{"title":"Les foyers d’en-haut.La montagne, emblème du paradoxe de l’intégration des requérant·es d’asile en Suisse","authors":"Viviane Cretton","doi":"10.4000/rga.6897","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"Cet article analyse « ce que la montagne fait » aux personnes qui demandent l’asile en Suisse. Il s’interesse a leur vecu lorsqu’elles sont hebergees dans des foyers d’accueil collectifs, en altitude. A l’echelle de la societe suisse, les demandeur·es d’asile sont soumis·es a une injonction d’« integration », malgre l'issue incertaine de leur requete. Lorsque l’attente et l’incertitude imposees par la procedure d’asile se vivent a plus de 1 300 metres d’altitude, le sentiment d’etre tenu a l’ecart de la vie des centres urbains est renforce et la charge emotionnelle exacerbee.Les experiences specifiques de l’hebergement collectif en montagne, eprouvees par les requerant·es d’asile – et par les professionnel·les ou benevoles qui les accompagnent – s’expriment dans leurs facons de dire le lieu. Loin des representations touristiques et romantiques de la montagne, les oppositions entre le haut et le bas (la vallee et la plaine), entre la peripherie et le centre (la montagne et la ville) traversent avec recurrence les recits recueillis. Elles entretiennent une representation de la montagne comme un non-lieu de vie sociale, un endroit isole, par opposition aux villes en plaine. Lorsque l’accueil « en haut » se prolonge, il nourrit un processus d’effacement social « en bas » qui rend l’injonction a l’integration dans la societe suisse eminemment paradoxale.","PeriodicalId":410505,"journal":{"name":"Revue de géographie alpine","volume":"15 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2020-08-16","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"1","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Revue de géographie alpine","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.4000/rga.6897","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Cet article analyse « ce que la montagne fait » aux personnes qui demandent l’asile en Suisse. Il s’interesse a leur vecu lorsqu’elles sont hebergees dans des foyers d’accueil collectifs, en altitude. A l’echelle de la societe suisse, les demandeur·es d’asile sont soumis·es a une injonction d’« integration », malgre l'issue incertaine de leur requete. Lorsque l’attente et l’incertitude imposees par la procedure d’asile se vivent a plus de 1 300 metres d’altitude, le sentiment d’etre tenu a l’ecart de la vie des centres urbains est renforce et la charge emotionnelle exacerbee.Les experiences specifiques de l’hebergement collectif en montagne, eprouvees par les requerant·es d’asile – et par les professionnel·les ou benevoles qui les accompagnent – s’expriment dans leurs facons de dire le lieu. Loin des representations touristiques et romantiques de la montagne, les oppositions entre le haut et le bas (la vallee et la plaine), entre la peripherie et le centre (la montagne et la ville) traversent avec recurrence les recits recueillis. Elles entretiennent une representation de la montagne comme un non-lieu de vie sociale, un endroit isole, par opposition aux villes en plaine. Lorsque l’accueil « en haut » se prolonge, il nourrit un processus d’effacement social « en bas » qui rend l’injonction a l’integration dans la societe suisse eminemment paradoxale.