{"title":"L’expérience mystique du rire","authors":"Sylvie Paillat","doi":"10.4000/leportique.3627","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"Les theologiens et mystiques chretiens, notamment au Moyen Âge, ne sont guere enclins a approuver le rire. Dans ses manifestations corporelles hybristiques, ils voient le diable incarne. Des lors, est-il le rire anti-mystique, le rire de mauvaise foi ? Pourtant, si l’on s’en tient a la figure biblique d’Isaac ou a saint Francois d’Assise, le rire est un don de Dieu. Il est joie et foi. Disposition singuliere du corps que le mystique eprouve, il conduit a l’extase et a l’abandon de soi. C’est paradoxalement a travers « l’atheologie rieuse » de Georges Bataille que le rire est le mieux analyse dans sa dimension mystique. Finalement, comprendre le rire et la mystique, ne suppose-t-il pas de se detacher d’une representation ascetique desincarnee qui conditionne pour partie la theologie chretienne ?","PeriodicalId":345578,"journal":{"name":"Le Portique","volume":"120 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2019-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Le Portique","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.4000/leportique.3627","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
引用次数: 0
Abstract
Les theologiens et mystiques chretiens, notamment au Moyen Âge, ne sont guere enclins a approuver le rire. Dans ses manifestations corporelles hybristiques, ils voient le diable incarne. Des lors, est-il le rire anti-mystique, le rire de mauvaise foi ? Pourtant, si l’on s’en tient a la figure biblique d’Isaac ou a saint Francois d’Assise, le rire est un don de Dieu. Il est joie et foi. Disposition singuliere du corps que le mystique eprouve, il conduit a l’extase et a l’abandon de soi. C’est paradoxalement a travers « l’atheologie rieuse » de Georges Bataille que le rire est le mieux analyse dans sa dimension mystique. Finalement, comprendre le rire et la mystique, ne suppose-t-il pas de se detacher d’une representation ascetique desincarnee qui conditionne pour partie la theologie chretienne ?