{"title":"Entre polémique et affaire pastorale : la prédication des indulgences en France de 1550 à 1650","authors":"Elizabeth Tingle","doi":"10.4000/EPISTEME.8486","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"La Reforme en Allemagne fut declenchee – involontairement – par la predication de Johan Teztel sur les indulgences. Les 95 theses de Martin Luther ouvrirent une nouvelle polemique sur la nature et l’importance des pardons, a laquelle repondit l’ensemble de l’Eglise occidentale. Au siecle suivant, la predication des indulgences reflete les debats contemporains sur l’autorite religieuse, les bonnes œuvres et le salut. En France, alors que la polemique protestante condamne les indulgences tout au long de la periode, a partir du milieu du XVIe siecle les predicateurs catholiques adoptent le pardon comme un signe d’orthodoxie et comme une pratique utile pour les fideles. A la suite de la confirmation de la pratique des indulgences par le concile de Trente en 1563, les jubiles romains de 1575 et 1600 popularisent les grâces plenieres a travers l’Europe, y compris en France. Cette renaissance est facilitee par le retour aux devotions traditionnelles dans le cadre militant du catholicisme ligueur. Les usages polemiques des indulgences se poursuivent dans le premier quart du XVIIe siecle, mais avec l’apaisement des conflits religieux apres 1630, les sermons adoptent un ton plus pastoral. Les predicateurs se tournent vers la recommandation des indulgences comme travail spirituel, moyen de reforme interieure autant qu’exterieure. Cet article examine la predication des indulgences en France de 1550 a 1650 et les replace dans l’evolution des pratiques de devotion, de la polemique antiprotestante a la pastorale catholique.","PeriodicalId":231928,"journal":{"name":"Études Épistémè","volume":"30 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2020-12-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Études Épistémè","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.4000/EPISTEME.8486","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract
La Reforme en Allemagne fut declenchee – involontairement – par la predication de Johan Teztel sur les indulgences. Les 95 theses de Martin Luther ouvrirent une nouvelle polemique sur la nature et l’importance des pardons, a laquelle repondit l’ensemble de l’Eglise occidentale. Au siecle suivant, la predication des indulgences reflete les debats contemporains sur l’autorite religieuse, les bonnes œuvres et le salut. En France, alors que la polemique protestante condamne les indulgences tout au long de la periode, a partir du milieu du XVIe siecle les predicateurs catholiques adoptent le pardon comme un signe d’orthodoxie et comme une pratique utile pour les fideles. A la suite de la confirmation de la pratique des indulgences par le concile de Trente en 1563, les jubiles romains de 1575 et 1600 popularisent les grâces plenieres a travers l’Europe, y compris en France. Cette renaissance est facilitee par le retour aux devotions traditionnelles dans le cadre militant du catholicisme ligueur. Les usages polemiques des indulgences se poursuivent dans le premier quart du XVIIe siecle, mais avec l’apaisement des conflits religieux apres 1630, les sermons adoptent un ton plus pastoral. Les predicateurs se tournent vers la recommandation des indulgences comme travail spirituel, moyen de reforme interieure autant qu’exterieure. Cet article examine la predication des indulgences en France de 1550 a 1650 et les replace dans l’evolution des pratiques de devotion, de la polemique antiprotestante a la pastorale catholique.