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Abstract
Le 2 juin 2014, les travailleurs de Hyderabad célébraient la création du 29e État indien. Scandant « Victoire pour le Télangana » à « HITEC City », un quartier bâti au travers des « zones économiques spéciales » (ZES) et des parcs des TIC (technologies de l’information et des communications), les ingénieurs en informatique de l’association Ingénieurs pour un Nouvel État (INE) brandissaient les couleurs du « Parti pour le Télangana ». Suivant grèves et manifestations agitées, les membres de INE savouraient la reconnaissance officielle du nouvel État. Natifs du Télangana, et anticipant les avantages économiques promis par une nouvelle entité politique, ces ingénieurs projetaient aussi de bénéficier d’une revitalisation culturelle télanganaise promise par les politiciens locaux. Échelonnée sur 19 mois de terrain de recherche entre 2012 et 2019, l’ethnographie se penche sur l’observation de rituels hindous nommés « festivals d’État » — le Bonalu et le Bathukamma — alors qu’ils se lient à d’autres activités médiatisées appuyant les technologies de pointe (conférences et « marathons de programmation ») à Hyderabad. Ces rituels proposent une cohésion culturelle mise en forme et légitimée par le nouvel État pour soutenir l’émergence d’une identité régionale télanganaise, un processus consolidant aussi la position privilégiée des TIC et des compétences techniques qu’elles favorisent. L’article suggère que la réactualisation de ces rituels d’État par ces ingénieurs s’intègre à un ensemble de stratégies sociotechniques d’engagement citoyen qui émergent de la construction des infrastructures des TIC du nouvel État du Télangana en même temps qu’elles la façonnent.