Coralie Bordas, Lionel Athlani, Colin Piessat, Francois Dap
{"title":"Reconstruction de l’artère ulnaire au canal de Guyon par un greffon artériel : étude anatomique","authors":"Coralie Bordas, Lionel Athlani, Colin Piessat, Francois Dap","doi":"10.1016/j.hansur.2024.101867","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><div>Le syndrome du marteau hypothénarien correspond à une sténose, une thrombose ou un anévrisme de l’artère ulnaire dans le canal de Guyon. En cas de symptômes invalidants le traitement chirurgical s’impose.</div><div>Les pontages veineux, par leur grande disponibilité et leur facilité de prélèvement sont les plus utilisés mais ils sont sujets aux thromboses.</div><div>Afin de limiter ces reprises, certains auteurs ont proposé l’utilisation de pontages artériels. Leur taux de thrombose est en effet très faible. Pour ces greffons, le prélèvement est source de plus de morbidité que pour un greffon veineux. Compte tenu de la diversité du réseau artériel, nous émettons l’hypothèse d’un greffon artériel de calibre et de longueur concordant avec la reconstruction artérielle souhaitée, et dont le prélèvement serait peu invasif avec une rançon cicatricielle acceptable.</div><div>Nous avons réalisé une étude anatomique cadavérique pour étudier la faisabilité technique et les avantages de trois greffons artériels potentiels aux dépens des artères interosseuse antérieure, récurrente radiale et géniculée descendante. Après avoir crée une perte de substance de l’artère ulnaire afin de simuler la pathologie thrombotique, nous avons réalisé la reconstruction avec les différents greffons. Pour chaque candidat, nous avons mesuré la longueur, le calibre et la congruence avec le calibre de l’artère ulnaire.</div><div>Le calibre de l’ARR était nettement inférieur à celui de l’AU.</div><div>L’AIOA, n’a pas été retenue dans cette étude comme greffon en raison de son calibre moyen qui aurait nécessité la réalisation d’un artifice plastique.</div><div>L’ADG représentait la seule artère avec une congruence jugée acceptable. Ainsi, des anastomoses termino-terminales complètes et sans artifice plastique ont pu être réalisées uniquement avec ce greffon.</div><div>Notre étude anatomique confirme la faisabilité technique de prélèvement des AIOA, ARR et ADG avec une rançon cicatricielle acceptable. Nos résultats suggèrent que seules l’AIOA et l’ADG offriraient une longueur utile compatible. Néanmoins, la combinaison de la longueur artérielle disponible et de la congruence de diamètre font de l’ADG la solution la plus cohérente.</div><div>Le calibre et la morphologie de l’artère géniculée descendante en font un sérieux candidat pour les reconstructions de l’artère ulnaire au niveau du Guyon. La principale limite de ce greffon est sa longueur qui n’excède pas 6<!--> <!-->cm. Le prélèvement de l’artère interosseuse antérieure pourrait palier au problème de longueur posé par l’artère géniculée descendante mais sa congruence de calibre avec l’artère ulnaire est moins bonne nécessitant le recours à des plasties vasculaires lors de la réalisation des anastomoses.</div></div>","PeriodicalId":54301,"journal":{"name":"Hand Surgery & Rehabilitation","volume":"43 6","pages":"Article 101867"},"PeriodicalIF":0.9000,"publicationDate":"2024-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Hand Surgery & Rehabilitation","FirstCategoryId":"3","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2468122924002986","RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"Q4","JCRName":"ORTHOPEDICS","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Le syndrome du marteau hypothénarien correspond à une sténose, une thrombose ou un anévrisme de l’artère ulnaire dans le canal de Guyon. En cas de symptômes invalidants le traitement chirurgical s’impose.
Les pontages veineux, par leur grande disponibilité et leur facilité de prélèvement sont les plus utilisés mais ils sont sujets aux thromboses.
Afin de limiter ces reprises, certains auteurs ont proposé l’utilisation de pontages artériels. Leur taux de thrombose est en effet très faible. Pour ces greffons, le prélèvement est source de plus de morbidité que pour un greffon veineux. Compte tenu de la diversité du réseau artériel, nous émettons l’hypothèse d’un greffon artériel de calibre et de longueur concordant avec la reconstruction artérielle souhaitée, et dont le prélèvement serait peu invasif avec une rançon cicatricielle acceptable.
Nous avons réalisé une étude anatomique cadavérique pour étudier la faisabilité technique et les avantages de trois greffons artériels potentiels aux dépens des artères interosseuse antérieure, récurrente radiale et géniculée descendante. Après avoir crée une perte de substance de l’artère ulnaire afin de simuler la pathologie thrombotique, nous avons réalisé la reconstruction avec les différents greffons. Pour chaque candidat, nous avons mesuré la longueur, le calibre et la congruence avec le calibre de l’artère ulnaire.
Le calibre de l’ARR était nettement inférieur à celui de l’AU.
L’AIOA, n’a pas été retenue dans cette étude comme greffon en raison de son calibre moyen qui aurait nécessité la réalisation d’un artifice plastique.
L’ADG représentait la seule artère avec une congruence jugée acceptable. Ainsi, des anastomoses termino-terminales complètes et sans artifice plastique ont pu être réalisées uniquement avec ce greffon.
Notre étude anatomique confirme la faisabilité technique de prélèvement des AIOA, ARR et ADG avec une rançon cicatricielle acceptable. Nos résultats suggèrent que seules l’AIOA et l’ADG offriraient une longueur utile compatible. Néanmoins, la combinaison de la longueur artérielle disponible et de la congruence de diamètre font de l’ADG la solution la plus cohérente.
Le calibre et la morphologie de l’artère géniculée descendante en font un sérieux candidat pour les reconstructions de l’artère ulnaire au niveau du Guyon. La principale limite de ce greffon est sa longueur qui n’excède pas 6 cm. Le prélèvement de l’artère interosseuse antérieure pourrait palier au problème de longueur posé par l’artère géniculée descendante mais sa congruence de calibre avec l’artère ulnaire est moins bonne nécessitant le recours à des plasties vasculaires lors de la réalisation des anastomoses.
期刊介绍:
As the official publication of the French, Belgian and Swiss Societies for Surgery of the Hand, as well as of the French Society of Rehabilitation of the Hand & Upper Limb, ''Hand Surgery and Rehabilitation'' - formerly named "Chirurgie de la Main" - publishes original articles, literature reviews, technical notes, and clinical cases. It is indexed in the main international databases (including Medline). Initially a platform for French-speaking hand surgeons, the journal will now publish its articles in English to disseminate its author''s scientific findings more widely. The journal also includes a biannual supplement in French, the monograph of the French Society for Surgery of the Hand, where comprehensive reviews in the fields of hand, peripheral nerve and upper limb surgery are presented.
Organe officiel de la Société française de chirurgie de la main, de la Société française de Rééducation de la main (SFRM-GEMMSOR), de la Société suisse de chirurgie de la main et du Belgian Hand Group, indexée dans les grandes bases de données internationales (Medline, Embase, Pascal, Scopus), Hand Surgery and Rehabilitation - anciennement titrée Chirurgie de la main - publie des articles originaux, des revues de la littérature, des notes techniques, des cas clinique. Initialement plateforme d''expression francophone de la spécialité, la revue s''oriente désormais vers l''anglais pour devenir une référence scientifique et de formation de la spécialité en France et en Europe. Avec 6 publications en anglais par an, la revue comprend également un supplément biannuel, la monographie du GEM, où sont présentées en français, des mises au point complètes dans les domaines de la chirurgie de la main, des nerfs périphériques et du membre supérieur.