGBTphobie est replacee dans le contexte des quartiers urbains et cette geographie est definie par la classe et/ou la race. Dans un deuxieme temps, le capital social et economique est envisage comme agissant a la maniere d’une « zone tampon » a l’interieur ou a l’egard de certains quartiers. En troisieme lieu, cet article etudie la tension et l’ambivalence entre les peurs psychogeographiques des participants envers l’hostilite et les crimes de haine a l’encontre des personnes LGBT. Il s’agit ici d’examiner comment ceci les place en position de « garde-frontieres » de la « nation moderne liberale » sans tenir compte des paradoxes qu’une telle posture engendre par rapport a leur propre reconnaissance par ailleurs. Les identites et marques de reconnaissance des personnes LGBT sont saluees comme des marqueurs de la realisation d’une inclusion occidentale democratique contrastant avec les libertes des etats religieux « pre-modernes », en particulier ceux qui sont islamiques. Les musulmans sont consideres comme homophobes et ceci est utilise comme une justification de leur incapacite a participer a « la modernite » meme dans le cadre de la migration. Cet article s’interesse aussi a ceux qui ont interet a tenir ce discours moderne/premoderne.