{"title":"La drépanocytose : de la connaissance des vulnérabilités à l’émergence des forces","authors":"Lisa Hermand (infirmière)","doi":"10.1016/j.sagf.2026.07.080","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La drépanocytose est une pathologie chronique dont l’impact altère significativement la qualité de vie.</div><div>Diagnostiquée dès la petite enfance, la maladie impose un défi d’acceptation majeur lors de la transition vers l’adolescence. Aux remaniements propres à cet âge s’ajoutent des vulnérabilités spécifiques : l’isolement social lié aux hospitalisations récurrentes, la lourdeur des protocoles médicamenteux, l’absentéisme scolaire, ainsi que des dynamiques familiales et transculturelles complexes. Le corps, source de douleur constante, devient alors un terrain de fragilité supplémentaire.</div><div>L’enjeu est de mobiliser la connaissance de ces vulnérabilités pour affiner notre accompagnement. En adoptant une approche centrée sur les forces, nous visons à transformer la perception que le jeune a de sa pathologie. L’objectif est de passer du « fardeau » à la reconnaissance de compétences singulières, souvent plus précoces que chez leurs pairs : résilience accrue, empathie développée et connaissance fine des signaux corporels.</div></div><div>La drépanocytose est une pathologie chronique dont l’impact altère significativement la qualité de vie.</div><div>Diagnostiquée dès la petite enfance, la maladie impose un défi d’acceptation majeur lors de la transition vers l’adolescence. Aux remaniements propres à cet âge s’ajoutent des vulnérabilités spécifiques : l’isolement social lié aux hospitalisations récurrentes, la lourdeur des protocoles médicamenteux, l’absentéisme scolaire, ainsi que des dynamiques familiales et transculturelles complexes. Le corps, source de douleur constante, devient alors un terrain de fragilité supplémentaire.</div><div>L’enjeu est de mobiliser la connaissance de ces vulnérabilités pour affiner notre accompagnement. En adoptant une approche centrée sur les forces, nous visons à transformer la perception que le jeune a de sa pathologie. L’objectif est de passer du « fardeau » à la reconnaissance de compétences singulières, souvent plus précoces que chez leurs pairs : résilience accrue, empathie développée et connaissance fine des signaux corporels.</div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>.</div><div>– Suivi infirmier rapproché tout au long du parcours de soins, dans les différentes unités d’hospitalisation et en collaboration avec les hématologues et les urgentistes, auprès du jeune et de sa famille. Ce suivi repose sur des entretiens infirmiers visant à valoriser les forces et les ressources du jeune et de son entourage.</div><div>– Travail en réseau autour de l’enfant : collaboration avec les équipes infirmières intervenant à domicile, échanges réguliers avec l’école, partenariat avec le milieu associatif soutenant les enfants, notamment sur le plan scolaire, et coordination avec les professionnels du secteur social.</div><div>– Groupe d’hypnose : mise en place d’ateliers collectifs destinés à l’apprentissage de l’autohypnose, comme outil complémentaire de gestion de la douleur. Chaque séance est associée à un temps d’échange convivial autour d’un goûter. Ces ateliers sont proposés à raison d’une séance par mois.</div></div><div>.</div><div>– Suivi infirmier rapproché tout au long du parcours de soins, dans les différentes unités d’hospitalisation et en collaboration avec les hématologues et les urgentistes, auprès du jeune et de sa famille. Ce suivi repose sur des entretiens infirmiers visant à valoriser les forces et les ressources du jeune et de son entourage.</div><div>– Travail en réseau autour de l’enfant : collaboration avec les équipes infirmières intervenant à domicile, échanges réguliers avec l’école, partenariat avec le milieu associatif soutenant les enfants, notamment sur le plan scolaire, et coordination avec les professionnels du secteur social.</div><div>– Groupe d’hypnose : mise en place d’ateliers collectifs destinés à l’apprentissage de l’autohypnose, comme outil complémentaire de gestion de la douleur. Chaque séance est associée à un temps d’échange convivial autour d’un goûter. Ces ateliers sont proposés à raison d’une séance par mois.