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Abstract
Dans la France de la Renaissance, les tournois font encore partie des spectacles incontournables des fetes de cour. Rares etaient les mariages, baptemes, entrees royales, couronnements, et autres grandes celebrations a la cour qui n’etaient pas suivis de ces jeux militaires herites de la tradition chevaleresque. En plus d’etre tres apprecies des participants et des spectateurs, ces spectacles rassemblaient la noblesse autour de la celebration d’une culture et de valeurs communes, et donnaient ainsi au tournoi un role social tres important. A la cour, le roi de France, considere comme « le premier des chevaliers », se mettait regulierement en scene lors de ces evenements, en tant que participant ou juge supreme. Montre en souverain combattant, il incarnait de ce fait la puissance militaire de son royaume. Tout au long du XVIe siecle, les tournois furent ainsi utilises pour servir les interets politiques des souverains, que ce soit aupres de leurs compatriotes ou dans les relations internationales. Les messages politiques passaient egalement par l’environnement artistique de ces evenements. Comment donc, a la Renaissance, les grands decors ephemeres et textes de circonstance de ces tournois, concus par des poetes et des artistes, etaient-ils utilises pour afficher et mettre en scene le message royal ? Et de quelle facon ces derniers ont-ils evolue progressivement dans la seconde moitie du XVIe siecle jusqu’a prendre le pas sur les combats eux-memes, transformant les derniers tournois en spectacles guerriers a l’issue determinee ?