</div><div><h3>Résultats</h3><div>Le suivi rapproché des patients et de leur famille a permis de tisser un lien de confiance sécurisant et d’assurer une continuité des soins, tant en intra- qu’en extrahospitalier. Il a également été objectivé que cette proximité, associée à la connaissance des forces et des vulnérabilités de ces enfants, constitue un réel soutien pour les équipes soignantes ainsi que pour les acteurs de leur réseau.</div><div>Concernant l’atelier d’hypnose, le groupe s’est renouvelé après une première phase de cinq séances. Actuellement, quatre enfants âgés de 8 à 11 ans y participent régulièrement. L’implication de l’infirmière s’est révélée déterminante : son rôle de facilitatrice a permis de valoriser le vécu des jeunes et d’améliorer la qualité des échanges.</div></div><div>Le suivi rapproché des patients et de leur famille a permis de tisser un lien de confiance sécurisant et d’assurer une continuité des soins, tant en intra- qu’en extrahospitalier. Il a également été objectivé que cette proximité, associée à la connaissance des forces et des vulnérabilités de ces enfants, constitue un réel soutien pour les équipes soignantes ainsi que pour les acteurs de leur réseau.</div><div>Concernant l’atelier d’hypnose, le groupe s’est renouvelé après une première phase de cinq séances. Actuellement, quatre enfants âgés de 8 à 11 ans y participent régulièrement. L’implication de l’infirmière s’est révélée déterminante : son rôle de facilitatrice a permis de valoriser le vécu des jeunes et d’améliorer la qualité des échanges.</div><div><h3>Impacts et conclusion</h3><div>La drépanocytose demeure un handicap invisible, marqué par une douleur subjective difficile à objectiver et parfois entourée de tabous culturels. Accompagner ces jeunes constitue un défi pluridisciplinaire permanent. En intégrant les vulnérabilités liées à l’âge et au parcours de soins, il est possible de proposer un soutien ajusté, respectueux du rythme de chacun et orienté vers la valorisation de leurs propres ressources.</div></div><div>La drépanocytose demeure un handicap invisible, marqué par une douleur subjective difficile à objectiver et parfois entourée de tabous culturels. Accompagner ces jeunes constitue un défi pluridisciplinaire permanent. 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Abstract
Introduction
La drépanocytose est une pathologie chronique dont l’impact altère significativement la qualité de vie.
Diagnostiquée dès la petite enfance, la maladie impose un défi d’acceptation majeur lors de la transition vers l’adolescence. Aux remaniements propres à cet âge s’ajoutent des vulnérabilités spécifiques : l’isolement social lié aux hospitalisations récurrentes, la lourdeur des protocoles médicamenteux, l’absentéisme scolaire, ainsi que des dynamiques familiales et transculturelles complexes. Le corps, source de douleur constante, devient alors un terrain de fragilité supplémentaire.
L’enjeu est de mobiliser la connaissance de ces vulnérabilités pour affiner notre accompagnement. En adoptant une approche centrée sur les forces, nous visons à transformer la perception que le jeune a de sa pathologie. L’objectif est de passer du « fardeau » à la reconnaissance de compétences singulières, souvent plus précoces que chez leurs pairs : résilience accrue, empathie développée et connaissance fine des signaux corporels.
La drépanocytose est une pathologie chronique dont l’impact altère significativement la qualité de vie.
Diagnostiquée dès la petite enfance, la maladie impose un défi d’acceptation majeur lors de la transition vers l’adolescence. Aux remaniements propres à cet âge s’ajoutent des vulnérabilités spécifiques : l’isolement social lié aux hospitalisations récurrentes, la lourdeur des protocoles médicamenteux, l’absentéisme scolaire, ainsi que des dynamiques familiales et transculturelles complexes. Le corps, source de douleur constante, devient alors un terrain de fragilité supplémentaire.
L’enjeu est de mobiliser la connaissance de ces vulnérabilités pour affiner notre accompagnement. En adoptant une approche centrée sur les forces, nous visons à transformer la perception que le jeune a de sa pathologie. L’objectif est de passer du « fardeau » à la reconnaissance de compétences singulières, souvent plus précoces que chez leurs pairs : résilience accrue, empathie développée et connaissance fine des signaux corporels.
Matériels et méthodes
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– Suivi infirmier rapproché tout au long du parcours de soins, dans les différentes unités d’hospitalisation et en collaboration avec les hématologues et les urgentistes, auprès du jeune et de sa famille. Ce suivi repose sur des entretiens infirmiers visant à valoriser les forces et les ressources du jeune et de son entourage.
– Travail en réseau autour de l’enfant : collaboration avec les équipes infirmières intervenant à domicile, échanges réguliers avec l’école, partenariat avec le milieu associatif soutenant les enfants, notamment sur le plan scolaire, et coordination avec les professionnels du secteur social.
– Groupe d’hypnose : mise en place d’ateliers collectifs destinés à l’apprentissage de l’autohypnose, comme outil complémentaire de gestion de la douleur. Chaque séance est associée à un temps d’échange convivial autour d’un goûter. Ces ateliers sont proposés à raison d’une séance par mois.
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– Suivi infirmier rapproché tout au long du parcours de soins, dans les différentes unités d’hospitalisation et en collaboration avec les hématologues et les urgentistes, auprès du jeune et de sa famille. Ce suivi repose sur des entretiens infirmiers visant à valoriser les forces et les ressources du jeune et de son entourage.
– Travail en réseau autour de l’enfant : collaboration avec les équipes infirmières intervenant à domicile, échanges réguliers avec l’école, partenariat avec le milieu associatif soutenant les enfants, notamment sur le plan scolaire, et coordination avec les professionnels du secteur social.
– Groupe d’hypnose : mise en place d’ateliers collectifs destinés à l’apprentissage de l’autohypnose, comme outil complémentaire de gestion de la douleur. Chaque séance est associée à un temps d’échange convivial autour d’un goûter. Ces ateliers sont proposés à raison d’une séance par mois.
Résultats
Le suivi rapproché des patients et de leur famille a permis de tisser un lien de confiance sécurisant et d’assurer une continuité des soins, tant en intra- qu’en extrahospitalier. Il a également été objectivé que cette proximité, associée à la connaissance des forces et des vulnérabilités de ces enfants, constitue un réel soutien pour les équipes soignantes ainsi que pour les acteurs de leur réseau.
Concernant l’atelier d’hypnose, le groupe s’est renouvelé après une première phase de cinq séances. Actuellement, quatre enfants âgés de 8 à 11 ans y participent régulièrement. L’implication de l’infirmière s’est révélée déterminante : son rôle de facilitatrice a permis de valoriser le vécu des jeunes et d’améliorer la qualité des échanges.
Le suivi rapproché des patients et de leur famille a permis de tisser un lien de confiance sécurisant et d’assurer une continuité des soins, tant en intra- qu’en extrahospitalier. Il a également été objectivé que cette proximité, associée à la connaissance des forces et des vulnérabilités de ces enfants, constitue un réel soutien pour les équipes soignantes ainsi que pour les acteurs de leur réseau.
Concernant l’atelier d’hypnose, le groupe s’est renouvelé après une première phase de cinq séances. Actuellement, quatre enfants âgés de 8 à 11 ans y participent régulièrement. L’implication de l’infirmière s’est révélée déterminante : son rôle de facilitatrice a permis de valoriser le vécu des jeunes et d’améliorer la qualité des échanges.
Impacts et conclusion
La drépanocytose demeure un handicap invisible, marqué par une douleur subjective difficile à objectiver et parfois entourée de tabous culturels. Accompagner ces jeunes constitue un défi pluridisciplinaire permanent. En intégrant les vulnérabilités liées à l’âge et au parcours de soins, il est possible de proposer un soutien ajusté, respectueux du rythme de chacun et orienté vers la valorisation de leurs propres ressources.
La drépanocytose demeure un handicap invisible, marqué par une douleur subjective difficile à objectiver et parfois entourée de tabous culturels. Accompagner ces jeunes constitue un défi pluridisciplinaire permanent. En intégrant les vulnérabilités liées à l’âge et au parcours de soins, il est possible de proposer un soutien ajusté, respectueux du rythme de chacun et orienté vers la valorisation de leurs propres ressources.
期刊介绍:
La revue Sage-femme est la revue scientifique de information et de formation continue de référence des sages-femmes, dont elle affirme la spécificité de exercice.